‹ Étude historique et critique sur la pesteChapitre 17 sur 24 · DES AL I ME NTS ET DES BOISSONS · texte numérisé non relu

DES AL I ME NTS ET DES BOISSONS

Au sujet du manger et du boire, il est à observer que l’on doit éviter nécessairement les

fluis et ab humidis quoniam adducunt in epidimiam. Sint igitur cibi subtiles et facile digestionis, bonisanguinis generativi, cujus estpanisde bono frumento, bone messis, bene coctus, sufficienter fermentatus, unius diei vel duorum ad plus, cum pauco furfure vel ordeo.

Carnes sint annuales agni, eduline vituline, caprioline, cuniculi, juvenes pulli, galline, perdices, fasiani, starni, capones et consimilès avicule, eciam parve, ut alaude, gamaleones et similes omnes tamen assate magis quam elixate. Mutones juvenes, si elixari debeant, per unam diem presaliantur. Elixate eciam liujusmodi carnes condiantur cum speciebus aromaticis, specialiter cum cjnamomo et aceto et omnès salse cum speciebus laudabilibus condiantur, sicut sunt zinziber, gariofilus, cubebe, cardamomus, nux moscata, galie muscate macis et specialiter crocus et cynamomus cum aceto vel agresta.

In estate tamen cum pauciorîbuS speciebus et debiliori salsa cum aceto vel agresta ; in liyeme vero cum salsa fortiori condiantur. Possunt

excès de nourriture et de boissons, ainsi que les choses humides, parce qu’elles prédisposent à l’épidémie. On doit donc user d’aliments légers, de facile digestion, capables d’enrichir le sang, comme du pain fait avec du froment d’une bonne qualité et d’une bonne récolte, bien cuit, suffisamment fermenté, d’un jour ou deux au plus, et mélangé d’un peu de son ou d’orgê.

Parmi les viandes, il faut choisir les agneaux d’an an, les morceaux tendres du veau, les chevreaux, les lapins, les jeunes poulets, les poules, les perdrix, les faisans, les étourneaux, les chapons, et autres gallinacés et même les petits oiseaux tels que les alouettes gamaleones, et autres semblables. Cependant toutes ces viandes doivent être mangées rôties plutôt que bouillies. Avant de les faire bouillir, les jeunes moutons seront salés pendant un jour. Or, les viandes bouillies doivent être assaisonnées avec des épices aromatiques, particulièrement avec de la cannelle et du vinaigre, et toutes les sauces doivent être apprêtées avec de fines épices, telles que le gingembre, les clous de girofle, le poivre de cubèbe, le cardamome, la noix muscade, le macis, ou fleur et écorce du muscadier et spécialement le safran et la cannelle, avec du vinaigre ou du verjus.

Toutefois dans l’été, il convient d’assaisonner les viandes avec moins d’épices et une sauce plus légère, avec du vinaigre ou du verjus ; mais au contraire avec une sauce plus forte en hiver. On

etiam condiri carnes predicte cum gelaturis vel galantinis ex speciebus antedictis. Omnes autem ille carnes isto tempore evitentur que sunt scilicet dure digestionis, humores grossos vel melancliolicos vel fluidicos générantes, sicunt sunt bovine specialiter antique, multum salse, vaccine, porcine, cervine, caprine et omnes aves in aquis degentes.

Amplius omnes pisces bonum esset vitare et maxime bestiales et limosos quia sunt cite putrefactionis ; si tamen eis uti contingat, sint pisces scamosi de aquis mundis, dulcibus, petrosis et currentibus. De marinis vero sint rougeti, solee, pleistes et similes ; et assati comedantur, nt plurimum, cum saisis predictarum specierum cnm aceto et agresta factis.

Potagia sint de juribus carnium laudabilium cum speciebus aromaticis et cum aceto vel agresta artiflcialiter preparatis ; semel tamen in ebdomada pisis et lentibus uti possunt ; resistunt enim putrefactioni propter siccitatem complexionis ipsorum ; uti etiam possunt boraginibus, spinarcbiis, bletis, novellis, petrosillio et accedula et aliquandiu caulibus bene decoctis et cum bonis

peut aussi assaisonner les viandes susdites avec des gelées ou des galantines formées des mêmes épicés. Cependant, dans le temps présent, il faut éviter les viandes d’une digestion difficile, qui engendrent des humeurs épaisses, mélancoliques ou liquides, soit flatueuses, comme particulièrement les viandes de bœuf trop vieux et trop salé, de vache, de porc, de cerf, de chèvre, et de tous les oiseaux aquatiques.

A plus forte raison, on ferait bien d’éviter de manger des poissons, et surtout ceux qui vivent de chair ou dans les marais, parce qu’ils se corrompent facilement. Si parfois cependant on vient à en user, il faut choisir les poissons écailleux, vivant dans des eaux claires, douces, rocailleuses et courantes. Parmi les poissons de mer, on choisira les rougets, les soles, les plies, et autres semblables, et on doit les manger rôtis, en général, avec des sauces composées des épices susdites, faites avec du vinaigre ou du verjus.

Les potages doivent se composer de jus de viande, de bonne qualité, préparés selon les règles, avec des épices aromatiques et avec du vinaigre ou du verjus. Une fois par semaine cependant, on pourra se servir de pois et de lentilles, parce qu’ils s’opposent à la putréfaction, en vertu de leur nature sèche. On pourra aussi user de bourrache,d’épinards, de blettes, de jeunes vignes, de persil et d’oseille, et pendant quelque temps de choux bien cuits* et accompagnés de bonnes

carnibus preparatis, raro tamen et in* parva quantitate, quia sanguinem aquosum et putridini preparatum générant. Ova etiam recentia, coda et comesta cum aceto et agresta interdum sunt juvantia. Lacticinia etiam bonum est vitare, nisi quod interdum caseus et in fine comestionis, secundum solitum, potest recipi in parva tamen quantitate ; lac etiam acetosum competit loco medicine ut inferius annotatur.

Preterea fructus omnes sunt vitandi generaliter, quiasânguis inde generatus faciliter ubedit putridini sive putrefactioni, nisi sint acetosi et stiptiti et taies sint convenientes tempore pestilentiali et maxime in estat-e, sicut sunt mala granata, pomum citri, citrangulus, cornelie, corme, coctana et similia; concedunt etiam aliqui .ficus cum nucibus, eo quod veneno resistunt ; debent tamen nuces assari ut cortex exterior removeatur.

Et rursus est nocivum isto tempore mensam perlongare cum diversitate feculorum. nec debet secundus ci bus recipi nisi primo digesto.

Circa potum, est considerandum quod isto tem-

viandes. Toutefois ces légumes doivent être pris rarement et en petites quantités, parce qu’ils rendent le sang aqueux et le prédisposent ainsi à la corruption. Mais les œufs frais, cuits et mangés avec du vinaigre et du verjus, peuvent être utiles de temps en temps. Il est bon aussi d’éviter les laitages. Cependant, de temps à autre, et à la fln du repas, on peut suivre l’usage de prendre du fromage, mais en petite quantité. De même le lait aigre peut tenir lieu de médecine, comme il sera dit plus bas.

En outre, il faut éviter tous les fruits en général, parce qu’ils mettent dans le sang une prédisposition à la corruption ou à la putréfaction, à moins qu’ils ne soient acidulés et aigrelets, et ceux-ci conviennent en temps d’épidémie, surtout pendant l’été, tels que les pommes grenades, les citrons, l’herbe de citron, les cornouilles, les cormes, les coings et autres semblables. Quelques auteurs permettent aussi les figues, avec des noix, parce qu’elles résistent au venin ; on doit avoir soin cependant de faire sécher les noix, afin de leur enlever leur écorce extérieure.

Mais c’est surtout dans les temps d’épidémie qu’il est dangereux de prolonger les repas avec diverses espèces de fécules. On ne doit pas non plus prendre un deuxième repas avant la complète digestion du premier.

Quant à la boisson, il faut considérer que dans

pore sitim tollerare est nocivum. Sit autem potus vinum odoriferum, subtile, bene maturum et clarum, ab omni malo sapore alienum, juxta consuetudinem sumencium, et vini fortitudinem, limphatum, Meme tamen minus quam in estate.

Si qui autem antiquorum vinum proMbeant, hoc est vel quia apud eos non erat tantus usus vini sicut nunc est hic, vel quia vina habebant fortiora; vel hoc est quia, in regimine curativo et actuali egritudine pestilentiali provenante, magis a caliditate quam a putrefactione loquebantur.

Amplius illi qui in mane habent ita agere vel equitare mane nebuloso et malo vel ad infirmos infectos vel per loca suspecta transire, bibant modicum vini odoriferi cum modico panis assi ; et si sit parum aceti, bonum erit vel cum aliquo fructu convenienti ut pomis citri* vel altero appropriato electuario cordiali cujus descriptio im ferius reponetur.

Circa potum aque est considerandum quod aqua debet eligi bene munda et clara, de fonte mundo et claro, non suspecto, super lapides currente* vel fluvialis bene currens, cujus fundus sit mun-

ce temps il est nuisible de souffrir de la soif sans l’apaiser. Il convient de boire un vin d’agréable odeur, léger, bien récolté, clair, exempt de tout mauvais goût, et coupé d’eau suivant l’habitude de chacun et la force du vin, moins toutefois en hiver qu’en été. Si, parmi les anciens, quelquesuns proscrivent l’usage du vin, c’est que, de leur temps sans doute, cet usage n’était pas aussi répandu qu’il l’est aujourd’hui chez nous, ou encore parce que leurs vins étaient plus forts, ou que, dans le traitement curatif d’une maladie pestilentielle pareille à la nôtre, ils considéraient ce genre de maladie, comme provenant plutôt de la chaleur que de la corruption.

En outre, ceux qui, dès le matin, ont à travailler ou à chevaucher par un temps nuageux et malsain, qui doivent se rendre près des malades atteints par l’épidémie ou traverser des lieux suspects, ceux-là doivent boire un peu de vin odoriférant, avec un peu de pain grillé. Il pourra même être bon d’y joindre un peu de vinaigre, ou quelque fruit convenable, tels que pommes de citronnier, ou quelque électuaire cor^ dial bien approprié, dont la description se troo* vera plus loin.

Quant à l’eau que l’on pourra boire, il faut avoir soin de la choisir bien pure et bien claire* d’une source pure et limpide, point suspecte, et courant sur des pierres ; l’eau des fleuves doit être prise dans un endroit où elle soit bien cou-

dus nec limosus nec cenosus sed petrosus ; que sï talis non habeatur, sed timeatur quin habeat aliquam raaliciam, per decoctiones rectificetur siye distillacionem per alembicum.

Amplius non habentes vinum vel ipsum bibere non assueti, aquam mundam, limpidam, decoctam, cum pauco aceto bibant vel ptisanam ordeaceam.

CAPITULUM QUARTÜM

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