NOT£S
Toutefois , il est notoire qu'elle a esté des plus grandes et des phtt illustres de l'Europe, que d'ûcelle soot issus quatre Eni^fenn* Maddeme de Lnxcmbourg et de Jac4]ae8-Cbaboty «eor de Brioo, et Biinesay, puîné à Cbarks, qoî fat grand Anaînl de Firaiice , lequel Amiral a kbsë ks Comtes de Gharni et de Brion , et Françoise-Cliabot , dame de Bai bezieux ; sa fille Madeleine eut dudict Jacques-Chabot Catherine-Chabot , qaî espouaa Berthant d'Estitot i et Cbarles-Chabot » fils ainé, fot mari^ avecque leume de St.-Aiihy > dame de Mcadiea ^ et Sniit<>Aulay , dont issmient Loais-Chabot , qui modrnt {eone, après le voyage qu'il fit avecque le sicui- Lautrcc, et Guy -Chabot, duquel est question, qui espousa en premières noces Louise de Puiseler , de la maison d'Hely , en Picardie. D'isceux issus idonard et Charles Chabot, sieurs de Mootlieo et Saiot-Aobji comme Édonard-Cbabot , àa mariage de Dnrefort , de h maison de Duras , est Tenu austre Guy-Chabot, et austres enfiinls. Apres la mort de laquelle &iint-Aulay , Charles-Chabot espousa en secondes aoces Madeleiiie de Puignien ^ dame vertoeuse, qui avoit eèté e^fée ayecque llarguerite de VÛM , soeur unique du Roy , nommée la f^nne Marguerile, pcior rnnion de la France, et de ce mariage seroit ne austre Cbartes- Cbabol , sieur de S"-Foy , et Jeanne-Chabot , qui fut mariée avecque le sieur de Chàteauneuf , en Limousin , et de Charks^habot , sieur de S**-Foy , et, Jeanne Joubert , est tenu anstte Chabot de S**-Foj.
Et François de Vivone estoit puîné de la maison d'Anville, ^ lui et Charles, son frère, estoient fils d'André de Vi-
NOTES. 419 fooe y grand lë n eich ii èa Pmtoa, lequel, par k grande auioiitc et crédit qu'avoit le Roy en lui, disposoit des estât» ei -oâîces rojaux, et mesme en donnoit les promolMMiS ' ^ 4nioMBt dtliDn; aToil grande fiamH» ittostm, aneicniie et de k naisoD de Iretagne. Pbnrqaoi ceux de Vîtom portent encore les hommes en leurs armes , et combien que Charles eut eu La Chataigneraye et anstrcs terres pour son pnigey et JMoeoly en Ardekix et anitres fiem , sans pm» dve anrtre eboee à La Cliaiaigiieniye, tmit fecogim, honoré
et craint, tant par sa i^veur, qu'il avoii du Roy Henry, de ses natniaUcs benoîts et perfections , riche stature de oorpa, qne ponr m» cesnr géoérens et annré, démérité, cxpérienee am amef , «t courage entre ks phis nilknlf admirables.
Ces dense gentSiihommci, de mesme pays ei voisiDs, presque d*âge ëgal, nourris k k coor da Roy Fk^çois premier,
logés long-tems ensemble, ayant as&ex de contenance de mcem, et qui s'estoient nuis et liés d*estroite amitié^ conthmmt de lUy dès lort qn^ik afoknt erté nourris, et fait ensembk k guerre pour k senrke du Boy; outre qu^fls
estoient alliés par le inaria^^e d'une fille de Jaiiiac, gi-aodc tante de Guy-Chabot, avecquc Taïeul de François de \ivone , exerçant si kng^emt ks offices de kur amitié , qu'eik engendra , fit nakre envk et haine an cour de plnsienri qui n'oublioiciit pas de chercher tous moyens pour dëlruiie cette union) et sans avoir égard à la conséquence, il advint d*j mcHre lin an jeune lemee, «piH s'estoîtTanté à La Gha^ taignerayc d'avoir eonché awqne sa befle-mère , et Favoir chevaucfufCy estant avccquc lui. Lors ces propos, qui estoient un moyen pour parrenir au combat, n'y ayant attkune preuve
410 HOTBS.
"que les armes, et ccuabien ^ue les maisons offensées de leli malheitrs* Ceux qoî om le pin d^iatërest sont les dernim avertti , h contraire cit îdî obiervé; ear Charks-Gliebot , père de Guy, est le premier auquel -on fit le cmile, paiee qu'on ne regardoil qu'arrivei aux fins de quelques périls et ravissement d'honneur, et ce lui pour raison de tels .^piopos 4{ae Charks-Gbaboty ne aopinraot à son fils au retour
de raccori et un eeear aoeoaalMDé de pèoe;
maîa ka fidsant eoimoltre qa'fl a^t quelque desphisîr en son cœur, api es plusieurs requestes de son fils , lui demanda s'il s'estoit jacté , comme Ton dlsoit , de sa belle-mère ; ce qui touchti si vivement le cœur de son fils, que la tristesse et le desplaisir ajantrompa son diicoan » fliespoodit, qn*aux dépends de sa tie ^ on de ceUe de La Ghâtsîgneraye , 3 monstreroît son innocence , disant qu^il Tassuiok tant de sa justification , bien que Dieu esloit son témoing et sou juge , qu'il feroit sentir à La Chataigueraye le mënie de son imposture : et soudain partit son dict père peur aller en comr, avecqœ proleststion de ne retourner qn^il ^n'eust poursnivi cette affiûre à chef , et qn*il ne fust jiu> tîfié de cette calomnie ; et de fait , à la première occasion, publiquement qu'il se seroit vaiiLé avoir couché avecque sa belle- mère , estoit méchant» malhonneste et avoit menti. Parlant d^ailleurs, si devant qudles paroles s^adressoîent à La Chtta%netayey leqnel, aYerd dn desmemiy et voyant IW casbn honneste ponr combattre le jeune Jamac , ^eor de Montlieu , sur lequel il s'assuroit estre victorieuic , se confiant en sa dextérité et son expéiience aux annes , jà deslibécoit de triompher. U pouiyoit Tootroi du combat à toute tratraoce, et se pourteit pardevant le Roj François ^ sur la fin de son v^ne, comme pareiOement le jeune Jacnacj
«t il ebote mm m dâibéntkm» mprèt da Conseil , bien que pltmeon aiiporlmeot Ornées opidoni , œOe da Roy
de défendre le combat par pkisiears belles et grandes raisons, qu'il a requis de convenant sur cette proposition , (ja^im Frince ne doit ptnneltoe obote de TiMae de laquette imae pem espérer bien, comne on le! oooibat. TeUement qoe dnMint le Tivant da Roy, ce dict différend fut sursis^ mais sousdaio qa'U fust décédé, au mesme an i^7, et que la Boj licnrj, aeoond du noni, ma fib, emi «noédé k h coonNMK de Fimce» Lt Cktmàpmtje et Jimac^ kIoui«>
pour parfeniv ta eoinfaftt ^ La Chataigneraye csciit un cartel au iioy, dont le contenu^ «▼ec k «OMr^iCitOy co soit.
Roy ^ mon sout^erain seigneur.
m Sire, ayant entendu qoe Goichot t esté dernier à coin-
» paguic , où il a dict que quiconque au roi t dict qu'il s'estoit vanté d'avoir coucbé avec^pie sa beUe-mère estoit mé* M chant et malbeareox) tor qocy. Sire, a[?eeqae TOtreboir m vouloir et plaisir , je responds quH a «écbamnent menti » et mentira toutes fois et quantes il Jira que j :ii dict ladicte » chose, comme soit -véritiibl' , mais dicte î car il m'a dict » plusieurs fois et s*est Tante d'avoir coucbé avecqœ sa belle- » mère. »
Signé FRANÇOIS VIVONE.
Duquel cartel le brmt commençant à courir , et La Chatni^poeraje se voyant blasmé de toucher l'honneur des dames, et mcsm d*mie qn'an homirMt , primait par teaffrlM entre odiet q« n^esloieiit de petite reeemmandaiiett, il escrk aa
Roy un austre cartel, pour sa jusiilkatioii.
4tsi nom.
« Sire, au différend qui est entre Gukhot- Chabot et moi, » jnsqa^à présent j'ai seulement regardé à la conservatioa M de' mon honnenr, tu» touober à rhowMiir desdaneKi 9 .doqueUet ftSmeni» plutoit eiire défenseur qu'accmaleif» 1» meime celle dont est <|iies(ioD ea non- dilfiSremI f nuis » voyant que, pour mà justification, il est bien reqais que » |e dis , que ledict Chabot a iait de sa belle-mère sa vou- » lonté, sans regarder à Thonneur de son père et de ioa » devoir » et qa*il a dict avoir coocàé avecqœ dfe ; et ]^«r » ce, je Tom supplie trfes-hamblement de me donner ehamp » à toute outrance^ dedans lequel j'entends proyer par armes » aodict Guichot ce que j'ai dict ^ et aussy qu'il vous » plaise me permettre que je lui puisse envoyer celles, du » combei , aveoqne le eontemi de la pcéaenle , que je lui veux » tenir nir ce qoe deanis » afin que^ par noi nninay pnkqpi*il » ne se peut prover aostrement^ soit vérifié toute Toffirnse » ^^il a ikile à Dieu^ à ^ou père et à justice. »
Sigfié FIIANÇOIS VIVONS,
Sur renvoi desquels cartels , le seigneur de Jamae estant instruit en cour quil eust donné le premier le démenti, pourquoi La Chataigneraye le poursuivoit comme demandant et assaillant , qu'il a de mesme , et le jeune. Jamac défendant el aoiiitenant : Jamac etcrit ce cartd an Roy, avecque celle sus* cription :
,Ju Boy , mon seigneur^
« Sire, aveoqne vostoebonplaiair est que je disque François » de Vivoae a menti de rinpniition quH m*a dbnnée , de h- » quelle je vous.parleroî k compagnie et austrc , qu'O a menii
NOTES. 4i3
» de la seconde impoution qu'il m*a ùip^ dn jpremièc eierit 9 qtt*U TOUS a présenté ^ et dawlage qa*3 a mécbaaiiiKiit et » malheurrawment mërilë de la tierce ordre et infime impa-
» lation qu'il m'a faite par le second escrit qu il vous a pré- » sente. £t pour ce , Sire , je vous supplie qu il tous plaise » loi octroyer le camp à toute outrance à quant et quant. » Ayant TOUS premièrement déclaré de laquelle des trob im^ » patations ledict TÎTone est tenu de me prendre, s^il'est quitte » de la première imputation par la seconde , et de la seconde » quitte par la tierce, s
Outre ledfast oarialy Guy-Cbabot envoya oetle. lettre & itton* sieB» révesque de Bésiers , qu*esloît piès- de la personne du
Roj et de âei> £avorits :
« lIcMisienr , la signature de cette lettre tou9 fera croiïfe et » dire en assurance , parfont ob tous vous tron?erez , que
» touchant les différends entre La Chataigneraye et moi , s'il » plaîst au Roy nous, donner lieu en un coin de son royaume^ » pour vider nos diffikends par armes, je les porteroi si braves» 9 et moi encore pllts, que montreroi dedans le lendemain air » combat la bonne nourrîtare que j'ai eue du feu Roy , et 3» que je tiens du i\oy mon seigneur, et que La Chataigneraye » n a la bouche si forte que je ne 1 arreste dans lien de ier. »
Le cand ngnifié, et la lettre escrtte loi ayant esté montrée, il envoya incontinent au Roy cet austre cartel :
« Sire , fl TOUS a plu, par ci-devant, entendre les différends
» entre Guy-Chabot et moi^ sur lequel j'ai reçu eclui signe de 9 son nom , par oii il ofiEre dVnlrer demain dans le camp ^ a et porter des armes. si braves et lui encore plus | qu^on con-
4i4 ROTES.
» nobtia la nourriture qu'il a reçue du teu Uoy tt de vous , 9 se vantant de m'arrester d'un Ueo de fer j et pour ce , Sire , » qu'il moBstreroit ao point ipie toujours f ai pourchassé. Je n TOUS supplie très-hamblemenl quH tous plaise de donner 9 cattip , en endroit de vostre royaome , k tonte ontranee , » pour combattre nos differendi , ou permission de 1 appeler » en austre part. »
Sig9é DE llNOm
. Ce placet devant consdl près da Roy estant ee qu'il s*en suit esciit an pied dn plaeet :
« Il a esi^ ordonné qae oelie présente sén asonslrée et sigoip 9 fiée aodiet Chabot par un hérault d'armes da Roy , pour 'à
2> isceUe respondre, ou dire ce que bon lui semblera, àu coosed » privé du Koj^ tenu à l'Isle-Adam « 21 avril id47. »
Signé DE L'ALBESPINI;.
Tout soudain l'expédition faite da placct , le tout fut fait à la diligence , poursuite et sollicitatioa du sieur de La Cliataigneraye, entre les oomns de Guiene , hécault d*amies du Rojr , pour estre signifié au sienr de Jamac ^ ce <pû inft avecqne le procès-yeibal.
9 Le jour de S -Marc , 25 avril ftM7 , en vertu de Tor* » donnanoe ctdessus transcrite an |Mcd du placet présenté an « Roj par Jean de Vivone- contre Gny-Chabot , toochant le
» diflférend d'honneur entr'eux , moi Guiene, hërault d'ar- 3» mes dudict sieui* , à la rcqueste dudict Yivooe ^ sois parti 9 dWprès risle-Adam , oh estoit iscelnî , pour trouver an Ben » de Limonrs ledict Chabot^ afin de loi laire signifier et fiiie » entendre le jcontenn au placet et ordonnance , et pour ce
nom. m
» ftire, passant par le village de S'-Cloud , (jui esloit mon
» chemin pour parvenir à Limoui». Ayant entendu que ledic(
» ueiir Chabot y estoit arrivé et séjourné jusque sur ks qua-
» tre faeurei api^ midi-dodict {onr; attendant iieekd Chabot,
» sur lesquelles, voyant que lediel Chabot ne iFenoit pomt,
» que riieure , pour parvenir à Liuiours , se passoit , je suis
» parti de y-Cloud , et accompagné d'un mien compagnon ,
» appelé Bourgogne, suis parvenu avecque loi audict lieu de
» Lîmoors , environ sur les six heures du soir ; duquel lieu
» estant entr^ en la cour du château , ob , après nir*estre a-
» dicssc â une ferame que j'avois rencontrée dans ladicle cour
» pour sçavoir si ledict Chabot estoit audict lieu , et pour
» avoir pu rien sçavoir d^isceux , me suis finalement adressé
M au sieur Du|mi , txâual de Mme. la Duchesse , lequel f ai
» supplié me dire si tedict Chabot estoit au château, «I do
» me faire parler & lui; lequel m*a (ait response qu*0 n*y estoit
» pas , n^ùs que mademoiselle de Jamac , sa femme , y estoit
» iûen, me disant encore si je ne venois pas pour le cartel j à
» qnoj j*ai fidt response que f tvois à âùre entendre audicc
9 Chabot ehose kû importoît ^ 4pie je voudrois parvenir
» à sa oeanoîssancc on «voir pour lui ftiie et entendre , si je
j» ne pouvois parler à lai. A Tinstant desquels propos seroiciU
» survenus plusieurs gentilshommes et austres de ladicte mai-
9 son, et par spécial , Tsn nooMué Grciier , et un neauné
» DeviDe, lesqoda, S|yiiit entendu que je veoois ponr trouver
» lediet Chi^t, m^ont aussy diet et ftiit response qnHI n'y es-
» toit pas , ni personne de ses gens : disant , 1 un d'isceux ,
n qu^U estoit parti Tavant jourd^hui pour aller à la cour et au-
» dict S*-Cloud , voir la compagnie qui y estoit } me deman-
» dant , ledict DeriUe , si je vouiois pas bien montrer œ que
» j'avois à s%Bifier audiet CfadM , et en donner copief ee
4m NOTES.
9 . que f ai accordé .teUemnit * qulb ont tmu toiieoâu la came* » de ma yemie andict fiea, par k lecture fille dudiet phcet
» et ordonnance , comme dicl est* En intention qu'il pourroit » parvenir aincy à k connoi&wnce dudkt Chabot , et ai baillé » . audict DeviUe uiie C0pîe ; ca i|iie Tojant , ledkt neur k ce » que je ne findiaie que par pardOe copie donnée aodîct De- 9 vitte qai Vy par?îenne aulcune coanoisianoe audksl Chabot , » et que ce n'estoit pas son domicile que ledict Limours , à » quoy ne lui ai iait aulcune response , sinon que je les appc* 9 Ipk à tcmoioy que }e ki&ois pendant Texpéditioii de ma dicte » .eharge, et ai fiât sans en tenir anicnn propos , ai pris tous .» jdeuz pour ks retourner à k cour dndict âeur Hoy , pour » rendre ce compte d^iscelle , selon et aincy qu*îl est contenu » ci-dessus. Toutes lesquelles choses aincy par moi faites et » exploitées en présence dudiet Bourgogne , Hérault d'armes s dudiet sicuTi je certifie estre vrai et avoir esté par moi aincy » fiâtes ks jour et an que dessus. »
iSl^GUIENE.
« Et k 27 dudiet mds^ moi, hénsuk d^anaefr, estant » averti qœ kdkt sieur Chabot estoit au lieu de Saint-Ckud,
» me suis de rechef transporté audict lieu, suv Theure de » huit heures du malin , où j*ai trouvé iscelui Chabot à Tis- » sue de son logis, auquel y. en b présence d'Ânguien , » oonpagnoD^ .béranlt du fitie d'Orkaos, et «nnr piéseoté » mesme adresse audkt Chabot^ et parknt à sa personne, » lui ai dict et kit entendre que j^arek charge eipresse » de lui monstrer et signifier certain placet présenté audict » sieur jEloy par Jean de Vivone , touchant le difterend » d'honneur ma entp'eus^ il diot que j*estois k tièsr » bien Tenu, et jp€ je fisse oe qin n'esloit commandé de
» h part du ftoy onde son cûméà,^ et k rim«uit, tenant » ledict plaeet et ordonnance dans ma mam, après ki es » aTOÎP ùk lecture ensemble de ce placcl , et h diligence
9 (jlic j'avois faite , ci-dessus mentionnée , lai ai signifié les- » dicts placet et ordonnance , pour à isceux faire rcsponse , et » dire ce que bon semble i à qaoy ledict Cbabot m*a » dût et respondn^ qiie comme k tvès-humble et très«obâssant » semlenr du Roy, son souverain et naturel seigneur , 9 défibëreroit son entier exprès avccque lui, pour après avoir reçu cette response qu'il devoit en cette affaire , afin de saiisiaire à son bonoeur ef devoir , h. contentement et Tonlonté dudict sienr , auquel il esloit bien affectionné et obKgé> SemUablement qu'à llnlentbn de ses prédéoesseusi û ne ▼oudroît pas fiare moins pour son seigneui que s'il emplojoit non seulement ses biens, aussy sa personne et aussj son cœur j que pour son booneor , en seroit ce qui pbiroit au créateur en quelque sorte que ce £àt lui commandcTy m désirant tovjom frire leooimotln rhooaeur et noontlore qu*0 a reçus du feu Roy y son père , et de loi, jusques h la dernière gouU€ (k âon sang da vie : qu'il n'épargneroit rien pour faii e le devoir d'bomme de bien. Ex^ est la Toolonté dudict sieur, qu'ail dési<* roit sur toute chose accomplir ; cedict et fiât ^ après avoir nus et rédigé par escrit ce que dict est , et la response 9mef k mu fiJley hk lecture à la requeste dudict Chabot, en présence des sieurs de Changery, Laroche , Pouz^y,^ FoateneUe, maistre-d'hostel dudict feu Koji et de plusieurs anstres , j'ai ensemble laissé placet , ordonnance ^ exploit y dfligence frite andict fieu de limours pour trouver ledict Chabot , tontes les copies , selon et aîncy qu'elles sont ci-dessus transcrites ^ et lesquelles je certifie estre
4i8 HOTES.
» mifii f et aioey par moi esive fiâtes ^ ksdicrs jonr et air
le' procis-verbol est rapporté an conseil privé du Roy, Sa Majesté soéaote iscelui à S^-GermAn-eo-Laye , où asos-
lau nt plusicui's Princes , les sieurs Conneslable , maicchaux de France , et austres seigneurs et capitaines , non sans ad- Tisement de la précédente response du sieur de Jamac , laqueUe lue, anlcun du conseil inTitml à Toctroi du combat; mais le Roy, qui toujoars arott fiiTorisé La Chataîgneraye , fort de TopiDion de ceux qui y à les &îre combattre; tellement qu'il fut arreslé que les formes des patentes de , camp seroient expédiées , ce qui lut ùit comme s en suit.
« Henry , par la grâce de Dieu , Roy de France , à tous 9 ceux qui ces présentes yerrout, salut.
« Comme eî-devant , Jean de Vivonc , seigneur de La Cha-
» taigneraye, et Guy-Chabot, sieur de Montlieu , seroient
» entrés en diifêrend sur certaines paroles importantes et
» londiant grandement Tbonnenr de Pan et de Taustre $
» lequd difllirend a esté , par ordonnance , mis en défi-
V bération devant les Princes estant près de ma personne,
» et nos très-chers et très-amés cousins , les sieurs de
» Montmorency , Connes table ^ les sieurs de Sedan et Saint-
» André, maréchaux de France, et anatres seigneurs, cfae-
» Tafiersy capitaines, et grands perionnages, estant en mes
» suites, pour la justificalion de son bonnenr; lesquels ,
» après avoir tout considéré, nous ont fait entendre que
» la cause et le diiTércnd cstoient hors de preuve , au
» moyen de qaoj la vérité n*en peut être sans Tinnocence d*ui»
V jTenx ymiaÊé de son lionneur par les armes* 8çaT«îr faiscMis,
» que nous sommes protecteur des gentilshommes de nosUe » royaume ; désirant , pour celte cause , que les adverlis- « semcots dadict difi^end soyeut entendus à la décharge » d^iscdoî d'enbr'eax <|n*îl appartiendra $ et après ayoir
• pris sur ce Fadvis et conseil desdicis Prince» et personnes » âg^ ci-dessos , avons penms et oetroyé , permettons et n octroyons par ces présentes , voulons , et nous plaist , » pour vider entre iedict sieur de VÎTOoei comme attaquant » sur le dilGérend, qne dans quarante jours de la s%ni-
* fication de ces présentes, ib se tiennent en personne là » partout o£i nous serons , ponr là , en nostre présence oii » d'isccux. qu^à ce faire commettre , et se combattent Tua o et Taustre à toute outrance , en champ clos j et de faire » preuve de leurs personnes, Tun en monstre de Taustre » pour la satis&ctioii d'bceloi auquel la victoire demeurera , » sons peine d*estre représenté non noble , loi et sa pos- » tërité, à jamais privé de droits prédominants, privilesges » et prérogatives dont jouissent et ont accoustumé jouir les » nobles de nostre royaume. Mes présentes permission , » voubir et intention ils entretiennent , gardant et obscr- » vaut, frisant garder, entretenir et observer de point en » point f sans aucunement les frauder ; car s*il est nostre n plaisir : en témoignage de ce , nous avons signé ces pré- » sentes de nostre main, et à isoeUes mettre et apposer
nostre scd. •
o Donné à S'-Germain-en-Laye , le 2 1* jour de juin 1^7 , » et 4e npstre règne le premier. 9
ifi^iu^ HENRY.
Ct sur le repli :
Par le Kqy^
DE L AUBËSPm
« Suivttft le naiideiBeiit contenu clans cette présente d » iscelle délivrées à Bretagne, hérauli d'armes de France, n Û m'a lait la signification aa sieur de Jarnac ^ de La 1* Chalaigneraye , joint le proces-verbal de Inndî iS^ jonr « de juin 1347. En vertu de la patente de camp attachée n à moi. Bretagne, hérault-d^armes de trance ^ présent pour 9 signifier , aincy qu^il m^esl mandé, au sieur de La Cba- » laigneiaye et' à Guy-Cfaabot^ sieur de Blonlliea. Donné à » 'S'-Oerraain , le SI* jonr de ce mois» e^nt signé de k » DQain du Roy, et contre -signé sur le repli : par le Roy f 9 DE L'AtTBESPiME } ct scellée OU j^Bcard de cire rouge du 9 scd de France^ me suis uansporlé à la rue S'-Honoië, 9 oh |*ai trouvé le sieur de Mondieu en son logis , soconi' » pagné des capitaines Gese , Giroges , de Ben , Begnaud , » d'André^QauzaUy de Cosnacy auquel, en la présence 9 d^iscem , en padant à sa personne , lui ai signifié et la 9 ces présentes mot^-mot, suivant le contenu menlioniié » en îscelles ; et après lecture laite , et par lui enU;ndue , » m^a demandé : avez- vous étaustre chose à me dire? A 9 mesme instant lui ai baillé et dâiissé un carld et fiit p lecture d*iscelui à moi baillé par Jean de Yhrooe, sienr » de La Chataigneraye, qui m'a voit pris et requis bailler au- » dict Chabot, et qaû. n'entendoit plus d'y bailler dans » cette affiûre. Bien entendu par ledid Gbabot, m^a fiût 9 response : Je remercie le Boy trèS'-humMement de thoit n neur tjuil lui piaist me Jaïre ^ s'il faut que par une
» Tierce personne preweàu U ait esêé , jai présenté à Sa « Miqesté austre chose qui a déshonneur ttun homme de » bien, ce dont je me justifierai^ ni t^pargnerai ma vie ; 9 acceptant la patente et ie cartel du ban plaisir du Rciy, • aveeque mtentùm de ne mettre en rien pr^udice à mes » dft^ et thoses de querelles. Et à frit , la et * baSUé » copie de la piteiite , tanft foriginal que le cartely en cette » préscutc àigniiicalion , laquelle , et tout ce que dessus je » cci'tifid au Roy , mon souyerain seigneur , à messieurs » les Princes, messteors les Coniiestable , âlareschaïuc de » FniDce, et tuslres à ^ 3 apparliendra , aToir aincypar » moi esté fiûte en présence du héradt-d'amies de Picar- » die, Jean d'Encaile^ Clau^c-Morégie, et Guillaume de » Goslou, les jour et an que dessus. »
£t D*ajraDt ledict li^ult donné ronginal, ni les copies mendomiëes «i-deiras , j retoonie pour cet eifet comme il
appert.
«Et le lendemain, jour de mardi, en suivant à une heu« » après midi , me suis transporté par devant le sieur de Mont- 9 lien , auquel j'ai baillé et débissé Foriginal da cartel , et
» copie des patentes ci-dessus mentionnées ; ensemble mon » procès-verbal que le jour d'hier lui avois signilié , et isccUes » pièces rapportées pour en bke des copes ; ensemble mon » procès-verbal pour lui servir et vaknr, leqod sieur de j» Uontliea m*a respondu et fiût contestation que le tenu ne » courroit que de cette prtaeale heuie et jour. »
« Fait andîct jour et an comme dessus. »
i^i^ BRETAGISË.
422 KOTES.
Le cartel envoyé par La Chaimgneraye à Jar^ nac^ lors de la stgmjication des présentes.
«Guy- Chabot y je tous CQTOje la patente du camp^'iia ■» plu au Roj non* octroyer, dedans lequel je tenx veu » prover STecque le» armes offenâm qae tous me baHkr»)
» maii qu Viles soyent d'uti j^entilhomme d^honneur , que » vous m'avez dict que vous avez couché avecque vostre belk- »■ mère \ j^enteods que vous me liasiiea açavoir , dans quatre » jooss , à Paris , aux ToumeHes ^ où je serai , ou tout aiutre
» pour moi, de quoy je me dois pourvoir, en tëmoing de » -quoy la pi tsente de ma main ^ en présence de Monsei^petir » soussigné , le iS juin âM7* 9
£t plus bas est escrit : «certifié ce que dessus estre vrai^ • nous Fmiçoia de Lorraine , ayant esté présent à ce qse « dessus. 9
Le sieur de Jnmac , qui s^atlendoil que Vt^iportamlé de
faire ce qui est d\iQ défendeur, soutenani qu d avoit expressément option y exercice aux armes pour combattre à pied ou k cheval y estant à loi d*ra faire élection et forme , comme à FassaiHant de choisor le camp ; il fidt cette liste des armes qa'il envoya par Bretagne , hcrault d^armes du Roy ^ à La Chltaigoeraye*
a Jeao Vîvonc, pourvoyez-vous des armes que devez porter » au jour qui sera député, n
« i*. Pourvoye7-vous d'un coursier , d'un turc^ à^un genêt n et d'un courtauld. »
« Item^ pour armes de voslre coursier, d'mM scelle de » guerre, d'une scelle de iouste, et d'une scelle qui soit à deux
ÛMfiB de hant et Vwgùtm de devant ; nais qa'dk ait deux bourrelets denièie , et d^ine icdle qai n*ttl point dWçoa
derricrc. »
» Item , que les deux chemx sojent fonrnis des sceDes
spécifiées comme ron dit an davantage , une scelle à la gcnette et une h la cacimard , et le turc ; une scelle à la turcoise et une scelle k la trançoise» avecque deux doigts d'arçoa derrière y et Faroon bas devant »
u Item, que le courtauid ait davantage une scelle à la £»nçoise et une austre scelle sans arçoa derrière et sans hanches denière^ mais Tarçon devant aveeque la rencontre à demî-cnisse* •
a Item^ que lesdicti cbevaui se pussent armer avec cpie bardes d'armes de toutes pièces , comme féa/tfrein de £er , poitrine de fer , Jbucart de courpieds de fer , un cltamfrem atoumédefer. •
« Item^ que pour ks quatre cbevanx sojent pourvus d'armes de toutes pièces dVier et de bardes , de cdr et de
caparaçon de maille , et les reinieib couverts de lames , et les mettre en point comme si vouliez enti er au jour d'une bataille, et vous en pourvoyant avecque telles armes que vous pourrez combattre en jouste. »
« Item ) vous pourvoyez pour vous armes de toutes les pièces qu^il faut armer an homme d^armes, ans pièces doubles et simples des )omtes et sans jointes. »
a Item j d'un harnais à la J«gue de toutes pièces. •
« Item y de louiez âciic^ d armea de maille qui se peuvent porter. •
« Item» d'nofi ëpée^ d'une salade à la gotiette» »
« Ilem , d'un targle à l'al/ja/ioise et du bouclier ëtargé , » de toutes sortes que l ou se puisse aider à pied et k 9 cheval. »
a Item y de toutes sortes de gants de £er ^ de maille , de a lames d'acier. »
« Tant des doigts que du demeuiaiiL de la maiu , de
• prise et sans prise. »
« Item , de vos armes , vous et vos chevaux , de tontes
» sortes de façons qu'il est possible qui sont accoustumëes » en. guerre y }Ouste» en débat et en champ dos. »
« Item , des armes qui ne sont accoustumécs en guerre,
• en jouste , en débat et en champ clo$. Je les porteroi tou- » jours pour vous et pour moi , me réservant toujours de » croîsCre ou diminner ^ de clouer on desclGaer, d'ester oo » mettre dedans le camp à mon plaisir^ on de mettre et » chemise, ou mains , selon qu'il me semblera. Fait % *» Paris f le 16° jour de juin , Tan 1547. »
Ainsi Signé GUT-CHABOT.
%e hérault signifie cette liste avecque le procès-verbal.
t Âi^oardlnn 16 juin 1S47, estant en k v3Ie de Parts,
» à la requeste de Chabot, sieur de Montlieu , je Guiene , ■ hérauk-d'armes du Roy , me suis transporté par-devant -» et à la personne de Jean de Vivonei sienr de La Cha- » taîgneraye , kqud f ai trouvé en k nie S*-Ântoine ,
• en k maison Simone-des-Roches , veave de fen Jean Dea- « prés, vakt de chambre ^ en son vivant , du défiint Roy ,
KOTES. 4S5
• environ les sept heures du soir, avant le soleil couché, » mupû l'ai baillé les articles signés dndict Chabot , dont
• copie est eî-dessos eontemie , et colhtîoonëe par moi aa
» propre oiigiual , àuit tt entre où est détail ce dont Icdîct
» Vivooe se doit pourvoir , au jour députe pour combat-
» tre de difliérend entr'eaz, ainsj qti^il a' esté ordonné par
» le Roy; leqad VÎTone m^a fiât respoose de ses droits;
» il accepte le contenu des articles ci-dessus transcrits ,
» desquels lui eu ai fait lecture , ce , mot-à-mot , en présence
• de monseigneur , Baron de .Courton , et plusieurs ansires » genttlshoninies y et spécialement de Guillaanie Payen et » Jean Trouvé, notaires royaux , à Paris. Fait les jour et 9 an que dessus , par moi hérauU susdict Guiene, et lec-
• tore laite de la liste, La Chataigneraye dict : U veut a conéaUre mon esprit et ma bourse ! i
Après ce que dessus , et Tiusuiuation laite k Tassaillant et à TassailM, soivant les patentes de camp pour combattre le quatrième ]oar. Après la signification desquels iscdui estant jà espiré, restoit à prendre et & s^accorder austrc jour , ce qui fut fait au 10* juillet prochain. En ayant donc averti Charles-Chabot , père de Guy , et en sa résolotion de son fils, moostrant qu'il avoit plus son honneur en recommandation que sa propre vie , dit li un de ses amis : «• que son fils aîné n'eût pas accepté le combat ; qne
• sans avoir égard à son âge , lui-mcsme eut combattu sur » cette juste querelle* • Ce qui augmenta encore le courage du jeune Jamac, qui ne fiât &ate, comme aussy La Chauiigncra^'c, assaillant, monsieur le Connestablc d'Aumale et le jeane Jaruac , assailli , monsieur de Boissy y grandescttjer, aniiea de d'-Germain-en-Layey où le Roy estoit.
436 NOTEd.
le camp dressé près du Parc , suivant Tordre qu'il ayoît <8lé avisé ponr le combat por mesaeigiieurs les GonnestaUey >. Haresefaaai et Amiral de Fiance , qui ettoieiit avecque le Roy, qui ordonna qnMI seroit ouvert aux denx corabattanls iladict camp p<nu les hcTaults-d armcs , au matin , suile soleil levant , en présence de tous les assistants , ce <^ui Vcnsoit.
« Aujourd'hui dixième de ce préseut mois de juillet , le 1 RojTy mon souverain seigneur, ^ ]^ermb et octroyé ie camp » libre ponr k tonte outrance à Jean Yivone, sieur de » La Cbalaigneraje y assaillant, et \ Guy-Cbabot^ sienr de « Montfieu , défendant d*bonnenr , dontentr^eux est question : n par qtiov je fais sçavoir à tous et |ionr ceci qu'il n'ait à
• empèciier icû'et du présent combat, n^aide ou nuise à
• Vun ou à l'anstre des combattants , sous peine de la vie. »
Le ban et publication faits par le héraull Guiene, les ap- .prêts faits, advint l'assaillant de son logis, qui auroit esté •conduit par ion parrain et ceux de ta compagnie de trois cents hommes accousirés de ses couleurs , qui estoientUanc «t incarnat , jusqu'au camp , trompettes et tambouriers sonnants j lequel , après avoir honoré iscclui camp par dehors , iivoit esté rendi*e , en son pavillon lait et dressé près l i porte .par où il de voit entrer , qui estoit an cÀté droite duquel il ne seroit parti jusqu'à ce-qu^il entrât au camp.
C'est après avoir este aussy avertir l'assailli, ou défendant, "pni son parrain et ceux de sa compagnie qui estoient de six vingts hommes aocoustrés de blanc et noir; après avmr aossj bonoré le camp , pour le dehors , avoit esté advenu en soq pavillon dont i! ne seroit semblablement sorti , jusqu'à sou entrée dans le camp j et est ce fait avoir esté procédé pat