‹ Étude expérimentale sur les transformations magnétiques du fer et des aciersChapitre 21 sur 35 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

INFLUENCE DU CHAMP DÉMAGNÉTISANT SUR L'AIMENTATION D'UNE LONGUE FILE DE CYLINDRES FERROMAGNÉTIQUES COURTS SÉPARÉS LES UNS DES AUTRES PAR DES ENTREFERS ÉGAUX.

Benedicks [1431 avait montré que, si on étudie l'intensité d'aimantation de différents mélanges composés de grains fins (ou de fines limailles) (*), de matériaux ferromagnétiques (1) et non magnétiques (Il), on constate que cette intensité se modifie de I à If, non pas, comme on pourrait s’y attendre, suivant la droite AB (fig. 50), mais bien suivant une courbe du genre de ACB. |

Rapprochant l'allure de cette courbe de celle des variations de l'intensité d’aimantation du fer au point A,, il en conclut que, si Ï représente du fer « et II du fer f, dont les proportions dépendent de la température, la diminution brusque de l'intensité d’aimantation se produira à une température bien inférieure à A,. qui correspondrait au point B de la figure 5o, c’est-à-dir2 au point où tout le fer + aurait disparu pour faire place au fer £.

Dispositif expérimental. — Sans préjuger de l’interprétation possible de cette expérience, connaissant les assimilations possibles entre les cylindres courts et les paramagnétiques, il nous était facile de la perfectionner.

Nous avons donc pris 120 cylindres ayant chacun 20 mm. de diamètre et 10 mm. de longueur. La nature et le traite-

(1) De très importantes éiudes sur les propriétés magnétiques des poudres de fer ou d'acier ont été faites aussi par BoRrNSTEIN [21], Tôpcer et ErrinGsaauser, AUERBACK [24], Cu. Mauraix [76], TRexxLe [82], K. Hoxna [156], Bsnenicks [143].

ment de ces cylindres ont déjà été indiqués plus haut

(page 57). | | Après avoir juxtaposé ces 120 cylindres, sans aucune interposition entre eux, dans le secteur échancré de la barre de bois, dont nous avons précédemment parlé (voir fig. 44), de manière à réaliser avec leur ensemble un cylindre d’acier de 0 mm. de diamètre et de r m. 200 de longueur, nous introduisions la barre ainsi préparée dans le grand solénoïde fig. 43. Nous avions encore eu soin de placer au préalable Ta bobine d'épreuve à l'endroit convenable pour les mesures à effectuer. Bien qu’il semble que les entrefers

+ existant entre les cylindres ainsi j 3 juxtaposés doiventêtre nuls, il n’en est pas ainsi pratiquement. Il sub-

É 7 siste toujours de petits sillons, Fig. 50. — Variation d’in- entre les passes de l’outil et, mal-

tensité d’aimantation 3 gré toutes les précautions, le plade différents mélanges ; de poudres de matières AUA8e des surfaces planes des dif-

ferro-magnétiques (1) et férents cylindres n'est pas absoluparamagnétiques (II)

Rate y 4 [Bexenicks]. ment parfait. Nous avons cherché

à évaluer la valeur moyenne des entrefers ainsi obtenus, en comparant en particulier la densité apparente d’un cylindre formé d’un certain nombre d'éléments de 10 mm. à la densité réelle de l’acier étudié, Il ressort de nos essais que l’on peut attribuer sans trop d'erreur à chacun de ces entrefers la valeur moyenné de o mm. 065.

Nous avons ensuite réalisé (en. interposant entre ces 120 cylindres des rondelles de:papier, des rondelles de carton ou des rondelles de bois), les entrefers suivants : o mm. 27; 1 mm.2;2 mm. 6; 5 mm.

Avec chaque valeur d’entrefer (E), nous avons effectué trois séries de mesures. Dans la première série, nous avons utilisé une bobine exploratrice aussi ramassée que possible, qui a été placée au milieu d’un cylindre situé lui-même à égale

| Lee | Lay | ogg || 1cl | 198 | 06 9g9"1 | ecg'r | 6cg'r Ilc‘ggg'r | «691 |c‘969"1 || 000! ogg | ce | oc || il | 618 | gg || gig'r | YLer | Yiy'a || ogg'r | box | Ycg"r || ego'r [g*169°1 | g69°1 || 00671 || 1c€ voy Lt || gL9 ÿLL Leg || o6z'1 Lyg'i Gôg®1 || 9z9°1 | eÿ9'1 | 1cg'1 Leg'1 169'1 c69'1 || oog'r gog | 16g | cb || cpg | gl | 160 || oger | gig'r | ggg'r || ceg°r | 9g9°1 | go'r | cgo°r | 689 1 | £69°1 || ool'1

Leg | cos | Lcÿ || 909 | o6g | aÿL || Lec'r | Uge‘r | Gég'r || 6191 | egg'r | Geg'r | cer | Lgg'i | 169°1 || oog'1 oLc ôee | 66€ || oLc 19 969 Gli'1 gES'1 ôge'r || ÿrg'r | Leg'r | geg't 6L9:1 Gg9'1 6g9°1 || ooc’1 gGa Lig | sgç || ogg 009 oc9 Gil'I ghi*r 1681 || o19°1 | ceg'1 | ogg'1 gL9'1 3g9'1 agg'1 || ooÿ't gge | oo€ | que || £67 89G 809 1ÿ0'1 001°1 Qÿ1'1 || gO9'I | 819 I | GE9'1 cLg'r 089" 1 Y89°1 || ocç'r Liz ele | Grg || 1ct 06G 9cG 096 O10'1I Ggo'1 || 109°1 | g19°1 | Ocg'I 699" 1 gLo'1 &g9°1 || ooc‘1 961 | oge | ÿ6e || yiy | cly | 8goc | ces yc6 : | 8L6 ÿ6g'ai | Log'r | gig'r | 9991 | Ylg'ri | 6£9 1 || cor ogt | gcc | ggc || LLe | cey | coÿ || 1LL oÿ8 888 ec 1 | L6G'r | Gog'1 || €gg1 | 1Lg‘1 | gL9'r || ooo:7 got | 00 | oÿc || Ggg | cg | goÿ | ocL ocL G6L Log'1 | GLG'1 | ggc'x | gcg°r | cog'1 | 69g°1 || 006 ogr | gg1 | o1e || cog | ooÿe | 69e || go cLQ goL gÿc'1 | 6cg'1 | 6gc'1 || gyo'r | gcg'r | «991 || cog 6cr G91 | 9811] 698 10€ ÿce ogg 88c 9 CIGARE CORAN Te GET SCOR Lyg"1 gcg'r | oo |! Vrai | ger | ggr | cee | goc | 9Le | ogt £oc ec oLÿrr | 6ÿ*r | Lgÿ'r || ogg'1 | Ggg'1 | Yÿg'1 || 009 o6 111 | GÇ1 || 981 cie | Occ 90 act 19 Loÿ*r | Gti | gçgÿ'r ÿog'1 GI9°'I 0&9'1 || 00€ cL 06 cor || LYr 1L1 ÿgi g1e oçe 1Ge Yoga | 'icc'r | cçour ggc'1 gLatr O8C* 1e || 00 GG oL ss gc1 og oÿt oÿz Gyz ÿ9c ocre VON colo TE 90G'1 Graz Yec'1 || 00€ 9€ g ÿa || cL 98 a6 LL 997 ÿLr ogL Log 6cg geÿ'i | geÿ 1 | oÿÿ'1 || oo

98 ÿ9 69 IcI cel ger 10G 119 Leg aLç't oge:1 Egg'1 || ogr ( &c be be &ÿ 9ÿ 08 cg Le gôg Lot viÿ o6z"1 96e 1 00€ 1 || oo1

Ad 9e 8c 8ÿ 0G de ces ges gyc ygr'1 8g1'1 og1°1 || 09°

gi Li g1 0€ cÇ °c£ 1ÿ1 Lt ocr o€s £ee ces oÿ

8 6 01 GI 91 g1 ol &l ÿL cyt 8 oc || oc F6 Mug CAE LAC | € his UE LAURE IQ 1S °$ ue 1e I US D TT, À 2 3£ u/u gopsasgonug| lo w/weopsioonug|) © w/wu 1 op siojomqua |Le ww 0 op siojonug | cgo w/w 0 op sisjoniu

‘91H E[ 2P 2ULIP9W UO1S9I EI suep o90eçd Anon$uo| op w/u 006 2p o0141810[dx9 aurqoq aun,p uaÂOW ne oguIWA919P ouuoKou uorejueuwre.p 9,1Suaqu] =4,@ È “o[H V[ 2p 2ueipou UOIS9I 8] Suep Soipui]{o c jueJedps

Jojoique uu,p noiltu ne 29s0dS1p 27104139 S941) 20141810[dx2 autqoq eun,p uaÂou ne QUIWI9)9P UONETUEUMIE.P PISUAU] — ë,@ ‘2H U] 2P 2U8IPAUWU UOIS9I 8[ SUBP oipur{o un,p noipiu ne 99s0d$1p 9110179 S91} 2011840[dx2 ou1qoq aun,p uofou ne souiwia12p uonequeuie, p pisuaqu] — !,6

xneSo siejeqque sop Jed soigne sep sun se[ ssiedos (0/0 €7‘0 — n) xnop-eJ1Xe 19198 U9 (W/U QG = “ui /u 07 = Q) SeapuuA9 087 ep SoSeIIdS S8SI2AIP anod 5€ dueuo np uorjouo; us aqueledde uorequewite p #JISU8U]

distance des extrémités de la file (détermination de 5';); dans la deuxième série, la même bobine était placée au milieu de l’entrefer séparant ce même cylindre du cylindre voisin (détermination de 5',). Enfin, dans la troisième série, nous utilisions une bobine exploratrice ayant, comme la précédente, un diamètre aussi voisin que possible de celui des cylindres ; mais dont la longueur était de 20 cm., de manière à mesurer le flux moyen de l’ensemble (cylindres et entrefers), toujours dans la région centrale de la file (détermination de 5»)

RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX DE LA 2e PARTIE

Le tableau II ci-après, et les courbes de la figure 51, résument les résultats ainsi obtenus.

Ce que nous mesurons, ce sont des flux. Nous en tirons les valeurs de l'induction moyenne qui règne sous la bobine d’épreuve ; mais par suite de l’action mutuelle des différents cylindres les uns sur les autres, nous ne connaissons pas le champ JS, réellement agissant sur l'un d'eux. Nous sommes

ainsi conduits à calculer l’intensité d’aimantation appa- PB — Je rente Ce sont donc les valeurs apparentes de l’in-

tensité d’aimantation que nous avons rassemblées dans le tableau IT et dans les courbes de la figure 5r.

Voyons maintenant ce que donnent ces résultats, en relevant, sur toutes les courbes des valeurs moyennes 5'} de la figure précédente, pour différentes valeurs du champ (250; 9500 ; 700; et 1.000 gauss), les valeurs correspondantes des intensités d’aimantation, et construisant avec ces résultats, pour chaque valeur du champ choisi, une courbe 3'— f{E), nous obtenons ainsi une nouvelle familles de courbes (fig. 52).

Ces courbes ont l'allure générale des courbes de Benedicks (fig. 50); mais elles sont encore bien plus caractéristiques.

TRANSFORMATIONS MAGNÉTIQUES DU FER ET DES ACIERS Di:

Q Se Le) (e) O TO (e) © (e, re) ee) 10 — De Fig.51. — Variation de l'intensité d’aimantation apparente S'en fonction

du champ 3% pour des files de 120 cylindres d’acier à 0,130/o de carbone

ayant chacun 20 m/m de diamètre et 10 m/m de hauteur.

Courbes en traits pleins : intensité d'aimentation apparente moyenne dm dela file.

Courbes en traits pointillés. Intensités d’aimantation 5',; apparentes au milieu d’un cylindre (courbes supérieures à celles en traits pleins) et intensités d’aimantation apparentes, d'; au milieu d’un entrefer (courbes inférieures à celles en traits pleins).

Entrofors en millimètres

«4 (e] (e] © © à : 8 a E Fig. 52. — Variation de intensité d’aimantation apparente 9,

en fonction des entrefers pour des files de 120 cylindres (de 20 m/m de diamètre et 10 m/m de hauteur) en acier doux (0,13 0/0 de Carbone) pour diverses valeurs du champ (%)

Lorsqu'on augmente progressivement les entrefers des 120 cylindres, l'intensité d’aimantation moyenne, dans la région médiane de l’empilage, ne décroît pas linéairement. Ea décroissance, d’abord lente, prend bientôt une allure extrêmement rapide, puis se ralentit progressivement pour redevenir ensuite très lente. .

IL faut noter que la région des intensités d’aimantation fortes (entrefers inférieurs à o mm. 5) correspond à des courbes 3'— f (3) (fig. 51) ayant l’allure de celles des ferromagnétiques. Celle des intensités d’aimantation faibles (entrefers supérieurs à 1 mm. 5) correspond à des courbes ayant l'allure de celles des paramagnétiques. Il est remarquable de voir que l’on passe de l’une à l’autre allure pour des entrefers de l’ordre de r mm. 5, c’est-à-dire inférieurs à 1/6 de la hauteur d’un cylindre élémentaire.

On remarquera immédiatement aussi l’analogie du faisceau de courbes 3! — f{E) (fig. 52) avec celui des courbes 3 = f (8) (fig. 9) établi par Curie et pour lequel 8 représente la température.

En augmentant progressivement les entrefers, on passerait donc des courbes à allure ferromagnétique aux courbes à allure paramagnétique, suivant une loi analogue à celle qui caractérise le passage thermique du ferro au paramagnétisme des aciers peu carburés lorsqu'on leur fait franchir par un chauffage convenable le point A, (point de Curie).

Page 1