Haller. Elem. phys., t. LIL, p
nécessaire pour la production des sons graves; au reste je me suis assez longuement expliqué sur ce point dans le précédent paragraphe. Je veux seulement montrer la différence qui sépare les actions du cricoaryténoïidien postérieur et de l’ary-aryténoïdien, tous deux cependant muscles constricteurs de la glotte. Longet a eu lexpression heureuse en appelant le premier #uscle constricleur de la glotte vocale et le second #uscle constricteur de la glotte respiratoire.
Le crico-aryténoïdien latéral accolle fortement les apophyses vocales, mais il n’agit pas sur le déplacement transversal des aryténoïdes. En supposant que ce muscle se contracte seul, la glotte postérieure prend la forme d’un triangle dont le sommet correspond en avant au point de jonction des deux processus vocaux et dont la base postérieure mesure la distance de séparation des corps des aryténoïdes, qui demeurent écartés par suite de linaction des muscles ary-aryténoidiens.
Inversement, l’ary-aryténoïdien accolle fortement les bords postérieurs des aryténoïdes, les rapproche en arrière, mais cependant permet aux processus vocaux un certain mouvement de déplacement dans le sens transversal. — Cela se voit fort bien quand on opère sur un larynx de cadavre. Mueller recommande de fixer les aryténoïdes sur une broche qui les traverse transversalement; mais on n’immobilise ainsi que le corps des cartilages, car on n’imite que l’action de l’ary-aryténoïdien : qu’on vienne à souffler avec force, les processus vocaux s’écartent; pour empêcher cet écartement qui gêne l'émission de sons aigus, il faut avec un fil attacher ensemble les deux apophyses vocales :
ETUDE EXPERIMENTALE SUR LA PHONATION. 95 ainsi on remplace l’action du muscle crico-aryténoidientat ral.
Puis est-il besoin de rappeler que l’ary-aryténoïdien rapproche les cartilages aryténoïdes par un mouvement de translation directe, tandis que les crico-aryténoidiens latéraux leur font décrire ce qu’on est convenu d'appeler un déplacement en mouvement de sonnette?
Quelques auteurs, Ilingworth: entre autres, confondent les crico-aryténoïdiens latéraux avec les thyroarylénoidiens sous la dénomination commune de Sphincter de la glotte.
Ainsi l’auteur anglais n’admet dans le larynx que cmq muscles :
1° Le sphincter de la glotte ;
2 et 3° Les crico-thyroïdiens ;
4° et 5° Les crico-aryténoidiens postérieurs.
Par sphineter de la glotte, il entend la masse des muscles qui s'étendent du bord des replis aryténoépiglottiques au bord supérieur du cartilage cricoide, et embrassent en arrière les aryténoïdes, renfermant ainsi les aryténo-épiglottiques, les thyro-aryténoïdiens, les crico-aryténoïdiens latéraux, et l’ary-aryténoïdien qui sont tous en continuité plus ou moins directe.
Je considère cette opinion comme peu vraisemblable, et J’attribue au crico-aryténoïdien latéral une indépendance complète de contraction. Au reste, on verra plus loim que dans la voix de tête, tandis que le thyro-aryténoïdien se relâche, lui continue à se contracter parfaitement.
1. Hlingworth. The Physiology of the Larynx, in The Lancet, 1RTO, t. I, p. 879.