L*ENFANT EST-IL NÉ A TERME
taille moyenne du nouveau-né de 50 è 51 centimètres. Les extrêmes entre lesquels sont contenues ces moyennes sont pour ce dernier observateur 40 et 65 ; pour Casper 46,5 et 49,5 ; et pour nous 46 et 58. Le chifl're moyen de 50 centimètres facile à retenir est celui qui doit être adopté.
Dans un travail intéressant que je mettrai bientôt à profit (i), M. le docteur Letourneau s*esl élevé contre le procédé de mensuration ordinairement suivi et propose, au lieu de prendre la longueur totale du corps, de mesurer par segments, c'est-à-dire du vertex au pubis d'abord, puis successivement du pubis à la tubérosité du condyle fémoral interne, et du condyle interne du fémur au bord inférieur de la face postérieure du calcanéum. Ce procédé, qui a surtout pour objet d'éviter les causes d'erreur qui résultent de la multiplicité et de la mobilité des articulations, n'a pas une grande importance dans le cas Tl'infanticide, où l'examen portant exclusivement sur un cadavre peut se faire en toute liberté. Aussi en ayant soin de mesurer avec un mètre flexible qui s'applique exactement aux points de repère fixes du corps, on arrive à des résultats suffisaumicnt précis. La meilleure preuve c'est que les chiffres obtenus par M. Letourneau à l'aide de ses mensurations par segments ne difl'èrent pas de ceux que nous venons de donner nous-môme, et l'on voit dans ses tableaux la longueur totale du corps des nouveau-nés à terme arriver en moyenne à 50 centimètres entre les extrêmes de 46 et 54 centimètres. Ce sont exactement les chiffres fournis par la mensuration d'ensemble lorsqu'elle est pratiquée avec soin. Les recherches de M. Letourneau peuvent être plus utilement appliquées aux cas où Texpert n'a sous les yeux que des fragments du corps mutilé d'un nouveau-né. Le sexe ne parait avoir aucune influence constante sur la taille des nouveau-nés.
(1) Gli. Letourneau, Quelques observations sur les nouveau-nés y tlièse de Paris, 1858, n» 35, p. 13.
32 DE L^IDENTITÈ BU NOUYEAU-NÉ.
Aces mesures de la longueur totale du corps, il convient d'ajouter comrae signe d'une grande constance et surtout comme élément utile à noter à divers points de vue dans tous les cas d'infanticide, les dimensions de la tête du nouveauné à terme. Je rappelle donc que le diamètre occipito-frontal mesure de 11 centimètres à 11,5, et le diamètre bipariétal, de 9 centimètres à 9,5. Casper, qui paraît n'avoir observé que des enfants remarquablement petits, donne des chiffres inférieurs : 10,3 pour le premier diamètre et 8 centimètres pour le second, qu'il faut se garder d'accepter comme moyenne générale.
Il est une dernière particularité qui se rattache à la taille du nouveau-né à terme, et que je mentionne seulement pour mémoire, car comme le savant professeur de Berlin, je n'y attache qu'ujje fort médiocre importance. Je veux parler du point d'insertion du cordon ombilical, qui, à terme, se trouve un peu au-dessous du milieu de la hauteur totale du corps; de telle sorte que la moitié supérieure est plus longue que la moitié inférieure de 2 à 3 centimètres suivant Elsaesser et quelques autres, de 1 à 2 au plus, suivant mes propres observations.
b. Etat du tégument externe, — La structure de la peau, qui varie aux différents âges de la vie fœtale, présente au terme de la gestation un aspect véritablement caractéristique, en rapport à la fois avec les influences nouvelles que l'enfant va avoir à subir pendant et après sa naissance. Cet aspect du tégument externe constitue donc un excellent signe de l'identité du nouveau-né, né à terme.
La peau complètement formée, blanche, ferme, élastique et pourvue d'un épiderme très-visible et prompt à se détacher, est en outre recouverte d'un enduit sébacé très-épais répandu sur tout le corps, mais amassé surtout dans les plis des jointures, et dans certaines parties, aux épaules notamment, d'un duvet très-fin, mais très-dru, d'une sorte
L^ENFANT EST-IL n£ A TERME. 33
de poil follet destiné à tomber rapidement. Les productions épidermiques sont également développées. Les ongles bien formés, aux mains surtout, arrivent non-seulement à l'extrémité libre des doigts, mais la dépassent légèrement. Et les cheveux sont, sinon toujours, du moins le plus souvent déjà assez abondants.
Ce n'est pas seulement comme preuve de la naissance à terme que Tétude des caractères de la peau chez le nouveauné intéresse la médecine légale. Il y a dans certains cas d'infanticide des données extrêmement précieuses à recueillir sur la nature de taches formées par le contact du corps de l'enfant. Elles reposent tout entières sur Texainen microscopique des débris provenant du tégument externe, et par conséquent sur la connaissance de la structure histologique des éléments qui le composent. Cette étude serait ici sans objet, elle sera plus utilement placée et d'une application pratique plus immédiate lorsque je traiterai des circonstances dans lesquelles peuvent se former les taches dont il vient d'être question.
c. Caractères tirés du degré de r ossification. Les signes que l'on peut tirer du degré d'avancement auquel est parvenue l'ossification, pour déterminer qu'un nouveau-né est bien à terme, ont d'autant plus de valeur que le travail de foroiation des os obéit à des lois constantes et suit généralement une évolution très-régulière. Mais il n'est pas nécessaire d'interroger tout le squelette : deux points, un seul mêrae, suffirait à donner des caractères excellents.
Le premier est assurément l'une des plus précieuses indications que la médecine légale doive à la science. Il a été signalé en 1819 par un grand anatomiste, Béclard, qui a fait connaître la présence constante dans l'épaisseur du cartilage épiphysaire de l'extrémité inférieure du fémur d'un point osseux qui apparaît dans les derniers temps de la vie intra-utérine, à la dernière quinzaine de la gestation. Au dé-
A. TARomu. — Infanticide. 3
3/( DE l'identité du nouyeau-né.
but on voit, au milieu de la masse blanche nacrée du cartilage, d'abord un point rouge comme une tache de sang; il s'étend rapidement, et au moment de la naissance, il forme un petit noyau ayant la forme d'un pois^ un peu plus large transversalement qu'en hauteur, et mesurant dans son plus grand diamètre de 2 à 5 millimètres (voyez Planche II, fig. 2). Pour découvrir sûrement le point osseux épiphysaire des fémurs et apprécier exactement le degré de formation auquel il est parvenu^ il faut fléchir fortement le genou et inciser toute l'épaisseur de l'extrémité articulaire du fémur mise en saillie par la flexion. On divise ainsi le cartilage un peu au-dessous du point osseux, et en coupant ensuite l'épiphyse cartilagineuse par tranches minces de bas en haut,, on arrive au point d'ossification et l'on atteint graduellement l'endroit où il présente son plus grand diamètre, de manière à en mesurer exactement les dimensions. Celles-ci iront en croissant et pourront servir encore plus tard à fixer l'âge d'un enfant qui ne serait plus un nouveau-né. C'est donc là en réalité un caractère excellent et qui à lui seul efTace et peut remplacer tous les autres, car n'apparaissant qu'à la veille de la naissance à terme, il marque bien réellement l'époque normale du passage de la vie intra-utérine à la vie extérieure ; et de plus il résiste à la décomposition et se retrouve tant qu'il reste quelque chose du cadavre.
Le second signe que l'on peut tirer du degré de l'ossification est fourni par l'inspection du maxillaire inférieur, qui chez le nouveau -né à terme présente quatre alvéoles nettement Circonscrits par un cloisonnement complet, et qui se montrent dès que l'on a enlevé d'un coup de ciseaux la portion cartilagineuse qui forme le bord gingival de l'os maxillaire.
Je ne veux pas m'arrêter aux autres signes qui ont été donnés comme caractères du nouveau-né à terme. Ils sont
AGE DU FGBTUS. 95
▼agues, iocertaÎQS et surtout inutiles, parfois môme dangereux et pouvant conduire à Terreur. J'en citerai seulement pour exemple celui qu'on a voulu tirer de la présence du méconiom dans Textrémité inférieure de l'intestin. Il ti'y a pas bien longtemps qu'un honorable confrère, M. le docteur Bineau de Saumur, me communiquait un cas dans lequel, cbez un enfant nouveau-né, né à terme^ et que la mère avouait avoir étouffé presque immédiatement après sa naissance^ il avait trouvé le gros intestin aplati^ confondu pour Taspect et le volume avec l'intestin grêle et absolument vide de méconium. Ce fait n'est pas le seul qui ait contribué pour moi à enlever toute valeur à la présence ou à l'absence du méconium dans le rectum chez le nouveau-né à terme.
A attelle épo^ve plMft «a BÉotBa éloignée dm ierMie de la
vie imMi^téHae l'eaiMit eet-u néT — Je viens d'indiquer à Faide de quels signes ou peut reconnaître que le nouveauné dont lô cadavre est soumis à l'examen de l'expert est bien né à terme. Mais s'il en est autrement, il importe de déterminer aussi exactement que possible à quelle époque plus ou moins éloignée du terme de la vie intra-utérine il est né. Les mêmes principes doivent nous guider dans cette recherche, et nous trouverons dans le développement général du corps, dans l'état du tégument externe et dans le degré de l'ossification aux différentes périodes de la vie intra-utérine, des signes positifs propres à caractériser le fœtus aux différents âges. Bien que, au point de vue des infanticides il n'y ait d'intérêt que pour les derniers mois de la vie fœtale, je réunis ici dans un tableau complet l'ensemble des changements qui s'opèrent, à mesure que le produit de la conception se développe. Les signes que j'indique sont d'ailleurs en petit nombre et réduits aux points essentiels. Je me suis attaché à choisir ceux qui sont le plus faciles à constater, et la forme synoptique sous laquelle je les présente permet d'en saisir l'enchaînement et d'en mieux apprécier la valeur.
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SIGNES d'identité DU CADÀVEE MUTILÉ. 37
Le tableau qui précède n'a pas besoin de commentaires ; je me bornerai à quelques remarques sur les principales indications qu'il fournit.
En ce qui concerne la taille, il est à noter, Gasper en a déjà fait l'observation et la mémoire peut en profiter, qu'à partir du cinquième mois de la vie fœtale, si l'on divise par 5 le chiffre de la longueur totale du corps, le quotient reproduit exactement Tàge du fœtus. Quant au poids^ la progression en est rapide^ surtout dans les derniers temps de la gestation.
L'état de la peau, que l'on peut ju^^er d'un seul coup d'œil^ est surtout intéressant dans la seconde période de la vie intra-utérine en ce qui touche la formation des produits épidermiques. A dater du sixième mois, elle devient blanche et acquiert progressivement plus de fermeté etd'élasticité. L'épiderme s'épaissit et se complète par le développement des ongles. La peau se recouvre d'un enduit sébacé. On peut dire que ce développement et cette formation perfectionnés du tégument externe constituent une condition essentielle de vie pour le nouveau-né^ et mesurent en queU que sorte le degré de résistance qu'il est capable d'offrir aux influences extérieures lorsqu'il sera sorti du sein de sa mère.
Quant au degré de l'ossification, on trouve dans les auteurs un luxe véritablement exagéré d'indications ahatomiques, à la fois peu exactes et surtout presque impossibles à rechercher dans une expertise médico-légale. Celles qui sont consignées au tableau précédent auront du moins le double avantage d'être peu nombreuses en même temps que rigoureusement vraies, et de s'appliquer à des os dont l'examen n'ofire aucune difficulté pratique.
wecommmÊÊre rtdcnitlé d'an aoBYeaii-né dont 11 ne reste ^ne des fmgoients déeooiposés on ointllésy on le
pineenint — J'ai dit déjà que l'expert n'avait pas toujours sous les yeux le cadavre entier de l'enfant nouveau-né sur lequel il avait à rechercher les preuves d'un infanticide. 11
38 DB l'identité du NOUYBAU^NÉ.
arrive fréquemment que, soit par suite de la déoomposition putride, soit par le fait de mutilation ou de destruction opérées en vue de faire disparaître le corps du délit, il ne reste que des fragments dont Texamen ne permet pas de résoudre toutes les questions qui peuvent intéresser la justice. Mais^dans ce cas môme, il est plus d'un enseignement relatif à l'identité que la science peut utilement retirer de cette investigation incomplète.
Les caractères qui ont à cet égard le plus de valeur sont ceux que Ton tire de Texamen du système osseux. Cependant la mensuration partielle de segments des membres (1), telle qu'elle a été pratiquée par M. Letourneau, pourrait fournir quelques renseignements sur la question de savoir si le fœtus mutilé était né à terme. H résulte de ces recher-' ches, auxquelles il ne manque que de porter sur de plus grands nombres, que, chea un nouveau-né à terme, la longueur moyenne du vertex au pubis est de 30 centimètres; du pubis à la tubérosité du condyle fémoral interne, 9,5; du condyle interne du fémur au bord inférieur et postérieur du calcanéum, 10,5; de l'apopbyse acromion à Tépicon* dyle, 9; de l'épicondyle à l'apopbyse styloïde du rachis, 7. Au-dessous de ces cbiffres, il est à peu près certain que Tenfant est tié avant terme.
Le même observateur a étendu ses patientes investiga* tions au poids comparatif de cbaoup des viscères cbez les nouveau-nés^ et les résultats auxquels il est arrivé^ bien que trop restreints pour être définitifs, méritent de trouver place ici, car ils pourraient certainement être mis à profit, au moins comme indications approximatives^ dans le cas où sur un cadavre mutilé l'expert trouverait quelques-uns des viscères du nouveau-né.
(1) .Letourneau. Thèse citée y p. 16.
SI6HBS B'iDENTITf DU CADATIIE MDTIli. 39
Poids moyau des principaux viscères chez les nouveau-nés à terme.
Poumon droit 33^0
Poumon gauche 28,5
CkBur 15,0
Thymus ... 8,5
Foie 91,5
Masse encéphalique. . 838,5
Rate 8,5
Rein 11,0
Ces diverses indications ne sont, il est vrai, relatives qu'à l'âge du nouveau- né; mais on sait que c*est là le plusim- ' portant parmi les caractères d'identité. Ceux qui sont relatifs au sexe sont tout à fait secondaires ; et je n'hésite pas à dire que toutes les tentatives faites pour établir des différences au point de vue des dimensions de certaines parties du corps entre les enfants du sexe masculin et ceux du sexe féminin sont inconstantes et vaines. Je parle ici des plus sérieuses, de celles de Sœmmerring et du docteur Letourneau. Elles sont jugées parla prétention singulière d'un praticien qui, ayant à examiner une main trouvée sur la berge de la Seine, déclarait qu'elle provenait d'un enfant du sexe masculin. S'il est facile sur le squelette d'un adulte de retrouver l'indication positive du sexe^ il n'en saurait être ainsi chez le nouveau-né. Cela n'est d'ailleurs, je le répète, d'aucun intérêt.
Il est plus important d'insister sur les indications que l'on peut tirer au point de vue de la détermination de l'identité du seul examen des os du fœtus. Et sur ce point, nous trouvons des observations ingénieuses et souvent pratiques d'Ollivier d'Angers (1). Il est constant en effet que certains os peuvent à eux seuls fournir une donnée précise touchant l'époque de son développement qu'a atteint un nouveauné. Le point osseux épiphysaire du fémur, caractéristique
(1) OUWier (d'Angers), Deuxième mémoire sur T infanticide. Des induC' tiens qu'on peut tirer du seul examen des os du fœtus {Ann, d'hyg, itdeméd. lég., 1" série, 1842, t. XXVII, p. 329).
40 DE l'identité du NODVEAD-NÉ.
du terme de la vie intra-utérine, peut être retrouvé dans toutes les circonstances sur un cadavre décomposé ou mutilé. Et il est facile d'en mesurer les dimensions et de déterminer ainsi non-seulement si Tenfant est à terme^ mais encore s'il est mort un certain temps après sa naissance. On sait qu'à terme, le plus grand diamètre du point osseux mesure de 2 à 5 millimètres. Au-dessus de ce- dernier chiffre, il y a lieu de penser qu'il appartient à un enfant qui n'est déjà plus^un nouveau-né. Je reviendrai plus tard sur ce point.
Le maxillaire inférieur fournit aussi, par le cloisonnement de quatre alvéoles, un excellent signe qui permettrait à lui seul de déclarer un nouveau-né à terme. On peut ajouter que les germes des dents se solidifient et que les papilles dentaires des dents molaires ne se couronnent que dans les derniers temps de la grossesse, notion qui a été mise à profit avec beaucoup de bonheur par MM. Reynaud et Porral, médecins experts dans une affaire très-grave jugée, en 18^6 par la cour d'assises de la Haute-Loire, et où il s'agissait d'un triple infanticide et de recherches à faire sur les squelettes d'enfants nouveau-nés retrouvés après deux et quatre ans.
Je n'attache pas une grande importance aux données fournies par les dimensions des diverses autres parties du système osseux, os plats du crâne et notamment pariétaux ou os longs des membres. Je ne donne que pour mémoire les chiffres indiqués par Ollivier d'Angers (1) et par Gûnz (2).
Os pariétal diamètre diagonal. 76 centimètres.
Humérus 75 —
Cubitus 70 —
Radius 66 —
Fémur 87 —
Tibia 79 —
Péroné 77 —
Je considère comme de beaucoup plus de poids la com-
(1) Ollivier (d'Angers), loc» ctU, p. 336.
(2) Gdsper, loc, cit., p. 481).
SIGNES D'IDBNTITÉ FOURNIS PAR LS PLACENTA. ki
paraisoD directe des portions de squelette que l'expert a à examiner avec des fragments correspondants d'un enfant nouveau-né d'âge connu. Les moyennes sont toujours incertaines, et dans les cas où les ossements retrouvés ne sont même pas intacts, comme dans le cas de combustion, le seul moyen d'arriver sûrement à reconnaître s'ils appartiennent réellement à un fœtus humain et à un nouveau-né à terme^ c'est de les rapprocher et de les comparer avec un squelette connu. Cette méthode est infiniment préférable à tous les tableaux péniblement dressés par les auteurs et à tous les efforts de mémoire.
Indices fournis par V examen du placenta. — Il est d'autres indices utiles à recueillir et souvent fort importants pour la détermination du développement et de l'âge du nouveau-né. Ils sont fournis par cet organe transitoire^ annexe du fœtus et expulsé comme lui et avec lui du sein de la femme^ le placenta, dont l'examen peut aider à la solution de plusieurs questions médico-légales et ne doit jamais être négligé dans la recherche de l'infanticide. Alors même qu'il serait représenté seul à l'expert et en l'absence même du cadavre, il pourrait encore servir à plus d'un titre.
Le placenta est bien formé vers le troisième mois de la vie fœtale. Au terme de la grossesse, il présente un diamètre qui varie de 20 à 25 centimètres et pèse de 5 à 600 grammes. La longueur du cordon qui l'unit à l'enfant est à cette époque ordinairement égale à la longueur du corps de celui-ci; elle est de ^5 à 55 centimètres. Négrier, dans des recherches intéressantes à plus d'un titre pour le médecin légiste (1), donne les chiffres suivants pour la longueur du cordon, mesuré dans 166 cas. Il en a trouvé au-dessous de 43 centimètres, 28; de kh à 67, 112; au-dessous de 67, 2h ; plus
(1) Négrier, Recherches médico- légales sur la longueur et la résistance du cordon ombilical au terme de la gestation {Ann. d'hyg, et de méd. lég., 1" série, t. XXV, p. 126).
U2 Dl L'iDBNTITâ DU MOUVBAU-NJ.
d'un moire, 2. Mais de plus il faut noter que les dimens ions du placenta sont en général en rapport avec le développement du fœtus, et qu'un placenta très-volumineux suppose un enfant vigoureux. Au contraire, les altérations, les maladies, le défaut de développement du placenta, coïncident avec un développement faible ou incomplet du produit de la conception. Ces données trouveront dans plus d'un cas une utile application.
J'ai terminé ce qui se rapporte au premier ordre de recherches tendant à établir l'identité du nouveau-né. J'ai montré comment on devait entendre cette identité et quel intérêt elle offrait pour la démonstration scientifique de l'infanticide : j'ai donné les signes à l'aide desquels il devient facile de reconnaître si l'enfant nouveau-né est né à terme ou s'il est né avant terme, et à quelle époque de la vie intra-utérine. J'ai enfin poursuivi l'étude de ces signes sur les cadavres incomplets, décomposés ou mutilés, et sur le placenta qui forme une annexe du fœtus. Il nous est permis d'aborder maintenant le second ordre de questions et de rechercher si l'enfant est né vivant et a vécu.