‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 36 sur 200 · Uiitoire univenelle, t. III, col · texte numérisé non relu

Uiitoire univenelle, t. III, col

&TUDE SUR TH. -AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 41

Tandis que son maître était travaillé à Dreux par d*0, dont il nous donne le discours, lui, ne manquait pas de profiter des occasions de remontrer au néophyte « la différence qu'il y avoit d'estre roi par la victoire ou par la soumission ; » mais Tintérèt, la politique, la raison d'État, Tamour (car la duchesse de Beaufort avait été gagnée par Tespoir du mariage), la peur des jésuites (car l'attentat de Barrière donnait à réfléchir au roi) ; tout conspirait pour fermer ses oreilles à l'élo* quence désespérée d'un La Roche Ghandieu, « qui depuis languit jusques à la mort de desplaisir ^, n d'un Duplessis-Momay, d'un d'Auhîgné.

Agrippa raconte qu'il arriva, pour le siège de la Fère, à Ghauny, «portant le deuil de sa femme, morte quelques mois auparavant *. » Il devint donc veuf vers la fin de 1595, ou dans les premiers mois de 1596. Sa douleur et l'amertume de la conversion royale n'étaient point faites pour adoucir l'humeur de d'Aubigné, qui se retira dans son gouvernement. Dès lors, VHistùire ne lui prête plus aucun rôle militaire officiel, et la Vie ne nous révèle plus guère que de dures paroles, de sévères avertissements, des actes de méfiance ou de sourde hostilité. On peut dire que, dès 1595, d'Aubigné n'est plus un maréchal de camp, au service du roi, mais une sorte de prédicant et un chef de mécontents, aussi peu satisfait de son parti que de ses adversaires.

S'il vient au siège de la Fère, c'est surtout pour démentir par sa présence les sentiments de dépit et de crainte qu'on lui prêtait^ car on allait jusqu'à dire que

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