‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 40 sur 200 · Œuvres complètes, t. !«', p · texte numérisé non relu

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amitié. Il reprocha un jouf à son ami qui le contriait psur lettre « à venir, selon leurs jurements, mourir arec lui, » de s'estre cm obligé à lui rappeler ses promesses et engagements. Apprenant que le roi avait fait marcher quelques forces pour investir le due de Thouars, d'Aubigné n'avait pas manqué de courir le pays pour rallier leurs amis. Il ne se faisait pas illusion sur le danger de ces résistances, car un jour que le duc, voyant la tête de quelques assassins exécutés, changeait un peu de couleur : « Contemplez cela de bonne grâce, lui dit d'Aubigné, car faisant ce que nous faisons, il se faut apprivoiser à la mort. » C'était sans doute, à ce moment, exagérer le péril de la rébellion et la puissance de la répression, que de prévoir le sort d'un Biron, d^un Montmorency, mais les deux partisans étaient assez dévoués à la Cause pour le braver.

Ce qui prouve d'ailleurs que les ressentiments de Henri n'étaient ni bien terribles, ni surtout de longue durée, c'est que, malgré ces menées pour le fait de religion, nous retrouvons encore d'Aubigné deux fois à la cour en cette année de 1 609.

Nous l'avons vu témoigner à la duchesse de Beaufort une sympathie dont V Histoire^ a gardé les traces: « C'est une merveille, écrit-il, comment cette femme de laquelle l'extrême beauté ne sentoit rien de lascif, a pu vivre plus tost en Roine qu'en concubine, tant d'années et avec si peu d'ennemis. » Gabrielle était pourtant en proie à de sombres pressentiments, à mesure qu'elle semblait s'approcher du trône. « Il me souvient, raconte rhistorien, que, quand il fut ques-

i. Histoire universelle, t. Ill, col. 643.

tion des mariages de Florence et d'Espagne, le Roy m*ayant donné à garder les deux premiers tableaux qu'il eut de ces Princesses, il me permit de les montrer à la Duchesse et prendre garde à ce qu'elle diroit. Son propos fut : Je n'ai aucune crainte de cette noire, mats ràùtre me meipe jusques à la peur ^ » L'empoisonneur Zamet devait justifier cet effroL

Une autre fois, d'Aubigné nous fait assister & une scène de réception à la cour. Le duo de Savoie, dans l'espoir d'y avancer ses affaires, faisait Jonchée d'or, employait 400 000 écus en présents et se montrait si beau Joueur à la prime que, le roi perdant sur un coup 4 000 pistoles, le duc montra ses cartes à Guise et à d'Aubigné et « aussi tost comme ayant perdu mesla les jeux; » sur quoi, supplié par eux, le roi s'abstint de jouer désormais avec le duc.

Si violent partisan que fût d'Aubigné, sa violenoe aux intérêts des Réformés ne le faisait point consen» tir à certains moyens dont l'iniquité répugnait à sa conscience. C'est lui-même qui l'affirme en maint endroit et dans sa Vie, en nous révélant que le gouverneur de place qui repoussa des ouvertures compromettantes, c'est le gouverneur de Maillezais. Une vaste conspiration s'était ourdie avec la faveur ou l'appui du pape, de l'empereur, du roi d'Espagne et du du0 de Savoie. On devait abandonner aux Réformés une partie de la France occidentale ; comme gage de foi, on leur remettait Lyon, Dijon. En un mot, c'était, sous prétexte de religion, un démembrement de la France, au profit de l'étranger et de quelques ambitieux. D'Aubigné, dans un long discours en trois points, plus

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