L. R. Julienne
R. Fr. Bozo.
Alphonse Breteau.
Julien Roulin.
Julien Desartre.
NOTE SUR M^ HELIE DEROUEZ.
Des recherches récentes sur le collège de Crannes nous ayant révélé quelques détails nouveaux relatifs à M" Hélie Derouez, nous nous empressons de compléter la biographie de ce vénérable curé.
M" Hélie Derouez, né à Crannes-sous- Vallon comme nous l'avons dit, était fils de Hélie Derouez, « s' du Grimault et de la Foucaudière, capitaine oi-dinaire » commandant les chevaux ordonnés pour les charroys des vivres et munitions » des armées du Roy », et de damoiselle Perrine de Langlée. Par son père, il appartenait donc à une honorable famille de Crannes, dont le chef Michel Derouez, marchand, possédait dès 1628 diverses propriétés, ainsi que le domaine de la Foucaudière, que lui avait légué Françoise Mongault, veuve François Chaudet, s'' de l'Etoile. Par sa mère, Perrine de Langlée, il descendait de cette nombreuse famille de Langlée, bien connue dans la noblesse du Maine ; son aïeul maternel, Alexandre de Langlée, avait épousé Marie Regnaudin, de Vallon ; son oncle, Claude de Langlée, était en 1642 « conseiller du Roy aux conseils d'Etat et privé, » maréchal général des logis, campSj et armées, seigneur de la Grange-Moreau à » Vallon » ; enfin son cousin germain, fils de ce dernier, n'était autre que ce Claude de Langlée, seigneur de Vallon, célèbre par ses cadeaux à madame de Montespan, et par les révélations curieuses de Dangeau.
M^ Hélie Derouez fut d'abord curé de Saint-Germain-dc-la-Coudrc , au doyenné de Fresnay ; puis, le 22 juin 1660, il permuta avec M" Antoine Martin de la Fuye, i prêtre du diocèse du Mans, bachelier en théologie de la faculté de
Douillet-le-Johj
» Paris, demeurant à Paris, liùtel de Long-Pont, près la Sorbonne », alors curé de Douillet.
Toutefois, M" Martin de la Fuye était, depuis un mois seulement, titulaire de la cure de Douillet, qui lui avait été accordée le 12 avril 166(i, à la suite du décès de M» René Cohon, et dont il avait pris possession par procureur le 15 mai suivant. Il ne vint jamais à Douillet, et son influence y fut nulle, ce qui explique comment son nom ne nous a été révélé que récemment par les Insinuations, et comment les Chroniques présentent M« Hélie Derouez comme le successeur immédiat de M'' René Cohon.
M" Hélie Derouez prit à son tour possession de la cure de Douillet le 30 juin 1666, et non le 40 mars 1667, comme le disent les Chroniques, en confondant sans doute la date de l'arrivée réelle du curé avec celle de l'acte notarié de prise de possession. Peu de temps après, par suite sans doute de la mort prématurée de ses frères aines, il est qualifié « seigneur de la Foucaudière », à Crannes. — Le 20 février 1696, dans la crainte d'être surpris par la mort, il résigne sa cure de Douillet à son frère Nicolas Derouez, qui la tran.smet, le 28 fémer suivant, à leur ami et compatriote M« Claude Guyon.
W Claude Guyon prend possession le 3 mars 1696, et non le 21 juillet. Quant à M» Nicolas Derouez, après la mort de son frère, il se retire à Crannes, où il hérite de la seigneurie de la Foucaudière.
Ces détails sur la famille et la condition sociale du vénérable successeur de M" René Cohon, confirment, il nous semble, ce que nous avons dit maintes fois ; c'est que la cure de Douillet fut généralement occupée par des ecclésiastiques éminents, que distinguent leurs talents ou leur situation sociale.
(Voir : Insinuations, tome 32, f" 184, 206 et 207; tome 41, f» 46 et 61. — Archives municipales du Mans ; dossiar Crannes. — Recherches sur Vallon, Le Mans, 1856. in-12. — Enfin une note sur Le Collège de Crannes et Thomas Dalibard, que nous préparons pour le Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe.