‹ Étude expérimentale sur l'absorption de la lumière par les cristauxChapitre 31 sur 32 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous avons indiqué au début de ce travail une nouvelle méthode spectrophotométrique et les avantages qu'elle présente sur les méthodes précédemment employées. Nous avons vérifié avec soin que cette méthode ne comporte pas d’erreurs systématiques; sa sensibilité est limitée

60 GC. CAMICHEL,

seulement par la sensibilité de l'œil. Nous avons déterminé la sensibilité de l’œil dans les différentes régions du spectre et nous sommes arrivé à quelques résultats pratiques relatifs à la fatigue de cet organe, et aux précautions à prendre dans les mesures photométriques.

Nous avons appliqué cette méthode à l'étude des cristaux pléochroïques. L'homogénéité des cristaux soumis à l'expérience a été vérifiée par deux méthodes :

1° Par la méthode de la loi exponentielle ;

2° Par l’étude d’une plaque normale aux grandes faces du cristal.

Nous sommes arrivé aux résultats suivants :

1° Les équations de vibration de l’éther dans les milieux étudiés :

tourmaline ;

épidote ;

ferricyanure de potassium ; andalousite

sont linéaires.

2° Une seule exponentielle suffit pour représenter l’absorption d’une vibration oblique par rapport aux axes d’élasticité optique et la théorie de l’ellipsoïde d’absorption représente bien les phénomènes dans les cristaux symétriques.

3° Pour les cristaux dissymétriques (clinorhombiques et tricliniques) la théorie de l’ellipsoïde d'absorption telle qu'on la fait d'ordinaire ne convient pas, il faut du moins admettre que les axes de l’ellipsoïde d'absorption ne coïncident pas avec ceux d’élasticité optique. Avec cette restriction, la théorie de l’ellipsoïde d'absorption représente bien les phénomènes.

4° L’obliquité des axes d'absorption maxima et minima avec les directions principales d’élasticité optique (pour les vibrations situées dans le plan de symétrie, dans le cas des cristaux clinorhombiques et pour les vibrations

ABSORPTION DE LA LUMIÈRE PAR LES CRISTAUX. 61 situées dans n'importe quel plan principal pour les cristaux tricliniques) est un fait général dans les cristaux

naturels et dans les cristaux colorés chimiquement. Nous avons vérifié cette obliquité pour :

l’épidote ;

le sulfate double de cuivre et de cobalt :

le sulfate double de potassium et de cobalt et pour l’axinite.

5° Dans les cristaux dissymétriques colorés artificiellement (sel de de Senarmont) les maxima et minima d'absorption coïncident au contraire avec les axes d’élasticité optique.

Tous les résultats obtenus indirectement ont été, en même temps, vérifiés par des méthodes directes.

Qu'il me soit permis, en terminant, de remercier tous ceux qui se sont intéressés à mon travail, en particulier MM. Violle et Brillouin, maîtres de conférences de Physique à l’École Normale, qui m'ont admis dans leurs laboratoires et n’ont cessé de me prodiguer leurs précieux conseils, M. Dufet, maître de conférences de Minéralogie à l'École Normale, et M. J. Werlein qui m’a rendu un très grand service en m’initiant à la taille des cristaux.

Vu et approuvé:

Paris, le 15 novembre 1894.

Le DoyEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, G. DARBOUX.

Vu et permis d'imprimer : Paris, le 16 novembre 1894.

Le Vice-RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS, GRÉARD.

Page 1