‹ Étude historique et critique sur la pesteChapitre 15 sur 24 · DU CHOIX DE L’AIR ET DE SA PURIFICATION · texte numérisé non relu

DU CHOIX DE L’AIR ET DE SA PURIFICATION

Celui qui veut se préserver de cette épidémie, doit choisir un air aussi pur et aussi clair qu’il lui sera possible* sans aucun mélange de vapeurs corrompues* et d’une nature sèche. Ce choix

siccitati pertinentem ; ci rca cuj as electionem due cadunt considerationes. Una est de aeris electione, penes locum habitabilem. Alla est de ejus rectificatione, penes ejus substantiam et naturam. Quantum ad primam, Haly consilio intendamus qui dicit : Discedant habitantes a loco ubi et in quo hec contingunt, si possibile est. Sin autem,sithabitatio extra ventes qui per eas transeunt putridines, ut in domibus pauce humiditatis quas multus aer non pertransit. Ex quo patet quod istîs temporibus nebulosis et suspectis, meliores sunt basse mansiones.

Eligatur igitur domus que sit talis, distans a locis palludosis, lutosis et fetidis et aquis malis stanübus et fossatis, cujus fenestre aperte venti septëntrionali sint aperte. Dum tamen hujùsmodi venti per loca putrida et infecta non transeant et fenestre méridionales opposite sint clause sive fermate, nec ante solis ortum aperiantur nisi prius igné facto. Sint etiam fenestre vitreate vel de tela cerata ut aer libéré cameram non ingrediatur, nisi ventus septentrionalis flaverit purus et clarus vel circa meridiem et aere per calorem solis depurato ; habitationes vero in nemoribus

amène une double considération : l’une sur le choix de l’air, par rapport au lieu d’habitation ; l’autre sur la purification de l’air, par rapport à sa substance et à sa nature. Quant au premier point, suivons le conseil d’Haly, qui s’exprime.en ces termes : « Que les habitants quittent les lieux où les accidents arrivent, si cela leur est possible. Sinon, qu’ils choisissent leur habitation à l’abri des vents qui traversent ces vapêurs corrompues, comme dans les maisons quelque peu humides où il ne passe pas beaucoup d’air. » D’où il résulte évidemment que, dans les temps nébuleux et suspects, les maisons basses sont les meilleures.

Il faut donc choisir une habitation qui soit telle, éloignée des lieux marécageux, bourbeux et fétides, ainsi que des mauvaises eaux stagnantes.et des fossés, dont les fenêtres soient ouvertes au vent du nord. Il faut prendre garde toutefois que ces vents ne traversent pas des lieux corrompus et infectés, et que les fenêtres opposées, tournées vers le midi, restent closes et fermées, ou du moins qu’on ne les ouvre pas avant le lever du soleil, ni avant d’avoir fait du feu. Les fenêtres doivent aussi être vitrées ou garnies de toile cirée, afin que l’air n’entre pas librement dans l’appartement, si ce n’est quand le vent- du nord souffle pur et limpide, vers l’heure de midi, quand l’air est purifié par la chaleur du soleil. Quant aux habitations dans les bois, nous les approu-

minus consulimus ; que si in eis fuerint, discoopertas nemore, a parte septentrionali, et opertas a parte meridionali, magis quam alias approbamus.

Quantum ad rectiflcationem aeris, penes sui substantiam et naturam, est considerandum quod si aer non sit purus sed fetens et nubilosus, eligatur babitatio in caméra et aeris malicia corrigatur, igné facto de lignis siccis et odoriferis. Ligna autem ad hec convenientia sunt de junipero et fraxino, vite et rore marino, quercu juvene et spinis et presertim in bieme, in qua fiant subfumigationes aerem rectificantes cum ligno aloe, ambra, musco quo ad divites et potentes yel cum costo, storaco calamito, olibano, majorana, mastico, fisticis et tbamarisco et consimilibus.

De istis enim mixtis vel singularibus sive simplicibus, fiant in byeme subfumigaciones quesint aromatice stipticitate et jocunde, non vebementer calide; et, inter istas, ciperus et tbamariscus, magisrationé stipticitatis, rectificant aerem ad malas qualitates transmutatum ; possunt eciam fieri trocisci ad subfumigacionem faciendam quorum descriptio ultimo capitulo reponetur fiantqtie bujusmodi subfumigaciones in solis ortu et occasu et media nocte ; unde, satis conyenienter possunt

vons moins ; toutefois celles qui sont dégagées de bois vers le nord et abritées du côté du midi, nous paraissent préférables aux autres.

Quant à la purification de l’air dans sa substance et sa nature, il est à considérer que si l’air n’est pas pur, mais fétide et nuageux, il faut choisir une habitation dans une chambre, et corriger la malignité de l’air à l’aide du feu fait avec des bois secs et odoriférants. Or les bois qui conviennent dans cette circonstance sont le genévrier et le frêne, la vigne et le romarin, le chêne jeune et les épines. L’hiver surtout, il convient de faire des fumigations pour corriger l’air avec du bois d’aloës, de l’ambre et du musc, pour les personnes riches qui le peuvent ; ou avec le costus, le storax calamite, l’olibane, la majoraine, le mastic, les Astiques, le thamarisque et autres plantes semblables.

Il faut donc se servir, dans- l’hiver, de ces plantes, soit mélangées, soit prises séparément et une à une, pourvu que les fumigations soient aromatiques et agréables, sans être trop chaudes ; et, entre autres plantes, le ciperon et le thamarisque, en raison même de leur saveur aigre sont plus propres à corriger l’air qui a pris de mauvaises qualités. On peut aussi pour faire des fumigations se servir de trochisques, dont nous réservons la description au dernier chapitre ; ce genre de fumigations doit se faire au lever et au coucher du soleil et au milieu de la nuit ; on peut

fieri de olibano vel de granis juniperi. Asaeciam aerem putrefleri dicitur prohibere et removere fetorem aeris et fetoris ejus corruptionem. Dicitur etiam malicia aeris ignis removeri ex appositione frustri coctani recentis super carbones accensos, si dimittantur quousque comburantur.

In estate vero vel tempore calido, aeris malicia cum frigidis corrigatur et caméra vel locus habitacionis aqua rosala et aceto vèl aqua frigidissima cum aceto spergatur ; et sternantur in ea frondes, folia et flores frigidi, sicut herbe virentes, salices, rose, nenufaria, folia vitis et similia ôdorentia, aqua rosea et acetum vel teneant spongiammfusam in aceto.

APITULUM SECÜNDUM

SUMME SECUNDE

DE EXERCIO ET BA.LNEO

De exercicio et balneo attendende sunt due considerationes. Prima quidem est de exercicio; un de non assueti exercicio isto, tempore epidi-

en même temps en faire, assez avantageusement, avec de l’olibane et des grains de genièvre. On dit aussi que Fase empêche la putréfaction de l’air, en chasse la puanteur et la corruption qui en résulterait. Un autre moyen, dit-on, de corriger la malice de l’air, c’est de mettre dans le feu des morceaux de figues fraîches, en ayant soin d’en jeter sur les charbons embrasés jusqu’à Ge qu’ils soient entièrement brûlés.

Dans l’été au contraire, ou dans les temps chauds, la malice de l’air doit être corrigée par le froid. Il faut alors arroser la chambre ouïe lieu d’habitation avec de l’eau de rose et du vinaigre, ou de l’eau très froide avec du vinaigre; il faut y étendre des branches, des feuilles et des fleurs froides, telles que des plantes vertes, des osiers, des roses, des nénuphars, des feuilles de vigne et d’autres plantes odorantes, de l’eau de rose et du vinaigre, ou maintenir une éponge imbibée de vinaigre.

Page 1