‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 81 sur 117 · PE TR TT PL RCE · texte numérisé non relu

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callose, comme on le voit dans l'Ortie ou dans le Houblon. Parfois, dans le Géranium, par exemple, la callose remplit presque entièrement la cavité des poils en formant une sorte de cordon cylindrique vermiforme, contourné sur lui-même. Enfin, dans les cellules bordant les poils à cystolithes ou les poils calcaires, on trouve des amas arrondis et stratifiés de callose, tantôtlocalisés dans la rosette de cellules entourant les poils, tantôt développés par une sorte d'irradiation, sur une étendue plus ou moins grande des cellules épidermiques (Myosotis, Vigne, Houblon, Pariétaire, etc.). Quoiqu'elle accompagne souvent le carbonate de calcium dans les membranes, elle existe pourtant parfois dans des tissus où ce sel fait complètement défaut : dans des poils ou des cellules épidermiques, dans beaucoup de grains de pollen ainsi que dans les tubes polliniques, où elle constitue les bouchons interrompant la cavité du tube. Enfin elle apparaît fréquemment dans les membranes des cellules de l'épiderme ou du parenchyme qui limitent les régions subérifiées, à la suite d'une mutilation de la feuille (déchirure, piqûre, etc.) ; dans ce cas, son apparition est liée à un phénomène pathologique encore mal défini, assez grave cependant pour compromettre la vie de la plante (Chou, Myosotis) (2, 3).

TECHNIQUE

Lorsqu'on veut rechercher la callose dans des organes, dans des poils ou des cellules épidermiques, on ne peut pas songer à faire des coupes, car on risquerait fort d'en faire un très grand nombre,sans rien voir. Il est donc indispensable d'employer d'abord le procédé général suivant, qui permet d'examiner au microscope des étendues considérables de l'organe à étudier.

Des fragments d'organe sec ou frais sont mis en digestion dans l'alcool bouillant afin de chasser l'air qu'ils renferment ; on les dépose ensuite dans une capsule renfermant la quantité d'acide azotique ordinaire et froid nécessaire pour les recouvrir (on doit toujours opérer sur de petites quantités pour éviter les projections). Au bout de quelques minutes, l'oxydation des matières azotées détermine une vive effervescence ; on attend qu'elle soit calmée pour laver les tissus à l'eau froide, puis dans l'alcool bouillant ; puis on fait digérer les fragments de feuilles pendant quelque temps dans l’eau ammoniacale froide, de manière à dissoudre la xanthoprotéine et ses dérivés.

Lorsque les tissus sont assez transparents on neutralise par l'acide acétique à 3°, et on laisse macérer les organes dans les réactifs colorants.

Lorsque l'observalion est faite au moyen de coupes, quand il s'agit, par exemple, de la recherche de Péronosporées, parasites de feuilles ou autres organes, ces coupes, après avoir élé trailées par l’eau de Javel, pour les débarrasser des malières plasmiques et lavées à l’eau, sont déposées sur le porte-objet, et on y ajoute quelques gouttes d'une solution très concentrée de polasse ou de soude caustique. (Le traitement par les alcalis a pour but, comme on sait, de ramener la callose à l'état d'affinité maxima pour les colorants. Dans le cas de gros fragments traités, comme plus haut, par l'acide azotique, c'est cet acide qui, en oxydant les membranes, permet d'arriver au même résultat.)

De toutes façons, pour avoir l'élection de la callose, on fait une double coloration avec un bleu soluble mélangé à de l'Orseilline B B ou additionné de brun vésuvien acide. La callose prend une belle coloration bleue, et la cellulose se colore en rose avec l'orseilline B B. On se sert du brun vésuvien dans le cas où les matières plasmiques n'ont pas été enlevées ou ne l'ont été qu'incomplètement.

Le brun convient très bien pour l'étude des tubes criblés ou des grains de pollen, toujours riches en matières azotées. La teinte bleue de la callose tranche alors sur le fond brun de la préparation. On pourra aussi se servir d'un mélange de benzoazurine et de rosazurine. Quand on colore ainsi les Péronosporées dans les organes végétaux, la rosazurine se fixe sur le mycélium, les suçoirs et la gaine en les teignant en rouge, tandis que la benzoazurine colore en bleu la cellulose des membranes des plantes hospitalières (5).

Ces produits sont, comme toujours, employés en solution aqueuse. Il suffit de mélanger les liqueurs, préparées séparément au préalable. Remarquons aussi qu'on doit opérer en bain acide. On emploie soit de l'acide acétique, soit de l'acide formique à 3 0/0. Après l'action du mélange colorant, action qui doit durer quelques minutes, on lave à l'eau et on monte dans la glycérine aqueuse ou dans la gélatine glycérinée. Les préparations peuvent être conservées quelques mois sans décoloration. Quand on se sert des bleus solubles, on peut indifféremment employer ceux qui portent, dans le commerce, les marques suivantes : bleu Nicholson 6 B, bleu coton C 4 B (1); bleu brillant verdâtre pour coton, bleu papier V (2) : bleus alcalins 6 B, bleus nouveaux G et R (3) ; bleu de Bayer D B F (4).

Les bruns acides colorent le protoplasma en brun, et parfois la cellulose

(1) Maison Poirrier et Dalsace, à Saint-Denis (Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques).

(2) Bayer et Cis, à Flers, près de Roubaix. Représentant, M. J. Kahrès, 23, rue d'Enghien, Paris.

(3) Léopold Cassela et C°, Anilinfarben Fabrik, Francfort-sur-Mein. Concessionnaire en France: Manufacture lyonnaise des matières colorantes, 3, place Morand, Lyon.

(4) Neuville-sur-Saône., Badische Aniline soda Fabrik.

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en rose, Ils teignent aussi très fortement la lignine, la cutine dans un bain acide, mais ils ne colorent ni la callose, ni les composés pectiques. Ils se mélangent très bien aux bleus solubles et conviennent très bien pour dislinguer la callose au milieu de tissus riches en matières azotées.

Comme marques commerciales, on peut employer : brun acide (brun vésuvien acide), nuance rougeàâtre pour laine (Poirrier et Dalsace) ; brun acide, brun de bronze à l'acide (Bayer et Cie) [5].

BIBLIOGRAPHIE 1. MaxGis. — Sur la callose ; nouvelle substance fondamentale existant dans la membrane. C. R., mars 1890.

2. — Sur la constitution des cystolithes el des membranes incrustées de carbonate de chaux. C.R., juillet 1892. 3, + — Observations sur la présence de la callose chez les Phanérogames. Bull. Soc. bot. de France, juin 1892. 4... — Sur les colorants des substances fondamentales de la membrane. C. R, juillet 1890.

5. — Sur la désarticulation des conidies chez les Péronosporées. Bull. Soc bot. France, t. XXXVIIT, 1891. 6. — Recherches anatomiques sur les Péronosporées. Ext. du

Bull. de la Soc. d'hist. nat. d’Autun, t. VIIT, 1895.

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