‹ Étude historique et critique sur la pesteChapitre 20 sur 24 · QUOD EST DE REMEDIIS UNIVERSALIBUS · texte numérisé non relu

QUOD EST DE REMEDIIS UNIVERSALIBUS

Corpora sicca habentes seu desiccata, a super-

cependant prendre de la nourriture lorsque le résidu du repas précédent est expulsé des intestins ; le ventre doit être tenu aussi libre que possible, avec du jus de viande, ou de la purée de pois, ou de pois chich.es, et, de temps en temps avec le résidu des fleurs du canéficier et du tamarinier, et de la manne, s’ils sont constipés. S’ils sont moins replets, il faudra les purger comme il sera dit plus amplement au chapitre des médicaments. Il faut aussi se priver, en temps d’épidémie, des plaisirs de l’amour, exception faite toutefois en faveur de ceux qui ont une forte constitution et un bon tempérament, et qui sont fort riches en semence ; et encore ne doivent-ils s’y livrer que rarement.

Quant aux accidents de Pâme, on doit remarquer qu’ils peuvent être souvent la cause des maladies du corps ; il faut donc fuir la colère et une tristesse excessive, et les soucis ; garder bon espoir et l’esprit calme; se réconcilier avec Dieu, parce qu’ainsi on redoutera moins la mort ; autant qu’on le peut, il faut vivre dans la joie et le plaisir, car si le plaisir attiédit parfois le corps, il réconforte cependant l’esprit et le cœur,

CHAPITRE PREMIER DU SECOND TRAITÉ DE LA DEUXIEME PARTIE DES REMÈDES GENERAUX Ceux qui ont un corps sec ou desséché, puri-

fluitatibus munda, bono utentes regimine, evacuatione non indigent, sed preservacione solum per debitum regimen in aliis rebus non naturalibus, quod ex summa prima patet manifestum.

Corpora vero humiditatibus repleta cujus sunt istis temporibus plurima corruptioni preparata cito evacuentur ; unde si appareat aliqua sanguinis mocio, minucioni absque mora insistendum est ; et qui semel flebotomari consuevit, bis faciat, si virtus tolerare queat; fiat autem ilia minucio de epatica vel mediana, juxta hominum consuetudinem et suorum medicorum consilium.

Presertim consulimus quod isti plebei et agricultores qui délicate non vivunt, flebotomiamde mediana non omittant ; corpora vero malis humoribus plena aliis a sanguine medicinis, illis humoribus appropriati purgentur quod industrie medicorum particulariter operantium relin quantur, cum non possit una medicina omnibus pregrandis corporibus appropriata componi ; previa tamen preparatione cum syrupis diurnis, acetosis, opilationum aperitivis cum zuccaro vel melle rosato clarificatis ; quia tamen aliqui confectio -

ûé de toutes les humeurs superflues, et qui suivent un bon régime, n’ont pas besoin de purgation; ils doivent seulement se préserver, à l’aide d.’un régime approprié, de tout ce qui n’est pas naturel, comme il est clairement démontré en la première partie. Ceux qui ont le corps plein d’humeurs, et qui, dans ces temps, sont pour la plupart prédisposés à l’épidémie, doivent être purgés aussitôt ; si quelque mouvement de sang se produit, il faut les saigner sans retard ; celui qui a l’habitude de se faire saigner une fois, le fera deux fois, si ses forces le lui permettent ; néanmoins cette saignée doit se faire sur la veine hépatique ou médiane, suivant l’usage de chacun et le conseil des médecins.

Nous conseillons surtout aux hommes du peuple et aux cultivateurs, qui n’ont pas une vie délicate, de ne pas négliger cette saignée sur la veine médiane. Mais les corps qui sont remplis de mauvaises humeurs doivent être purgés de ces humeurs par des remèdes appropriés à leur sang ; le choix en est laissé à la direction des médecins pour chaque cas particulier, car il n’est pas possible, dans un seul remède, de trouver un traitement approprié à toutes les constitutions.

Il convient cependant de les y disposer préalablement avec des sirops pris chaque jour, vinaigrés et apéritifs des obstructions, avec du sucre ou du miel rosat clarifié. Si quelques auteurs dé-

nés de melle prohibuerunt, dicimus quod intellexerunt de hiis que ministrantur via cibi. In medicinis quoque, istis temporibus, cordiales basim confortantes nullatenus omittantur.

Amplius, quia in tali epidimia Consueverun't oriri apostemata in emunctoriis perniciosa propter conversionem substantie eorum ad substantiam venenosam corrumpentium membrum et adducentia malam qualitatem ad cor; ideo succuratur eis quando incipiunt apparere cum flobotomia de brachio uno vel de duobus, si appareant apostemata super dyafragma vel de sophenis, si appareant sub dyafragmate ; et forsitan bonum esset apponére ventosam super Iocum apostomosum, ne forte materia ad intra trahatur aut properet medicus purgare cum medicinaeducente humorem putrefactum ; deinde intendere oportet ad confortationem cordis cum epithematibtis ad extra et cum syrupis et aliis medicamentibus ad intra. In quibus omnibus sit infragatio et odoramentum sicut acetositas citroni et rob pomorum et çitroniorum et granata acetosa valde.

fendent les préparations au miel, nous disons qu’ils entendent parler de celles que l’on administre en guise de nourriture.

Parmi les médicaments à prendre encore en ces temps, les cordiaux réconfortant le tempérament ne doivent aucunement être négligés.

En outre, dans une telle épidémie, on voit habituellement sortir des apostèmes pernicieux dans leur suppuration, par suite de la transformation de leur substance en la substance empoisonnée des éléments qui corrompent le membre, et transmettent le venin jusqu’au cœur.

Il faut donc y remédier dès leur première apparition, avec une saignée sur un bras ou sur les deux bras, si les apostèmes se montrent sur le diaphragme ; ou bien sur les sôphènes, s’ils se montrent sous le diaphragme. Peut-être aussi serait-il bon d’appliquer une ventouse sur le lieu . de l’abcès, pour éviter que peut-être la matière ne s'écoule à l’intérieur. Le médecin devra aussi se hâter d’administrer une médecine capable de faire évacuer les humeurs corrompues.

Ensuite, il faut réconforter le cœur avec des lavages à l’extérieur, et avec des sirops et autres médicaments à l’intérieur ; toutes ces préparations doivent contenir du parfum et de l’arome, tels que la saveur du citronnier, le rob des pommes et des citrons, et les grenades fort acidulées.

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