ALLIAGES DE MERCURE I AMALGAMES
Il s'obtient d'ailleurs à chaque fois que Ton filtre par pression dans une peau de chamois un amalgame quelconque d'argent.
On sait que l'arbre de Diane Hg^Ag s'obtient par réaction du mercure sur une dissolution d'un sel d'argent.
Il suffit de mettre un peu de mercure au fond d'un récipient contenant une solution étendue de nitrate d'argent : le mercure précipite l'argent, celui-ci s'allie au mercure et donne des arborescences superbes.
Il est bon également de rappeler que, parmi les minerais d'argent, il existe des amalgames, tels que YArquérite, le mercure argental.
Utilisation. — La seule application réelle des amalgames d'argent se trouve dans l'argenture. Une fois la glace argentée, on fait agir une solution de cyanure double de potassium et de mercure. Il se forme alors un amalgame d'argent qui, très brillant par lui-même, adhère fortement au verre. Toutefois, la formation de l'amalgame par ce procédé, dû à M. Petitjean, est fort irrégulière.
D'après M. Léon de Mortillet, ingénieur des Arts et Manufactures1, M. Lenoir y a apporté le perfectionnement suivant :
« On saupoudre la glace, au moment où elle est recouverte de la solution mercurielle, de zinc en poudre très fine qui précipite le mercure et régularise l'amalgamation. »
D'autre part, il est bon de rappeler que le traitement des minerais d'argent, de teneur peu élevée en ce métal, est basé sur l'emploi du mercure et la formation de l'amalgame, soit pour réduire le chlorure d'argent (procédé américain), soit pour concentrer l'argent (méthode de Freiberg)
Amalgames d'or. — Fabrication. — Ces alliages se préparent par l'action du mercure sur l'or très divisé à la température d'environ 350°.
Ceux de ces alliages qui renferment moins de 10 0/0 d'or sont liquides.
i. Les Amalgames et leurs applications, par Léon de Mortillet (Librairie Bernard-Tignol).
Ceux qui en contiennent plus de 15 0/0 sont solides. Entre 10 et 15 0/0 d'or, ces alliages sont pâteux.
Lorsqu'on laisse refroidir une solution d'or dans le mercure faite aune température voisine du point d'ébullition de ce métal, il se sépare des lamelles qui ont pour formule :
Hg'Au.
Sous une forte pression, ce composé se dédouble d'ailleurs, à la température ordinaire, en mercure et en un nouvel amalgame de formule :
HgAu2
Utilisations. — La métallurgie de l'or (traitement des sables aurifères, traitement des minerais aux broyeurs, bocards, amalgamateurs, etc..) utilise les amalgames d'or qui ont trouvé une application importante dans la dorure au mercure, procédé qui est presque abandonné à l'heure actuelle. Il était utilisé pour dorer l'argent, le cuivre et ses alliages. Il consistait essentiellement à. faire agir sur la surface bien décapée du métal un amalgame ayant la composition suivante :
Hg 1 partie
Au 2 parties
On chauffait ensuite à. une température suffisamment élevée pour chasser tout le mercure. Il ne faut pas oublier, en effet, que tous les amalgames d'or et d'argent se décomposent en or ou argent et mercure sous l'action de la chaleur.
Amalgames complexes. — L'industrie utilise quelques amalgames plus complexes que ceux que nous venons d'étudier.
Nous avons déjà cité des alliages quaternaires utilisés pour l'étamage du verre, qui sont d'un prix moins élevé que l'amalgame de bismuth.
Un autre alliage, qui s'en rapproche, a la composition suivante :
Hg 9
Bi 45
Pb 28
Sn 18
ALLIAGES DE MERCURE l AMALGAMES 993
Il fond à 77°,5et reste pâteux jusque 60°.
Il est employé pour l'injection des pièces anatomiques.
Il en est de même du suivant, qui fond à 40° :
Hg 10
Alliage de Darcet 90
On sait que l'alliage de Darcet, qui fond à 93°, est formé de :
Bi 50
Pb 25
Sn 25
Pour garnir les coussinets des machines électriques à frottement, on utilise l'amalgame suivant :
Hg 50
Parfois on ajoute de petites quantités de plomb, au maximum 0,25 0/0, au mercure employé dans la construction des baromètres et thermomètres; on a moins à craindre la formation de globules sur le verre.
Ilnous fautencore citer l'emploi d'amalgames comme alliages très fusibles, notamment ceux contenant du cadmium.
En terminant, nous devons citer l'application qu'a su faire l'industrie électrochimique des amalgames de métaux alcalins pour la fabrication de la soude et de la potasse (procédés dits au mercure).