ALLIAGES D'ARGENT ET D' ET AIN
Étude théorique. — Courbe de fusibilité. — Cette courbe, déterminée par M. Henri Gautier, se compose de deux branches dont la rencontre indique un eutectique fondant à 221° et correspondant à une teneur d environ 5 0/0 d'argent. La seconde branche a une allure ondulée qui fait croire à l'existence d'une combinaison de deux métaux isomorphes avec l'argent; elle présente deux points d'inflexion qui correspondent aux alliages renfermant 40 et 70 0/0 d'argent [fig. 207).
Métallographie. — M. Behrens a étudié ces alliages par micrographie ; d'après ce savant, les alliages Ag6Sn, Ag4Sn, Ag3Sn et Àg2Sn sont homogènes, et il conclut à une série de combinaisons d'argent et d'étain. Rien ne prouve que ce ne soit pas des solutions solides.
M. Charpy a repris l'étude de ces composés (Contribution à V étude des alliages, Société d'Eucouragement, p. 153). 11 a
Ail *9
fait d'abord remarquer très justement que le fait de donner par fusion des cristaux bien nets, fait sur lequel s'appuyait M. Behrens, ne paraît pas suffisant pour caractériser un composé défini.
L'alliage contenant 10 0/0 d'argent montre, par simple polissage, des cristaux durs englobés dans l'alliage eutectique.
Une attaque à l'acide chlorhydrique très étendu accentue nettement cette structure et permet de distinguer dans l'alliage eutectique des traînées cristallines très fines, non attaquées et qui paraissent identiques aux cristaux isolés.
Quand on augmente la proportion d'argent, on voit le nombre de ces cristaux augmenter ; dans l'alliage à 30 0/0 environ, ils sont agglomérés en dendrites ; dans l'alliage à 50 0/0 d'argent, le corps dur se présente sous forme de cristallites à bords arrondis se touchant presque.
Les cristaux paraissent blancs; l'alliage eutectique attaqué par l'acide chlorhydrique paraît noir.
Dans l'alliage à 60 0/0 l'alliage eutectique disparaît presque complètement.
Les alliages contenant plus d'argent sont sensiblement homogènes; quand la teneur en argent dépasse 75 0/0, on peut mettre en évidence une structure dendritique tout à fait comparable h celle des laitons riches en cuivre. L'oxydation
Sb
Zrt
liOO
SrL
O Jû 20 30 W50 60 70 80 30 1ÛO
Fio. 207. — Courbes de fusibilité des alliages d'argent.
par électrolyse dessine les dendrites sans montrer de substance intermédiaire.
Ces résultats conduisent à admettre l'existence d'un composé défini contenant environ 70 0/0 d'argent et isomorphe avec l'argent ; les alliages contenant une plus forte proportion d'argent seraient alors des mélanges isomorphes.
Ce résultat n'est pas en contradiction avec les phénomènes de cristallisation signalés par M. Behrens ; en effet, les mélanges correspondant aux formules Ag6Sn, Ag'*Sn, Ag^Sn contiennent plus de 70 0/0 d'argent et seraient, par suite, des mélanges isomorphes; Ag?Sn contient environ 65 0/0 d'argent; ce serait le composé défini, isomorphe avec l'argent.
Force électromotrice. — M. Herschkowitsch, en déterminant la force électromotrice de ces alliages, a pu mettre en évidence la combinaison SnAg4, pour laquelle il se produit une brusque variation dans la force éleclromotrice.
Étude industrielle* — Les alliages d'argent et d'étain sont très fragiles et très durs, môme lorsqu'ils ne renferment que très peu d'argent.
Ils n'offrent que peu d'intérêt industriel. Hiorns a cependant signalé l'utilisation d'un alliage d'argent et d'étain renfermant parfois de l'arsenic comme soudures pour des travaux divers.
Etude théorique. — Courbe de fusibilité. — Cette courbe, déterminée par M. Henri Gautier, comprend deux branches dont l'une présente un maximum (fig. 207).
Elle met donc en évidence une combinaison correspondant à environ 58 0/0 d'argent fondant à 715Q et un eutectique renfermant à peu près 67 0/0 d'argent et fondant à 675°.
M. Gautier pense que la combinaison doit être isomorphe de l'un des métaux constituants.
Métallographie. — M. Charpy a étudié cet alliage et a établi sa constitution par voie micrographique.
Les alliages riches en argent sont formés de cristallites englobées dans l'alliage eutectique ; ces cristallites, qui sont d'abord isolées dans l'alliage à 75 0/0 d'argent, s'agglomèrent en dendrites comparables à celles du bronze d'étain, dans l'alliage à 80 0/0. Un des meilleurs moyens pour les mettre en évidence consiste à soumettre l'alliage à l'action de l'hydrogène sulfuré, qui colore les cristallites en noir. Les alliages très riches en zinc sont formés de fines dendrites en feuilles de fougère englobées dans un alliage facilement attaquable par la potasse, mais qu'il n'a pas été possible de dédoubler.
Force électromotrice. — M. Herschkowitsch a mis en évidence, par cette méthode, la combinaison :
Za'Ag
Étude industrielle. — Les alliages argent-zinc sont de couleur blanc bleuté; ils possèdent une cassure très fine. Ils ont été proposés pour la fabrication de la monnaie, notamment l'alliage de formule :
Ag 835
Cu 93
Zn 27
Krupp assure que cet alliage peut se laminer facilement en feuilles. Des recuits peuvent lui rendre la malléabilité qu'il aura perdue. De telles monnaies sont plus dures et conservent plus longtemps leur couleur blanche que celles faites en alliages argent-cuivre.
D'après Percy, Godefrey a préparé les alliages suivants en versant le zinc fondu dans l'argent fondu1.