‹ Étude Expérimentale sur l'hyperthermieChapitre 19 sur 22 · ran 60 0 |38o5 | Pas p · texte numérisé non relu

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Le fait est donc des plus intéressants, nous l'avons enregistré maintes fois dans nos expériences.

Pour ce qui est des lapins I et IT, nous constatons que le premier ne fait pas de polypnée le 15 décembre, malgré la température de 45, constant dans la cloche. Il à perdu à cette date 28 o/o de son poids initial.

Le second ne fait pas davantage de polypnée dans les mêmes conditions. Il n'a perdu cependant que 13 0/0 de son poids.

Les deux animaux étaient à jeun depuis cinq jours et avaient été chauffés une fois.

Quant aux lapins XIIT et XIV, leur polypnée est absolument supprimée pendant les expériences qui concordent avec leur état d'inanition. Remarquons cependant que le n° XIII fait de la polypnée légère

il est vrai, le 4 février, mais les conditions de l’expérience étaient changées ce jour-là, l'animal étant chauffé non dans la cloche, mais dans la baignoire.

Donc la polypnée est absolument supprimée ; les animaux ont perdu de 16 à 33 0/0 de leur poids.

Chez les lapins XV et XVI, la remarque s’applique également. Pour ce qui est du n° XV, nous voyons cependant un rythme polypnéique le 13 février, alors qu'il est à jeun depuis deux jours ; ila perdu 15 0/0 de son poids avant la mise dans la cloche.

Les jours suivants, la perte de poids s'étant accentuée (23 0/0 le lendemain) aucune polypnée.

Le n° XVT enfin, étant à jeun depuis trois et quatre jours, mais n'ayant perdu que 11 et 15 0/0 de son poids, fait une légère polypnée les 13 et 14 février.

La perte s'étant également accentuéle 19 et le 16 février, pas de polypnée.

Nous remarquerons cependant que le lapin XV présente une perte de poids nulle à Ia date du 8 février ;ilfit ce jour cependant une légère polypnée ; ily eut donc certainement une cause d'erreur quelconque.

Quoiqu'il en soit, nous voyons (fait déjà signalé dans le protocole de l'expérience) que Panimal avait subi un choc le premier jour de chauffe, lequel a modifié d'ailleurs la courbe des pertes de poids, lanimal ayant maigri jusqu'à cette date.

Il semble donc résulter de ces expériences que

l'animal s’étant déshydraté, ayant perdu un certain

chiffre de son poids initial, chiffre qui (à une exceplion près) nous semble être 15 o/o environ, ne fasse plus de polypnée, polypnée réflexe naturellement.

Le chiffre de 15 o/o est un chiffre minimum, la polypnée pouvant persister alors que la perte de poids est de beaucoup supérieure ; mais l'animal ayant perdu 30 à 31 0/0, nous ne la voyons plus apparaître.

Un fait est intéressant à signaler ; il nous a été

fourni, à J. P. LanGroiset moi, par le lapin XI.

À la date du 19 février, ce lapin étant à jeun depuis sept jours, fut chaufté,

Au lieu de le faire dans la cloche, sur le conseil de M. Ricner, nous avons entouré le lapin d’un serpentin dans lequel passait un courant d'eau chaude, L'animal n'était pas en contact direct avec l'appareil qui le chauffait par rayonnement, le tout étant entouré d'ouale. Le dispositif permettait de lire constamment les variations de la température rectale, et surtout d'inscrire le tracé respiratoire du lapin.

IL fut mis dans l'appareil à 3 h. 15. Son poids était alors de 1 k. {4o et la température de 37°7.

Malgré le chauffage, nous voyons :

AS h. 20 35 respirations à la minute. T. rectale, 3707

ASS EN OS 0 =— — ee 3706 ANT 30 = is 37°8

ARS O RS 0 — — — 3709 Le tracé indique d’ailleurs qu'il n’y eut aucun phénomène de polypnée. L'animal ne perdit pas de poids.

Un lapin normal, pesant 2500 grammes, nourri, fut soumis

comme témoin à Ja même expérience dans les mêmes conditions de température.

Au début, il avait une température de 39°2. La seule entrée dans la salle (où le thermomètre indiquait 22°) lui donna une polypnée réflexe.

À 4h. 30, au début de la chauffe par le serpentin, 96 respirations à la minute.

La température rectale est de 3gor.

À 4h. 4o 1/40 respirations à la minute, T. rectale, 39°2

À 4 bh. 48 200 — —

L'animal dont la polypnée est enregistrée a perdu 20 gram-— mes.

Le 19 ausoir, le lapin XT est alimenté, ainsi que les 20, 21 et 22 février.

A cette dernière date, il pèse 1670 grammes,

La température est 38°8. Son poids a donc augmenté de 230 grammes depuis la dernière expérience.

Il est chauffé dans les mêmes conditions que le 19 février. Une légère polypnée se déclare au bout de

Elle est inscrite sur le tracé où l’on voit respiralions par

minute,

L'animal en 1 heure perd 20 grammes. Il avait avant l'expérience perdu plus de 20 o/o de son poids initial ; malgré cé, étant donné qu'il a été alimenté les jours précédents, et qu’en conséquence il a absorbé de l’eau, nous assistons à l'apparition de la polypnée.

L'animal perd cette eau, ou partie de cette eau, il

se déshydrate.

—1Do—

L'état d’inanition modifie donc des plus nettement les pertes de poids dues à l'hyperthermie. Alors que chez le lapin normal exposé à une température ambiante de 4oc à 45°, la perte de poids atteint en moyenne 2,2 o/o p. K. p. h. Cette perte diminue

après les premiers jours d’inanition absolue.

Si l’on se reporte aux tableaux publiés ci-dessus, ilest facile de calculer que la perte de poids o/o est bien égale à 2,2 en moyenne pendant la chaufle chez les animaux alimentés.

En effet si nous additionnons les pertes 0/0 pendant l'expérience, calculées pour chaque lapin, et si nous divisons par le nombre d'expériences et d'animaux nous avons :

2,99 + 1,9 + 1,8 + 2,1 — S,1 qui divisé par 4 donne 2,2 ENViron.

Le même procédé indique que pendant l'inanition, les lapins ont perdu p. K. p.h. en moyenne.

0,83 + 0 + 0,97 + 0,3 = 1,83, qui divisé par 4 donne 0,46 0/0.

Cette modification dans les variations de poids chez les animaux à jeun ou alimentés, chauffés,peut être due à plusieurs facteurs, mais un des plus importants se trouve certainement dansles variations des

conditions polynéiques comme cn a pu s'en rendre compte.

Nous n'avions dans les expériences publiées chauffé les animaux que durant une heure.

EP Gre

J.-P. Laxcrois a fait deux expériences destinées à être mises en parallèle et dans lesquelles les lapins furent chauffés respeclivement 3 H 1/2 et 2 heures.

Le 26 février, — Le lapin XVIII à jeun depuis le 19 février, et ayant perdu 18 0/0 de son poids, ne pèse plus que 1 kilog. 810. Sa température est 38°,5.

À 10 h. 30 du matin, il est mis dans la cloche (de contenance 38 c.), chauffée avec des réflecteurs, en espace clos.

La température de l'enceinte est alors de 45° ; l’état hygrométrique de 30.

À 10 h. 40, la température est 43 ; l'état hygromètre 70. L'eudiomètre de Saulanié indique que 100 cmc. d’air de la

cloche, renferment 0,6 de Co?, et 20,5 d'oxygène. La température de la salle où est l’eudiomètre est de 14°,

À 10 h. 50. T, de la cloche : 420.

Etat hygrométrique : 72.

À 15 h./%5.Tde- la’ cloche : Arc

Etat hygrométrique : 72.

100 centimètres d’air de la cloche renferment 2,5 de Coz2 et CE; tA LT

La cloche est alors mise en communication avec la trompe ; sa ventilation est ainsi assurée jusqu'à 2 heures de l'après-midi.

A ce moment la température de la cloche : 4ov.

Son état hygrométrique : 60. Et r00 centimètres cubes d'air ne renferment que 0,4 de Co et 20,1 d'oxygène (à 170).

L'animal retiré alors a une température rectale de 39 et n'a pas perdu 2 grammes, pesant 1808 grammes.

Il n’a en effet pas fait de polypnée durant les 3 h, 1/2 d'expérience.

Le lapin XIX, au contraire, alimenté depuis le 19, pèse le

bi

26 février 2 kgr. b45. J, P. Laxarois le met à 2 h. 15 dans la cloche qui servit à lexpérience précédente, et en atmosphère confinée.

La température à 2 h. 15 est 36°; l’état hygrométrique est 45.

À oh.20o. H.—732 et r00 cmc. d'air de la cloche renferment 0,5 de Co2 et 20 d'oxygène.

La polypnée s'est déclarée. Elle reste très nette jusqu’à la fin.

À 2 h.25, température 46° et ro0 cme. d'air renferment 2,8 de Co, et O2 — 17,7.

À 3 h. ro température 47°. H. : 52.

A3 'h 3 Cor—"3;:0:

À 3 h. 45 température 420. H. : 80.

Co 077 |

Or 040)0:

La ventilation de l'appareil est alors assurée par la trompe.

À { heures. Co° — 1,7.

À 4h. 19 l'animal est retiré.

La température rectale : 420.

IL pèse à peine 2 kgr. 515.

Il a manifesté durant toute l'expérience une belle polypnée.

Avec J.P. LaxGrois nous ferons remarquer que le lapin X VIII, inanitié, pesant 1 kgr. 810, donnait p. k. p.h. 1,37 de Co2

tandis que le lapin XIX alimenté donnait 2,11 par kilogramme.

Ces chiffres viennent donc s'ajouter aux données de nos expériences et montrer quelles modifications

see

dans les échanges s’opèrent sous l'influence de l’inanition. |

L'animal ayant subi des pertes de poids considérables, et étant soumis à l’hyperthermie destinée à lui soustraire une nouvelle quantité d’eau, grâce à un merveilleux mécanisme régulateur, grâce à l'influence du système nerveux, ralentit ses échanges. Afin de pouvoir lutter contre les influences extérieures qui lui seraient néfastes, l'organisme se prive du secours de cette polypnée dont normalement il fait son défenseur altitré contre la chaleur, et par un processus dontles détails nous manquent il s’adopte aux nouvelles conditions, dans le seul but de maintenir son équilibre. Nous constatons donc encore là un procédé de défense de l’organisme, comme nous l’avions saisi dans la constance de la densité du sang, malgré la déshydratation générale des tissus; et, essayant de saisir le mystérieux agent de ce maintien de lPéquilibre, qui nous échappait tout à l'heure, il semble que nous le trouvions foncièrement le même dans les deux cas: le système nerveux.

Les cellules de l'organisme vivent ensemble et meurent séparément, disait ENGELMANN. Sans système nerveux, il y a des cellules ; il n’y a pas d’individu (RICHET. 1895).

Ces conceptions plus que jamais sont vraies dans le cas particulier. Comme le fait a été établi (Vin- CENT, 1889) dans la mort par hyperthermie, la respiration s’arrête avant le cœur, et si l’ulltimum moriens

continue à battre ne le doit-il pas à des centres nerveux quel qu’en soit le siège.

Vorr n’a-t-il pas montré que dans l’inanition, alors que les muscles perdaient 30 et 50 o/o de leur poids ; les os, de 13 à 16 0/0, les centres nerveux etle cœur, ne perdaient que 2 ou 3 0/0.

La hiérarchie des tissus nous apparait triomphante jusqu’à la fin.

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