Œuvres complètes^ t. !•', p. 6S
2. Œuvres complètes, t. !•', p. 69 et Histoire universelle, t. III, col. 518. DAabigné rappelle ainsi dans les Tragiques sa sinistre prédiction :
Quand ta bouche renoncera Ton Dieu, ton Dieu la percera, Panissant le membre ooapable...
Quand ton cœur, desloyal mooqueur, Comme elle sera punissable, Alors Dieu percera ton cœur.
(Préface des TragiqueSt Œuores complètes, t. IV, p. 24.)
SUR TH. «AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 43
mieux le lendemaio, « il ne voulut plus Fouir parler, n Tandis qu*à. certains moments la conscience de Henri semble parfois traversée de remords fugitifs, celle de d'Aubigné n'est travaillée d'aucune hésitation ; il poursuit son rôle d'opposition religieuse plus encore que politique. Voilà pourquoi , au synode de SaintrMaixant, aux assemblées de Vendôme, de Saumur, do Loudun, de Gh&tellerault, on le trouve toujours au premier rang, «s'affrontent sur le tapis» aux députés du roi, imposant silence au président Lefresne Canaye, qui s'était vanté au prince de lui acheter « tous les hommes de bonne maison ; » voilà pourquoi chacun déchargeait sa haine sur « le 6otic du désert ^ ; n voilà pourquoi nous verrons plus tard le théologien descendre en champ clos, pour se mesurer avec le redoutable convertisseur du Perron, avec le père Gotton lui-même.
Aux diverses assemblées où furent débattus les intérêts des deux religions', Vie, conseiller d'État, Galignon, chancelier de Navarre, Schomberg, le président de Tàou, le secrétaire Villeroi étaient les députés royaux. Le duc de Thouars (La TrémotUe) avait
1. Œuvres complètesr t. I«', p. 71. Histoire universelle^ t. m, col. 634.
2. D*AabigDé raconte qa*à rassemblée de Ghàtellerault, sur une certaine affaire « très implicite m entre le Roy, le prince d'Orange, les Eglises de Dauphiné et de Languedoc, et autres intéressés, il a^ait rédigé un mémoire avec une telle rapidité que rassemblée le reprit de n'avoir pas commencé sa besofnic qu'elle était achevée. Il ajoute « qu'il avoit tousiours estimé cest écrit le plus henreux de tous les siens. «(CËuvre^ complétes, t. I«', p. 7S.)
On comprend que rien de celte rapide improvisation, dont il n'avait pu garder un double, ne se soit retrouvé dans les papiers de Tauteur.
été choisi avec du Plessis-Mornay, le ministre Ghamier et d'Aubigné, pour « contester sur le tapis les matières » qui n'eussent pu, sans trop de confusion, être digérées par le corps d'une assemblée qui estoit lors de 70 ;testeset quelque fois de 80 ^ » Ces quatre membres formaient une sorte de commission, un bureau pour le travail préparatoire. Le président prit le premier la parole, rappelant que Schomberg était luthérien et «pas trop esloigné d'un bon Huguenot,!» que, «depuis deux cents ans, les pupilles de la Tremoîlle ont eu ceux de Thou pour curateurs. » Il avertit que les concessions du roi ne peuvent que diminuer, et finit par proposer aux députés réformés le choix de dix maîtres de camp et de deux maréchaux de camp, « entre leurs confidens, » largement appointés sur Timpôt de Charente. La TrémoïUe repoussa ces offres de corruption : tt Quand vous me donneriez la moitié du Royaume, refusans à ces pauvres gens, qui sont à la salle, ce qui leur est nécessaire pour servir Dieu librement et seurement, vous n'auriez rien avancé ; mais donnez-leur ces choses justes et nécessaires, et que le Roy me face pendre à la porte de l'assemblée, vous aurez achevé et nul ne s'esmouvra. » Le président demanda à d'Aubigné « s'ils avoient beaucoup de tels Huguenots? » Le Parti ne comptait plus beaucoup d'hommes de cette trempe, « de ces fidèles partisans, » s'il faut en croire d'Aubigné lui-même, qui ne tarda pas à se retirer « à cause des corruptions et pensions. » On a vu le marché que le président Ganaye proposait au roi, et voici le langage que ce dernier tenait un jour à notre auteur : ce Je ne vous ay point encore parlé de vos