‹ Etude industrielle des alliages métalliques ... TexteChapitre 140 sur 460 · REFROIDISSEMENT · texte numérisé non relu

REFROIDISSEMENT

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Magnétisme. — Il a été fait d'importantes recherches sur le magnétisme des aciers au nickel.

. Nous citerons tout d'abord les célèbres recherches d'Hopkinson.

C'est ce savant qui montra pour la première fois l'existence de la transformation allotropique dans certains aciers au nickel.

Le 2 décembre 1889, il décrivait à la Société Royale de Londres les remarquables propriétés d'un acier à 25 0/0 de nickel qui avait été préparé aux usines de la Société Steel of

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(2 Températures Fie 95. — Magnétisme des aciers au nickel (Guillaume).

Scotland à Glascow, par Riley. Cet alliage était non magnétique à la température ordinaire; mais il devenait magnétique un peu au-dessous de 0° et très magnétique à la température de — 50°. De plus, lorsqu'on le ramenait h la température ordinaire, l'acier restait magnétique; il ne perdait son magnétisme qu'à une température de 580°.

En janvier 1890, Hopkinson montrait à la même Société savante que, à ces deux variations allotropiques, correspondent des résistances électriques et des propriétés mécaniques différentes.

M. Guillaume a, d'autre part, étudié la variation de l'effort d'arrachement d'un électro-aimant suspendu à un barreau d'acier au nickel réversible porté à des températures croissantes. L'effort, d'abord constant, décroît ensuite assoz

rapidement, et cela proportionnellement à la température.

Il atteint bientôt une valeur très faible et lend alors très lentement versO. On obtient une courbeanalogueàcelle de lafîgure 95.

M est le point de commencement de transformation; celle-ci n'est pas encore terminée en B.

En pratique, il y a perte de magnétisme en C, point où la ligne MB prolongée rencontre Taxe des x.

Les expériences de M. Guillaume, qui ont été poursuivies jusqu'à la température de 320° sur des aciers renfermant moins de 40 0/0 de nickel, ont montré que la température 0 définissant le point C est donnée par la formule :

n étant la proportion de nickel pour 100.

Cette formule ne s'applique, bien entendu, qu'aux alliages renfermant moins de 25 0/0 de nickel.

Dilatation. — M. Ch.-Ed. Guillaume a déterminé la variation de la dilatation avec le pourcentage en nickel. Ces recherches sont résumées dans le diagramme (fig. 96). Il n'est question que d'aciers peu carbures.

A partir de 28 0/0 de nickel et jusqu'à 45 0/0 de nickel, on

trouve une anomalie négative de dilatation dont le minimum a lieu entre 35 et 36 0/0 de nickel.

Etude chimique. — MM. Carnot et Goûtai ont montré que, dans l'attaque des aciers au nickel par le réactif cupropotassique neutre, le nickel disparaît. Le môme fait a été observé avec une série de réactifs. Le fer et le nickel entrent simultanément en solution aussi bien pour les aciers trempés que pour les aciers refroidis. Le nickel semble donc se trouver à l'état de dissolution ou de mélange et non pas à l'état d'alliage défini.

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Fig. 96. — Dilatations des aciers au nickel

(Guillaume).

Propriétés mécaniques. — Nous verrons plus loin, lorsque nous étudierons les propriétés des aciers au nickel, que leurs propriétés mécaniques éprouvent des changements brusques correspondant nettement aux transformations indiquées par la microstructure.

Étude industrielle. — Fabrication. — La fabrication des aciers au nickel se fait soit au four Martin, soit au four à creuset. La matière première est le nickel métallique ou des déchets d'acier au nickel.

Cette fabrication comporte quelques difficultés ; il est vrai que le nickel ne se perd pas; mais l'appréciation de la teneur en carbone au moyen d'éprouvettes prélevées suivant les méthodes ordinaires est extrêmement délicate et demande une véritable éducation, et cela pour chaque teneur en nickel.

On prépare des aciers h toutes teneurs en nickel depuis 0,5 et 1 0/0 de nickel jusqu'à 36 (acier invar d'Imphy) et 46 à o0 0/0 (acier platinite d'Imphy). Certaines usines font môme des produits renfermant 90 à 92 0/0 de nickel.

Propriétés mécaniques. — Les propriétés des aciers au nickel ont été étudiées par un grand nombre de métallurgistes. Rappelons notamment les études deMM. Hadfield, Dumas, etc., sur les propriétés mécaniques.

Nous résumerons rapidement les recherches que nous avons faites et dans lesquelles nous avons utilisé des essais à la traction, au choc (méthode de Frémont) et à la dureté (méthode deBrinell).

Les résultats obtenus sont résumés dans les diagrammes des figures 97, 98, 99, 100 et 101. Les essais à la traction montrent que tout d'abord la charge de rupture et la limite d'élasticité vont en augmentant petit à petit, tandis que les allongements et les strictions décroissent peu à peu. Puis subitement la charge de rupture et la limite d'élasticité atteignent des valeurs extrêmement élevées que Ton rencontre à peine dans les aciers au carbone riches en cet élément et trempés ; par contre, les allongements et les strictions sont extrêmement faibles et

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Nickel

Aciers a 0,120 Carbone

vs

Nictel

Aciers à 0.25O Carbone

Aciers a 0.800 Carbone R £ L A%

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même nuls. Ces différentes caractéristiques se maintiennent ainsi entre certaines teneurs en nickel; puis, subitement encore, cette teneur allant en augmentant, lésailongemen ts et les strictions reprennent une valeur élevée, alors que la limite d'élasticité et la charge de rupture s'abaissent considérablement.

Trois groupes s'imposent :

Le premier, dans lequel les valeurs de la résistance à la rupture, etc., sont voisines de celles des aciers au carbone, bien qu'un peu supérieures;

Le deuxième, pour lequel les

Fig. 97, 98 et 99. — Essais à la traction sur les aciers au nickel normaux.

caractéristiques trouvées sont sensiblement les mêmes que

10 1Z Aciers an nickel bruts de forge

.Aciers a 0.800 G AaçrsâO.fcSOO *..__AckrsàOiaGC

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Fig. 100. — Essais au choc (méthode F rémont) sur les aciers au nickel.

Nickel?»

Aciers au mckel'bruls de forge

.AciersaOSQOC AcicrsâQZSQC Aciers à OlfcOO

Pig. 101. — Essais à la dureté (méthode Brinell) sur les aciers au nickel.

pour les aciers ordinaires à 0,850 0/0 C, trempés, cependant, avec une amplification plus ou moins grande ;

Le troisième, qui correspond à des propriétés toutes nouvelles rapprochant ces aciers de certains métaux, tels que le cuivre, le nickel, etc.

En faisant varier la teneur en carbone dans diverses séries, on retombe toujours exactement sur la classification précédente.

Enfin, dans l'étude de la dureté et de la fragilité (fig. 100 et 101 ) de ces mêmes aciers, on retrouve encore les trois groupes déjà indiqués, la dureté et la fragilité atteignant leur maximum pour les aciers à martensite pure.

Nous ajouterons encore quelques remarques.

Le maximum-de dureté dépend de la somme C + Ni ; il est atteint pour une dose de nickel d'autant plus faible qu'il y a plus de carbone.

Mais le point certainement le plus intéressant à signaler est le suivant: les aciers austénitiques ne sont pas fragiles, même lorsqu'ils contiennent de grandes quantités de carbone.

C'est ainsi que les aciers à 25 et 30 0/0 de nickel et contenant 0,800 de carbone donnent de 35 à 40 kilogrammes à l'appareil de M. Frémont.

Parmi les propriétés des aciers au nickel autres que les propriétés mécaniques, nous citerons la grande résistance qu'opposent à l'oxydation les alliages renfermant plus de 30 0/0 de nickel et la dilatation extrêmement faible qu'éprouvent les aciers renfermant aux environs de 36 0/0 de nickel.

Influence des traitements (Album , PL XI à XII). — Trempe. — M. Dumas, envisageant l'influence de la trempe sur la position des points de transformation des aciers au nickel proprement dits, arrive aux conclusions suivantes : de 0 à 21 0/0 de nickel la trempe n'a pas d'effet sur les points critiques. De 21 à 27 0/0 il y a un relèvement notable du point de transformation à réchauffement et relèvement considérable du point de transformation au refroidissement. De 27 à 29 0/0 on note un relèvement notable du point de transformation à réchauffement et relèvement très considérable du point de transformation au refroidissement.

Pour les teneurs en nickel supérieures à 31 0/0, les points de transformation, qui, on le sait, sont très rapprochés, se trouvent légèrement abaissés. Du fait que la trempe relève les points de transformation, certains aciers non magnétiques à la température ordinaire peuvent devenir magnétiques après trempe.

Voici le résumé très succinct des expériences que nous avons faites sur ce sujet :

1° Lorsque l'on Irempe des aciers au nickel sans les avoir portés à une température supérieure au point de transformation à réchauffement, il n'y a aucun changement dans la mi- ' crostructure ;

2° Les aciers portés à une température supérieure au point de transformation h réchauffement subissent les mômes transformations, qu'ils soient trempés à cette température ou au cours du refroidissement avant d'avoir atteint le point de transformation au refroidissement. Ces faits étaient d'ailleurs faciles à prévoir.

Dans ces derniers cas, on obtient les résultats suivants au point de vue micrographique :

1° Les aciers perlittques subissent les mômes transformations que les aciers au carbone.

On trouve de la martensite après trempe ;

2° Les aciers martensitiques montrent une tendance à la structure polyédrique. Une partie du fer doit passer à l'état y, (PI. XI, Phot. 43) ;

3° Les aciers polyédriques présentent deux cas: les premiers aciers de cette classe subissent une transformation très nette, caractérisée par des cristaux en fers de lance rappelant ceux obtenus par une trempe vive dans les aciers à teneur élevée en carbone (PI. XI, Phot. 44).

Pour les aciers plus riches en nickel, la trempe n'a plus aucune influence sensible sur le point de transformation. La structure reste toujours polyédrique ; mais les cristaux paraissent plus déliés.

Au point de vue mécanique, la trempe augmente, bien entendu, la charge de rupture et la limite élastique pour les

aciers du premier groupe. Le môme fail est à noter sur les premiers aciers du second groupe ; ceci s'explique d'ailleurs très aisément; avant trempe ces aciers sont formés de fer a -|- martensite ; après trempe, de martensite pure.

Les aciers du second groupe, plus riches en nickel, ne sont pas transformés par trempe.

Les plus riches en nickel sont cependant adoucis; ils renferment, après trempe, un peu de fer y.

Quant aux aciers du troisième groupe, ils sont généralement un peu adoucis par trempe. Exception faite toutefois, pour les premiers aciers de ce groupe, qui sont transformés par trempe et donnent alors une plus forte charge de rupture et une limite élastique plus élevée qu'avant le traitement.

La trempe n'a généralement pas d'influence sensible sur la fragilité et la dureté, à l'exception cependant des aciers perlitiques qui subissent sensiblement les mêmes transformations que les aciers au carbone ordinaires et les premiers aciers à fer 7 qui sont légèrement martensitiques après trempe.

Il faut toutefois bien noter (et nous tenons à insister sur ce point) que l'élément nickel1 intervient dans les propriétés de la martensite. En effet, si l'on considère des aciers à 0,120 0/0 de carbone renfermant de 0 à 10 0/0 de nickel, lesquels sont formés de perlite, si on les trempe h température élevée de façon à produire de la martensite et si on les essaie ensuite à la fragilité, on trouve que celle-ci est bien supérieure à celle des aciers à même dose de carbone trempés, lesquels pour 0,120 0/OC donnent environ 36 à 40 kilogrammes et que, de plus, cette fragilité est en quelque sorte proportionnelle à la quantité de nickel contenu. D'autre part, si Ton considère les aciers renfermant 0,120 0/0 de carbone et de 10 à 25 0/0 de nickel, on voit qu'ils sont tous très fragiles ; ils sont martensitiques ; mais les aciers à 0,120 0/0 de carbone et ne renfermant pas de nickel ne sont nullement fragiles après trempe.

i. Il en est de même pour le manganèse, le chrome, le tungstène, etc.

Les différents éléments interviennent pour donner des qualités diverses à la solution solide qu'est la martensite.

Recuit. — M. Dumas a montré que le recuit a des effets analogues à la trempe; il tend à diminuer l'hystérésis, c'està-dire que, après le recuit, la distance séparant les deux points de transformation (échauffement et refroidissement) lend à devenir moindre.

Ceci indique que par le recuit comme par la trempé les aciers ayant des points de transformation voisins de la température ordinaire peuvent de non magnétiques devenir magnétiques.

Les premiers aciers polyédriques seuls sont atteints par le recuit au point de vue microstructure; ils donnent des fers de lance semblables à ceux obtenus dans la trempe (PI. XII, Phot. 45 et 46).

Mais le recuit atteint des aciers à plus forte teneur en nickel que la trempe.

Écrouissage. — Dès les premiers jours où Ton a utilisé des aciers au nickel non magnétiques, on s'est aperçu que Ton obtenait des copeaux magnétiques.

M. Dumas a montré qu'en effet l'écrouissage a sur ces aciers même effet que la trempe.

Partant de ce principe, nous devions donc trouver que les premiers aciers polyédriques, ayant leur point de transformation au refroidissement voisin de la température ordinaire, subissent, du fait de l'écrouissage, d'importants changements dans leur microstructure. Les résultats que nous avons obtenus sont certainement remarquables de netteté. Dans ces expériences, nous avons utilisé des aciers ayant pour composition:

Ni 25 0.0

et

Ni 150,0

Tout d'abord, nous avons noté que la structure est nette-

ment à fers de lance après l'écrouissage ; toutefois, quelques polyèdres subsistent.

De plus, les points les plus intéressants sont les suivants :

1° Plus l'écrouissage est prononcé, plus il y a de fers de lance et plus aussi l'acier est facile à attirer à l'aimaot ;

2° Le premier effet de l'écrouissage est d'accentuer en quelque, sorte les plans de clivage qui sont indiqués dans chaque polyèdre, et il semble s'effectuer une séparation suivant ces différents plans.

Un fait analogue a élé signalé par M. Charpy pour les laitons. Il paraît bien que c'est là le premier temps de la transformation de l'austenile enfer de lance.

En effet le développement des fers de lance se limite ncltement aux bords du polyèdre (Voir les photographies 47 et 48, PI. XII). Sur Tune des photographies, les différents fers de lance sont limités à Tune des lignes du polygone à un point tel que Ton croirait que la moitié de la figure a été cachée pour être photographiée.

D'autre part, les plans de clivage paraissent quelquefois se briser et donner des fers de lance.

Refroidissement. — Les travaux de MM. Hopkinson, Dewar, Fleming, Osmond et Dumas ont montré que certains aciers au nickel sont transformés par refroidissement. Ils voient par ce traitement augmenter considérablement leur limite élastique et leur charge de rupture, tandis que leurs allongements diminuent non moins nettement.

M. Dumas conclut : « Tous les échantillons transformés accusent les propriétés mécaniques caractéristiques des aciers dont le point de transformation irréversible au refroidissement est situé au-dessus de la température ordinaire.»

Nous avons étudié l'influence de températures de plus en plus basses jusqu'à environ — 180° (air liquide) sur les aciers au nickel. Seuls les premiers aciers polyédriques sont alteints dans leur microstructure. De polyédriques ils deviennent martensitiques et montrent des fers de lance d'autant plus abon-

dants, du moins jusqu'à une certaine limite, que le refroidissement a été plus important (Phot. 49 et 50, PI. XIII).

Il est à remarquer d'ailleurs — - et ce fait a été signalé pour la première fois par M. Osmond qui Ta décrit dans le Metallographist (en octobre 1899) — que, si Ton trempe dans le bain une surface préalablement polie, on obtient une vue très nette au microscope, et cela sans aucune attaque; la transformation se fait avec augmentation de volume (Phot. 51, PL XIII).

Enfin il faut une température d'autant plus basse pour amener un commencement de transformation que l'acier renferme plus de nickel (Phot. 52, PL XIII).

Cémentation. — Les résultats obtenus par la cémentation des aciers au nickel découlent très nettement du diagramme que nous avons exposé plus haut. Mais il ne faut pas oublier que, pendant la cémentation, il se fait un véritable recuit qui peut, dans certains cas, avoir des influences très spéciales, ainsi que nous l'avons dit.

Lorsque l'acier cémenté (toujours à faible teneur en carbone, 0,120 environ) renferme peu de nickel, on obtient les mêmes résultats que dans les aciers au carbone ordinaire, c'est-à-dire que le bord est perlitique et renferme de la cémentite, si la cémentation est assez importante.

Lorsque la teneur en nickel est plus élevée aux environs de 7 0/0, l'âme est perlitique, le bord est martensitique.

Nous donnerons plus loin quelques détails sur ce point particulièrement intéressant.

Pour une teneur en nickel plus grande, 15 0/0 par exemple, on rencontre au centre de la martensite, plus loin de la martensite, et du fer y aux bords des polyèdres.

Enfin, avec des pourcentages très élevés en nickel, tels que 40 0/0, on ne trouve toujours que du fer y.

Mais, si l'on utilise un acier qui, par simple recuit, devient martensitique, par exemple un acier à 30 0/0 de nickel, l'âme, qui était d'abord polyédrique, devient martensitique par le recuit qui s'opère pendant la cémentation.

Utilisations. — Première classe : Aciers perlitiques. — Ces aciers ont une charge de rupture d'autant supérieure à celle d'un acier ordinaire à même teneur en carbone que leur teneur en nickel est plus élevée; mais la différence ne dépasse guère 10 kilogrammes au maximum. Il en est de même de la limite élastique. Les allongements et les strictions ne présentent pas grande variation.

La résistance au choc est relativement très élevée; les aciers renfermant de 0,100 à 0,200 0/0 de carbone nous ont toujours donné de 30 à 40 kilogrammes.

Enfin, la dureté semble croître, mais très légèrement, avec la dose de nickel.

Deuxième classe : Aciers martensitiqttes. — Ces aciers sont caractérisés par :

1° Leur haute charge de rupture (elle peut atteindre 170 kilogrammes par millimètre carré) ;

2° Leur limite élastique élevée (80 à 100 kilogrammes par millimètre carré) ;

3° Leurs faibles allongements et striction ;

4° Leur résistance moyenne au choc ;

5° Leur grande dureté.

Notre attention a été particulièrement attirée sur la résistance moyenne au choc de ces aciers. En effet, certains de ces aciers donnent de 5 à 7 kilogrammes. Il est, de plus, à remarquer que ce ne sont pas les aciers les plus riches en carbone qui donnent la plus haute résistance à la rupture. C'est ainsi qu'un acier renfermant 0,250 C et 12 0/0 Ni nous a donné R = 150 kilogrammes, tandis qu'un acier renfermant 0,800 C et 10 0/0 Ni a donné R = 105 kilogrammes.

Troisième classe : Aciers polyédriques. — Ces aciers sont caractérisés, comme Ta démontré la remarquable étude de M. Dumas, par :

1° Une charge de rupture et une limite élastique moyennes;

2° De très grands allongements et de très belles strictions;

3° Une résistance au choc remarquable, qui dépasse même parfois 40 kilogrammes;

4* Une dureté peu élevée.

Il est à remarquer que ces propriétés sont sensiblement constantes, et cela quelles que soient la teneur en carbone et la teneur en nickel.

Nous tenons à développer de suite l'intéressante application que présentent certains aciers au nickel autres que le 2 0/0 au point de vue cémentation.

Si nous nous reportons au diagramme que nous avons établi pour ces aciers, nous voyons qu'un acier à 2 0/0 de nickel cémenté de façon que le bord contienne environ 1 0/0 de carbone sera perlitique; mais que, si nous arrivons à 7 0/0 de nickel, le bord de l'acier sera martensitique, tandis que l'âme reste perlitique.

Examinons de suite l'intérêt industriel que présente cette question. On sait que la martensite est le constituant des aciers trempés.

Si donc on prend une pièce faite en acier à 7 0/0 de nickel et si on la cémente de façon que la couche extérieure ait une teneur en carbone d'environ 1 0/0, on aura facilement une pièce dont l'âme sera perlitique et dont les bords seront martensitiques.

En un mot, la périphérie aura même constitution que si l'acieravaitété trempé, tandis que l'àme est encore perlitique.

Donc, si Ton cémente convenablement une pièce faite en acier extra-doux à 7 0/0 de nickel, on lui communique sensiblement les mêmes propriétés que si elle avait été cémentée, puis trempée.

Je n'insisterai pas, ici, sur la grande importance de ce procédé qui est, en France comme h l'étranger, la propriété des usines de Dion-Bouton. En prenant les précautions voulues, notamment en avant soin de faire un refroidissement aussi lent que possible des pièces cémentées, on arrive à supprimer toutes les opérations qui accompagnent la trempe, telles que le redressement, la rectiGcation, etc.

Supposons maintenant que cet acier extra-doux à 7 0/0 de nickel soit cémenté plus profondément, de façon, par exemple,

que la périphérie soit à 1,50 0/0 de carbone, et suivons sur le diagramme ce que nous devons avoir; nous trouverons toujours au centre de la perlite, puis, plus loin, de la martensite mélangée tout d abord de fera; cette martensite deviendra compacte, puis sera mélangée d'un peu de fer y; enfin, on trouvera du fer y pur.

Si nous examinons chaque zone au point de vue mécanique, nous voyons que le centre à perlite ne sera pas fragile, la couche martensitique aura une très grande dureté, et enfin la surface présentera une qualité particulièrement précieuse, celle de se polir avec une grande facilité, et cela sans usure.

Nous avons pensé que cet autre mode de cémentation pourrait être mis au point, industriellement parlant, et nous avons entrepris dans ce sens d'importantes expériences sur des pièces soumises au frottement. Elles ne sont pas encore assez avancées pour que nous puissions en rendre compte.

En résumé, l'étude de la cémentation des aciers au nickel nous a conduit à un procédé industriel de préparation de pièces qui, par simple cémentation, acquièrent des propriétés particulièrement précieuses.

Les types d'aciers au nickel actuellement les plus usitéssont les suivants :

Ni 2à 3

Cet acier utilisé pour les pièces cémentées-trempées donne

recuit :

Il est utilisé aussi en Amérique pour les tubes sans soudure.

Ni i à 2,5

Cet acier constitue le métal à canons actuel.

Il donne après recuit à 900° :

Après trempe au rouge cerise et recuit à 500° :

Cet acier est très répandu dans la construction, notamment pour les tôles, les rivets, les pièces embouties, les pièces de forge, les arbres coudés, les arbres de machines, les arbres de transmission fatigués, etc.

Ni 3,25 à 3,50

utilisé pour les tôles de chaudières, tôles de roues.

utilisé pour les bandages de roues. — Avec un peu moins de carbone (0,400 environ), il est essayé pour les rails en Amérique.

Ni 5à6

Cet acier est utilisé pour la cémentation suivie de trempe. II offre une âme encore plus rigide que l'acier à 20/0 de nickel. Il donne :

Ni 5à6

Très utilisé dans les constructions mécaniques pour arbres, tiges de pistons, fusées, essieux.

Cet acier donne, recuit :

Ni 7à8

Cet acier, qui, nous l'avons dit, relève d'une étude que nous avons faite sur la cémentation, permet d'obtenir, par simple cémentation, les mêmes résultats que par cémentation suivie de trempe.

Il donne :

Ni 12

Cet acier, qui est martensitique, possède par lui-même de très hautes charge de rupture et limite élastique. 11 présente le grave inconvénient d'être très difficile à travailler et surtout à forger. Cependant un recuit prolongé à 550° l'adoucit un peu.

Il donne à l'état recuit :

Il a été employé pour des arbres et est presque abandonné à l'heure actuelle. Il en est de même de certains aciers à 15 ou 17 0/0 de nickel.

Ni 25 à 30

Cet acier présente tous les avantages et aussi les inconvé-

nients des aciers à fer y- C'est dire qu'il a une faible limite élastique et qu'il est difficile à travailler. Ses caractéristiques sont à l'état recuit :

11 est adouci par la trempe. Il faut noter cependant que cet acier est assez près de la limite du deuxième groupe et peut, par conséquent, subir quelque transformation.

Ni 30à32

Il donne :

Il 70à85

AO'O 40 à 30

Employé surtout pour les soupapes d'automobiles. Essayé actuellement pour la fabrication des tubes sans soudure. Cet acier résiste bien à l'oxydation.

Ni 25 0/0

C'est le ferronickel employé surtout dans la construction dos rhéostats, sa résistance électrique étant dix fois celle du fer.

12° C 0.200 environ

Ni 36

C'est Y invar (invariable) de M. Guillaume. Il donne :

43° C 0,150 environ

Ni 46

C'est le platinite de M. Guillaume.

Il donne :

Au sujet des nombreuses applications de ces deux derniers aciers, nous renverrons au livre que vient de publier M. Guillaume1.

Nous dirons cependant que ces alliages offrent un intérêt tout spécial dans les applications suivantes :

1° Pour l'invar :

Chronométrie ;

Géodésie ;

Construction des appareils de précision;

Établissement de transmissions indéréglables (notamment la commande des signaux avancés des grandes gares) ;

2° Pour le platinite :

Construction des lampes à incandescence où cet alliage remplace le platine; d'où son nom.

Pour terminer, nous donnerons quelques renseignements industriels sur ces aciers et leurs traitements.

Ces tableaux sont tirés de diverses notices publiées par les principales aciéries.

i. Application scientifique des Aciers au nickel, chez Gauthier- Villars.

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