INJECTIONS DANS LA VESSIE
1° Dans la paroi vésicale.
Technique opératoire. — Des plus simples, on pratique une incision longitudinale de 3 centim, partant de la symphyse pubienne : on saisit la vessie en haut de la face antérieure au moyen d’une pince à griffes fines à mors larges et on la tend.
Le seul temps délicat consiste à inoculer la toxine au moyen d’une fine aiguille introduite auprès des mors de la pince et glissée dans l'épaisseur de ia musculeuse parallèlement à la surface.
Lorsque l’injection est bien faite, on voit par transparence se former une petite boule d’œdème dans l’épaisseur du tissu à l’extrémité de l’aiguille.
Le trajet doit être assez long (jl 1/2 il 2 centim.) pour qu’aucune trace de toxine ne puisse ressortir. On pratiquera ensuite la cautérisation avec un fer rouge qui rétracte le tissu et oblitère l’orifice (comme pour le testicule).
Les symptômes sont les mêmes que dans la forme testiculaire, mais chez ces animaux nous avons observé les mouvements rythmés alternants des quatre pattes, rares dans cette forme.
Nous n’avons noté aucune modification dans la miction : ni incontinence d’urine, ni fréquence de l’émission par exemple, qui permit cliniquement de penser qu il y avait contracture spasmodique ou permanente du muscle vésical.
Il serait intéressant d’injectei* la toxine tétanique dans la paioi
de la vessie chez les animaux dont le muscle vésical est plus développé.
Dans chaque cas la vessie était très rétractée, globuleuse, Présentant au niveau du trajet d’injection une ligne d’aspect blanchâtre scléreux. Dans la vessie quelques gouttes d’urine boueuse très épaisse, blanchâtre, pas de sang.
2° Injections dans la cavité vésicale.
Nous pratiquons le cathétérisme de la vessie sur les femelles au moyen d’une petite sonde en verre à extrémité lisse. Une fois l’urine sortie nous adaptons au pavillon de cette sonde, maintenue en place, un petit tube de caoutchouc qui la relie à une seringue graduée ; nous pouvons ainsi instiller dans la cavité vésicale une dose connue de toxine pure ou diluée.
Nous avons ainsi instillé, à trois animaux, 1 /20, 1/10 et 1/5 de c.c. de toxine étendus de dix volumes de bouillon.
Ces animaux, encore vivants et bien portants, n’ont présenté aucun symptôme.
Aucun trouble apparent dans la miction, pas d’hématurie, pas de douleurs locales, etc.
Nous avons recommencé l’expérience en instillant 5, 10 et 20 gouttes de toxine pure. Le résultat a été complètement négatif.