‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 83 sur 117 · ES A ET PEN RTE ENTRE · texte numérisé non relu

ES A ET PEN RTE ENTRE

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Harz (4) eut l'occasion de vérifier ce fait, chez les membranes du capillitium de champignons appartenant aux genres Elaphomyces etjBovista. Il proposa même, pour la substance caractérisée par lui, le nom de « fungolignine ».

Chez les Cryptogames vasculaires et les Phanérogames la lignification porte bien sur les éléments du bois : vaisseaux, fibres, parenchyme ligneux; mais elle intéresse bien souvent aussi d’autres tissus ; les fibres péricycliques ou libériennes sont très fréquemment lignifiées, la moelle et les rayons médullaires le sont quelquefois.

Il n'est pas jusqu'aux parois des stomates qui ne se montrent lignifiées. C'est à cela que les membranes bordant l'ostiole doivent, chez les Gymnospermes notamment, d'être si résistantes. LEMAIRE (2) en décrit, comme un bel exemple, l'appareil stomatique de l'Encephalartos cafra.

En dehors des stomates, les autres parties de l’épiderme peuvent être aussi lignifiées, chez les Gymnospermes notamment, et chez quelques Fougères. Il existe, dans l’épiderme de Dioon edule, deux zones membraneuses lignifiées très distinctes sous la cuticule et les couches cuticulaires. L'Abies pectinata présente de même une épaisse membrane lignifiée sous la cuticule. Le pétiole des Nephrolepis, de l'Aspidium aculeatum, du Plteris longifolia, caractérisé par un épiderme dépourvu de couches cuticularisées, offre nonseulement une paroi lignifiée, mais une cuticule imprégnée aussi de lignine et cette lignine peut même être mise en évidence tout autour de la cavité des cellules épidermiques.

Ailleurs, c'est le liège qui présentera des caractères analogues. Il est fréquent, en effet, d'y constater dans la lamelle moyenne, les réactions de la lignine.

Les poils internes, devenus éléments de soutien, montrent également des parois lignifiées, surtout lorsqu'ils se développent dans des canaux aérifères dépourvus de diaphragmes et qui ont, par suite, plus besoin d'être soutenus (Pilularia, Nympheacées, Limnamthemum, elc.).

Il en est de même des laticifères qui peuvent devenir, eux aussi, un organe de soutien pour la plante, ainsi que l'a montré MiraNDE (8,228-231) dans son remarquable travail sur les Cuscutacées. Chez les Cuscutacées monostylées et homostylées, les lalicifères péricycliques, longs tubes plurinucléés, présentent, tout le long de leur

parcours, des épaississements variables. De nature pecto-cellulosique en certains points, ils passent peu à peu à la lignification complète, puis reviennent insensiblement à l'état primitif, etc. Un lalicifère présente ainsi, à diverses hauteurs, des allernatives de zones lignifiées et de zones cellulosiques.

Ces modifications ont évidemment lieu dans un but de soutien de ces plantes parasites et en même temps volubiles et grimpantes. La plante a besoin d'être consolidée de loin en loin, et surtout dans les parties de la tige qui s'enroulent en spires serrées et produisent des suçoirs ; il faut qu'elle lutte contre un déroulement possible en ces points et contre l'affaissement dans les régions à spires lâches. Elle y arrive en épaississant et lignifiant partiellement la paroi de ses laticifères. ;

Remarquons que dans un autre groupe de Cuscutacées, chez les hélérostylées, le même résultat est atteint par le simple gonflement des membranes qui ne se lignifient jamais, mais peuvent absorber une cerlaine quantité d'eau et, suivant les besoins de la plante, lui donnent une rigidité plus ou moins grande.

En dehors de ces cas de lignification qu'on peut dire normaux et constants, celte transformation de la membrane peut être aussi accidentelle et représente, bien souvent, un des moyens employés par la plante pour réagir contre une irrilalion quelconque, où cesser tout contact avec l'extérieur. Ainsi, dans la formation des galles, l'organe attaqué réagit non seulement en hypertrophiant ses Lissus, mais encore en lignifiant ses membranes, comme l'a montré HarrwiG (8) Lors de la chute des feuilles, le pétiole lignifie ses parois aussi bien au-dessus qu'au-dessous de la surface de rupture. Celle réaction correspondant à la blessure des lissus est générale et se fait sur l'ensemble des membranes, landis que chaque cellule en particulier revêt sa cavité d'une pellicule subéreuse, sorte de mastic qui oblure les ponctualions elles-mêmes. Tison (&, 190) conclut de ses intéressantes observations sur ce sujet que la « lignification apparaît comme un procédé de défense collective des cellules, et la subérisation comme un procédé de défense individuelle ».

Pendant que les tissus parenchymateux forment à la plante le premier revêtement protecteur, revêtement bientôt doublé par une zone de hège secondaire, les appareils de forme tubuleuse : vais-

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seaux, canaux sécréleurs, ete., ferment leurs orifices par prolifération de thylles normales ou gommeuses, et la gomme qui provient de celles-ci renferme de la lignine et en manifeste tous les caractères.

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