DENSITÉ THÉORIQUE
Ai*sn ;
L'oxygène agit facilement sur ces deux combinaisons lorsqu'elles sont portées vers 300 à 500°; la surface se recouvre d'une couche d'oxydes.
i. Si Ton prolongeait trop le chauffage, la réaction aurait lieu dans le four môme. —Cet accident nous est arrivé à plusieurs reprises et a occasionné de nombreux dégâts.
L'eau les attaque dans les mêmes conditions.
L'acide sulfurique dilué ne donne rien à froid ; mais, à l'ébullition, il a une action, faible audébut, maisqui devient de plus en plus vive. L'acide concentré produit une attaque violente. L'acide chlorhydrique, même dilué, donne une réaction très nette. Quant à l'acide azotique, à froid, il agit très vivement sur les deux combinaisons; maisles grains se recouvrent d'une couche de bioxyde d'étain, et l'action n'est jamais complète. C'est pourquoi le mode de dosage consistant à transformer l'étain en acide stannique ne peut être utilisé ici. L'eau régale, riche en acide chlorhydrique, produit une dissolution rapide et complète des deux produits. Si l'eau régale est riche en acide azotique, l'attaque est incomplète, comme pour ce dernier produit.
La potasse concentrée donne lieu à une réaction vive.
Le chlore produit une décomposition rapide vers 200 à 250°, en donnant du tétrachlorure d'étain et du chlorure d'aluminium.
Métallographie, — Le composé SnAl a pu être observé, bien que le polissage ait été d'une extrême difficulté.
L'attaque électrolytique par l'hyposulfitede soude en liqueur étendue montre de nombreux cristaux se détachant en blanc sur fond noir.
Quant au composé SnAl4, il n'a pu être observé directement; nous avons essayé de reproduire cet alliage par union directe d'étain et d'aluminium. Nous n'avons obtenu qu'un photogramme se rapprochant de celui de SnAl.
D'autre part, en superposant de l'étain et de l'aluminium fondu et en les laissant diffuser l'un dans l'autre, nous n'avons obtenu qu'une image semblable à celle de SnAl.
Ceci tendrait à prouver que :
Ou SnAl4 a mOme photogramme que SnAl;
Ou SnAl4 ne se forme pas lorsque l'on fond ensemble de l'étain et de l'aluminium.
Autres recherches. — M. Shepherd a repris tout dernièrement l'élude de ces alliages (Pht/sical Chemistry, XIII, 1904) et
conclut que : 1° le minimum de la courbe de fusibilité n'a pas lieu ; 2° les composés AlSn et Al*Sn n'existent pas; mais que l'analyse met en évidence l'existence d'une solution solide contenant environ 20 0/0 d'étain.
Dans une note présentée h l'Institut, le 9 mai 1904, par M. Violle, M. Pécheux expose une propriété curieuse de ces alliages.
« En plongeant dans l'eau distillée froide à 13° une baguette d'alliage étain-alu minium dont on vient de limer la surface pour lui donner plus de poli, cette baguette ayant été coulée, auparavant, dans une lingotière en sable grasd'étuvc, on obtient un abondant dégagement de gaz autour de la partie limée de la baguette. Le dégagement dure d'autant plus longtemps que l'usure à la lime est plus longue ; il s'arrête au bout de deux à trois minutes.
« Ce phénomène est obtenu avec l'un ou l'autre des quatre alliages non cristallisables : Sn5Al, Sn*Al, Sn2Al, SnAR
« L'analyse des gaz recueillis montre qu'ils sont formés d'oxygène et d'hydrogène dans la proportion du mélange détonant.
« Une baguette de l'un des métaux composants ne donne lieu à aucun phénomène de ce genre, après qu'on l'a ou chauffée ou limée.
« Une baguette d'alliage non limée et chauffée à une température voisine de celle que produit le limage est sans action.
« Considérant que la surface des baguettes, par suite du refroidissement brusque dans les moules légèrement humides, a dû être soumise à la trempe, qui a pu produire une véritable combinaison de l'étainet de l'aluminium, nous concluons que :
« Les alliages étain-aluminium ne doivent être formés, sauf à la surface trempée, que par la juxtaposition des molécules des deux métaux ; l'immersion d'une baguette limée, dans l'eau froide, doit mettre, au contact de cette eau, comme une série de petits éléments thermo-électriques étain-aluminium, qui la décomposent immédiatement; car les molécules d'étain et celles d'aluminum, en raison de leur différence très sensible
de chaleurs spécifiques (aluminium : 0ca,,218; étain : 0ea,,0562), ne sont pas à la même température (ces molécules étant chauffées par le frottement de la lime) ; d'où naissance d'une force électromotrice qui s'annule quand les températures des deux . sortes de molécules s'égalisent par le contact prolongé avec Peau froide.
« L'eau distillée à l'ébullilion est décomposée par une baguette d'étain-aluminium non usée à la lime, comme si le recuit qui se produit détruisait la combinaison des métaux à la surface.
« Si l'on plonge une baguette limée dans la solution légèrement acidulée de sulfate de cuivre, il se dégage des bulles d'oxygène et le cuivre se dépose sur la baguette non limée; une baguette d'étain ou d'aluminium précipite le cuivre du sulfate ; mais il ne se dégage pas de gaz.
« Le sulfate de zinc, de formation plus exothermique, se comporte de même que le sulfate de cuivre, le dégagement d'oxygène étant moins actif. »
Étude industrielle. — L'utilisation des alliages aluminiumétain a été étudiée par Bourbouze, qui, dès le 25 juillet 1884, présenta à la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale un alliage renfermant :