Histoire universelle, t. I«S col
signalons? Ne tiennent-ils pas à l'étendue et à la nature du sujet qu'il embrasse sans Tétreindre, à son caractère, à sa vie agitée, à ses trop courts loisirs, aux pefôéentions qu'il a subies. Quand on voit l'auteur en butte à la baine des Jésuites, son livre condamné « sur leur réquisition » et brûlé, on se demande comment l'bistorien a pu ronger son frein, et, parmi de pareilles entraves, en donner deux éditions.
Dans une lettre à Sillery, il montre comment a le fardeau de son entreprise a redoublé sur la fin de son labeur, pour la peine qu'il y a, en ne servant que la vérité, à se garder des baynes fraisches et des intérêts encores en fleur ^ » Il y raconte comment deux correcteurs (censeurs) acceptés par lui, l'Evesque de Nantes et M. d'Aillé, prirent frayeur de mouvements de troupes et s'envoyèrent excuser par un Carme déchaussé : et Mes imprimeurs, que j'avais faict venir de loin avec grande dépense, le papier, les presses aprestees, et, plus que tout cela, la conscience trez asseuree de n'avoir point franchy les barrières du devoir, me firent achever mon ouvrage aussytost attaqué à la solicitation des Jésuites et condamné par la brieve sentence du Lieutenant Civil. » L'auteur réclame du moins le jugement de a quelques personnages de probité et de savoir, bien instruits au livre du monde, lesquels ayants veu et reveu ses trois tomes (deuxième édition) y cottent les poinçts qui peuvent offenser..., afin de reparer tout en une édition (qu'il) veut donner au contentement de luy-mesme et de ses seigneurs et amis. » Une lettre à M. Do Lomenie' [1 624]