TITRE NI
Mammifères
Dans quelles conditions peut-on étendre au cœur du mamnifère les données précédentes ?
On a appliqué au cœur du mammifère la méthode des séparations fonctionnelles inaugurée par STANNIUS pour le cœur de la grenouille.
HERING et LANGENDORFF (1), en la personne de ses élèves, se sont disputé la priorité sur ce point. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on applique, comme nous l’avons fait, une pince à gastrostomie, ou mieux deux pinces en T formant entre elles un angle obtus, dans la région du sulcus terminalis, on réalise des conditions qui sont comparables à celles créées par la première ligature chez les animaux à sang froid.
Dans ces conditions, à est possible d’obtenir l'arrêt du segment auriculo-ventriculaire, mais deux faits importants doivent être notés.
(1) P. LANGENDORFF et C. LEHMANN. — Der Versuch von STAN- NIUS am Warmblüterherzen. Arch, f. d. g. Physiol., 1906, CXII, 352-360,
La précocité constante du développement dans le segment auriculo-ventriculaire de contractions indépendantes.
La fréquence, lors de ces interventions, d’un phénomène particulier, la trémulation, € ’est-à- -dire le développement de contractions fibrillaires asynergiques.
Ce phénomène n’est pas spécial au cœur du mammifère et si nous n’en avons pas encore parlé, € est qu'il a sa place ailleurs. Mais il y est beaucoup plus fréquent que chez les animaux à sang froid; et il possède chez les vertébrés supérieurs un caractère de permanence particulier. C’est dans l’étude du mécanisme intime de la contraction cardiaque, des éléments morphologiques qui en sont le support, et des.conditions physico-chimiques, qu'il y a lieu de chercher des éclaircissements. Ici nous nous contenterons de retenir la précocité de ce phénomène et son caractère de permanence. |
Ces deux caractères sont essentiellement liés à la plus haute différenciation et à la fixité habituelle des conditions de milieu d’où découle la fragilité même de l’équilibre fonctionnel. Nous allons en donner la preuve : |
Lorsqu'on opère, non plus sur un animal normal, mais sur un animal refroidi expérimentalement, que l’on a ramené à des conditions de métabolisme voisines de celles d’un animal à température variable, conime nous l’avons fait fréquemment sur le conseil de M. le professeur MEYER, il devient beaucoup plus aisé d’obtenir un arrêt prolongé, par la compression du suleus, et nôn seulement l’entrée en jeu des centres secondaires néo-automatiques est moins précoce, mais la fibrillation devient également, et rare et tardive.
Si on opère sur un animal au moment où il est en train de se refroidir, avant que sa transformation en animal à sang froid soit réalisée, on constate au contraire une extrême fragilité de l'équilibre fonctionnel du cœur, et chez un chien refroidi rapidement, en opérant aux environs de 25-23°, on obtient presque à coup sûr des phénomènes de fibrillation; cette constatation a la valeur d’une véritable contre-épreuve.
Ce qui est vrai de la première ligature l’est également de la seconde.
Enfin, quand au lieu de ramener expérimentalement le mammifère au stade d’animal à sang froid, on s'adresse à un stade intermédiaire naturel : l’animal encore dans l’utérus, ou plus simplement le nouveau-né inachevé, celui, qui comme le chien, naît les yeux fermés, on observe une superposition complète des phénomènes observés avec ce qui se passe chez la grenouille.
Tout ce que nous avons dit relativement à la manière de se comporter du cœur vis-à-vis de la séparation fonctionnelle, vis-à-vis de l’excitation artificielle, suivant la région où elle se porte, en ce qui concerne aussi le point de départ des reprises provoquées comme des reprises spontanées, se vérifie chez le chien nouveau-né.
Nous donnons ci-après quelques expériences graphiques à l’appui de ces assertions, réservant pour une autre étude leur discussion et l’examen critique des faits publiés sur la question.