‹ Etude médico-légale sur l'infanticide (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · GARACTEEES EXTÉRIEURS DES TACHES · texte numérisé non relu

GARACTEEES EXTÉRIEURS DES TACHES

matelas de bas en haut, c'est-à-dire que le liquide est venu d'un corps interposé à eux deux et a pénétré du dehors vers la paille d'une part, vers le crin d'autre part, substances qui n'ont été attteintes que lorsque la toile correspondante a été traversée par le liquide.

2* Sur la toile de paillasse, à 16 centimètres de la tache précédente, et à une égale distanée de l'un des trous ménagés pour l'entrée des mains, se voient à 3 centimètres l'une de l'autre deux petites taches qui n'ont pas leurs semblables sur les parties correspondantes de la toile de matelas.

Ces deux petites taches sont longues, l'une de 15 millimètres sur li de large, l'autre de 10 millimètres sur 5 de large. Elles se présentent sous forme de petites croûtes^ la première d'un brun rouge, l'autre d'un brun verdâtre. Ces deux petites taches ou croûtes sont sur la face libre de la toile de paillasse tournée vers le matelas, et ne traversent pas la toile, en sorte qu'on ne les voit pas sur la partie de celle*ci qui touche à la paille. Elles ont par conséquent été faites par un corps^ placé entre la paillasse et le matelas, mais non dans la cavité de celle-là.

3° Au bout de la toile de paillasse, sur sa face tournée vers la toile de matelas, est une tache irrégulière de la grandeur des deux mains environ ; elle est grisâtre, marbrée de brun rouge et de brun verdâtre vers les bords. Elle traverse la toile, mais elle est manifestement moins prononcée du côlé de la paille que du côté opposé de la toile. Sur cette tache, et à 16 centimètres l'une de l'autre, se voient des pellicules grisâtres, minces comme de la pelure d'oignon, large de 1 à 2 centimètres, et à surface un peu brillante. Nous verrons bientôt que ces pellicules sont formées d'épiderme, que les portions brun rouge de la tache sont dues à du sang, et les portions verdâtres à du méconium. Sur la face inférieure du matelas, dans la portion correspondante à la tache de la toile de paillasse, existe aussi une tache analogue, mais plus lé-

9^0 TAcmis de; végonium et p'enouit fobtal*

Çère et ne traversapt pas la toile, dont elle ne jnaculQ que la face libre, et non celle qui touche le crin.

Sur un bout de cette légàre tache se voient deux pellicule^ rapprochées Tune de l'autre, mais ne correspondant pas k Tune de celles qui adhèrent à la tache de la toile de matelas. La plus grande a 2 centimètres de large, l'autre 1 centimètre à peine. Nous verrous qu'elles sont formées, comme celles de la toile de paillasse, par de l'épiderme, Leur adhérence aux deux faces contiguës des toiles de paillasse et de mate-* las (sans que rieu leur corresponde sur les portions de toilQ touchant la paille d'une part, le crin de Tautre) montrent suffisamment qu'elles out été laissées par uu cofps interpola à ces deux objets de literie.

Enfin, à côté de la tache notée ci-contre sur la toile da matelas^ se voient dçui^ petites croûtes d'un brun roug6| brillantes à la lumière de la bougie, qu'elles réfléchissent, comme le font les taches de sang. L'une est large de 2 cen? timètres, Tautre de 1. Elles sont assez épaisses, roides, friables. Elles ne traversent pas la toile de matelas. Nous avons constaté qu'elles étaient formées par un peu de caillot sanguin.

Des caracfères normanx de l'endiill sébaeé, 4^ l*ép|*

derme fœtal ei da méeoniaiii. — Nous étudierons successivement ces différentes matières (enduit fœtal, épiderme des nouveau-nés et méconium) dans les conditions naturelles, afin d'en déterminer les caractères histologiques exacts et d'avoir un point de comparaison certain pour apprécier la nature et l'origine des taches que l'on supposera formées par elles.

Enduit fœtal dans les conditions naturelles, — La quantité de Tenduit sébacé varie singulièrement, comme on sait, d'un fœtus à l'autre : tel enfant naît couvert d'un enduit blanchAtrCi a le corps réellement blanc ou d'un blanc rosé,

CAitAGTil^KS HISTOI^OGIQUES NORMAUX. 251

à côté d^un autre qui a la peau d'un rose plus qu iQoins vif^ sans enduit notable susceptible de n^apquer la couleur dq téguifnent. Ce sont là des variétés individuelles qu'il n'est pas inutile de noter dans la question qui nous occupa, paais qu^il ne faut point rapporter à Teau de Tamnios, comme quelques auteurs ont cru devoir le faire. Dans l'un et Tau* tre cas, en raclant légèrement la peau du nouveau-né avec un instrument à lame mousse, ou la frottant avec un linge sec, on recueille les mômes substances, en plus ou nioins grande quantité, selon l'état de la peau. On peut par le premier de ces moyens recueillir assez d'enduit fœtal [smegma cutané ou fœtal) pour en remplir de petits tubes et l'étudier ensuite. Accumulé ainsi en certaine quantité, il seprésentç avec l'aspect du saindoux ; il en offre la consistance et la couleur, un peu plus jaunâtre seulement. Mais sa consistance ne varie pas de la môme manière avec la température. En usant du second moyen d'enlever le smegma eu? tané, il faut racler ensuite le linge avec un scalpel, et délayer dans l'eau mêlée d'un peu de glycérine, ou dans ce dernier liquide pur, le produit obtenu. Dans l'un et l'autre cas, la substance obtenue se délaye difficilement dans Teau, comme toutes les matières grasses. Elle reste obstinément adhérente aux aiguilles, et il faut l'étaler sur la lame de verre porte-objet avant d'y ajouter le liquide et de la recouvrir d'une lamelle mince,

li 'examen, comme celui de toutes les matières dont il va être question dans ce mémoire, doit en être fait à un grossissement de 500 diamètres réels (i), objectifs |7 ou 6 et oculaire 2 des microscopes de Nachet.

L'enduit sébacé peut être reconnu comme entièrement

(i) Ch, Robin, Du microscope et des iiy'eetions, etc. Paris, 1649, in-8, préfac^^ p. LUI, et i'^ partie, p. i3i et 147. •

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formé de deux sortes de matières visibles au microscope^ savoir : 1® des cellules épithéliales principalement, et 2^ des granulations graisseuses en quantité tellement minime^ qu'il faut donner beaucoup d'attention à leur examen pour ne pas omettre d'en faire mention.

Les cellules épithéliales sont pavimenteuses^ mais plutôt polyédriques, lorsqu'elles sont libres, qu'aplaties, si ce n*est lorsqu'elles sont pressées les unes contre les autres. Leur diamètre est de 2 à 3 centièmes de millimètre, rarement de 15 millièmes. Leurs angles sont ordinairement mousses, peu réguliers. Leurs bords n'ont pas également, sur toutes, la netteté qu'ils offrent dans beaucoup de cellules épithéliales. Elles sont transparentes, incolores, très-souvent plissées, ou marquées de très-fines lignes pâles irrégulières ou rectilignes, se joignant les unes avec les autres sous des angles variés. Ces cellules manquent complètement de noyau. Elles ne sont pas granuleuses, ou le sont à peine. 11 est rare que les granulations qu'elles renferment soient graisseuses, mais il est facile de voir, à la manière dont les bulles ou des couches d'air restent adhérentes aux cellules et en gênent l'examen, puis à..la difficulté a\ec laquelle l'eau les humecte^ qu'elles sont enduites naturellement d'un liquide de nature graisseuse.

Les caractères qui précèdent sont, du reste, ceux des cellules épithéliales qui tapissent les glandes sébacées annexées aux poils, forment par leur accumulation les comédons^ distendent souvent les glandes, les dilatent, et en font des kystes sébacés. Leur nature de cellules épithéliales des glandes pileuses, et point de cellules de l'épiderme, est plus facile à reconnaître lorsque, au milieu des cellules décrites plus haut, et plus ou moins irrégulières ou plissées, on en trouve qui sont vésiculiformes, globuleuses, régulières, transparentes, telles qu'on en voit fréquemment dans les

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kystes sébacés, les comédons, etc. On ne peut presque pas faire une seule préparation de Tenduit fœtal sans en observer un certain nombre qui offrent ces caractères.

L'emploi des réactifs chimiques est peu utile dans l'examen de ces cellules; nous noterons seulement que Tacide acétique les pâlit, la glycérine également^ et en même temps elle les gonfle un peu, en arrondit les bords et les rend plus nets.

Nous avons dit qu'on trouve dans l'enduit fœtal une petite quantité de granulations graisseuses. Elles sont fort petites^ larges dei k U millièmes de millimètre, jaunes au centre, à contour foncé. Elles sont presque toutes adhérentes à la surface des cellules, mais on n'en trouve pas sur chacune d'elles.

Ces gouttes ou granulations graisseuses n'ont rien de spécial ici; elles ne sont pas non plus assez nombreuses pour qu'il soit possible de s'appuyer sur leur présence ou sur leur absence dans un cas quelconque pour en inférer quoi que ce soit sur la nature des taches.

Épiderme fœtal dans les conditions naturelles. — Les cellules de l'épiderme du fœtus sont un peu plus larges que celles du smegma cutané. Elles ont de U k 5 centièmes de millimètre en général ; elles sont plus transparentes, trèsminces, aplaties^ imbriquées, plus régulièrement polygonales^ souvent contiguês par leurs bords, et juxtaposées en mosaïque; aucune n'offre Taspect vésiculiforme et la forme sphéroïdale comme certaines des précédentes. Leurs bords sont pâles, nets, leurs angles généralement bien déterminés, non arrondis. A la surface de l'épiderme, elles sont à peine granuleuses, .quelquefois marquées de fines et pâles stries à leur superficie, dépourvues de noyaux et presque tout à fait sans granulations ; plus profondément on en trouve quelques-unes qui offrent parfois un assez grand nombre de granulations grisâtres^ On les obtient rarement

25ft TACflES DG MEGONIUM ET D'ENDttIf r<feTAL.

isolées^ mais au contraire imbrictuées en lamelles plus ou moins grandes ; là elles sont assez fortement adhérentes les unes aux autres, les lignes qui les limitent sont très-pftleSj souvent difficiles & apercevoir lorsqu'on n'a pas l'habitude de les observer. Le mode d'imbrication, joint aux caractères propres à chaque cellule en particulier^ donne à ces lamelles placées sous le microscope un aspect tout spécial. Souvent, sur le bord des lambeaux d'épithélium repliés en double^ on aperçoit les cellules de côté ou par leurs bords au lieu de les voir de face. On constate alors très-nettement quelle est leur épaisseur et leur mode de superposition qui donne lieu à un aspect fort élégant. On remarque comment l'épaisseur des cellules va en diminuant et leur largeur en augmentant, à mesure que du côté du derme on les observe plus près de la surface libre de l'épiderme. Là elles sont très-minces et dépourvues de noyaux, tandis que du côté du derme elles en possèdent souvent. Enfin, sur les lam* beaux d'épiderme un peu étendus, on trouve d'espace en espace les orifices des glandes sudoripares et ceux des follicules pileux. Ils sont facilement reconnaissables et donnent à la préparation un aspect très-caractéristique. Cela est dû à la manière dont les cellules sont disposées concentriquement autour de Torifice. Du reste, souvent le lambeau d'épi* théiium étant vu de côté ou un peu écrasé, il ne présenté pas d'orifice proprement dit, c'est-à-dire n'est pas percé de part en part; mais le conduit sudoripare ou pileux se reconnaît à ce que, des cellules vues de face et polygonales qui l'avoisinent, on passe graduellement à des cellules qui semblent de plus en plus étroites, parce qu'elles sont vues d'abord un peujnclinées, puis de plus en plus de côté à mesure qu'on s'approche davantage de l'orifice. Autour de celui-ci elles sont vues directement par la tranche, de telle sorte que leurs lignes de contact, d'abord très^écartées, le sont de ûioihs en moins, de manière à former, autour d*uii centre

CAHACtfaltS IttSTOLCmîQtttoS NOflMAttï. 25S

représenté par Toriflce, une sérié de lignes disposées concentriquement d'une façon fort élégante. Du reste, jamais une description seule ne pourra donner une idée parfaite de l'aspect si particulier offert par oe petit organe ^ mais une fois qu'on l'a vu, on ne saurait l'oublier, et il est très-ca-^ ractérislique parce que l'épidcrme seul offre une disposition semblable autour des orifices glandulaires ou pileux dont il est percé i

Mécontum étudié dam les œnditioni ntiturelles* — 'Tout le monde connaît les caractères extérieurs du méconium au moment de la naissance. Il est brun ou brun Terdàtre^ visqueux, tenace, adhérent aux doigts ou aux linges. Il présente ees caractères à partir du sixième mois de la vie intra-utérine et même plus tôt. Dans les premiers mois il est plus gri-^ sâtre, ce qui est dû à la présende d'une grande quantité de gaines épithéliales des villosités de l'intestin grêle mélangées aux parties constituantes du méconium dont nous allons parler.

Le méconium offre, comtne véhicule en quelque sorte, un mucus transparent tenace qui tient en suspension tous les éléments dont il va être question» Par lui-même il est peu caractéristique^ parce que la plupart des matières muqueUlies^ quelle que soit leur origine, offrent la même transparence et le même aspect finement strié que Ton peut donstater ici. Ces stries sont, du reste, importantes à étudier dans tous les mucus» Elles sont ordinairement parallèles lefe unes aujc autres en certains points^ et s'écartent dé plus éU plus dé manière à disparaître complètement par places. Il est, du reste, difficile de donner par une description une idée nette de ces dispositions à qui ne les a pas vues. En outre, comme ces caractères disparaissent totalement ou presque totalement par la dessiccation, ils sont peu utiles pour les cas du genre de celui qui nous occupée

Dans ce mucus se voient d'abord beaucoup dé granule'-

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tions moléculaires grisâtres^ très-petites, éparses d'une manière à peu près uniforme, et quelques granulations graisseuses, larges de 1 à 6 millièmes de millimètre environ. Avant l'emploi des réactifs elles peuvent déjà être reconnues par leur coloration jaunâtre, leur centre brillant et leur contour foncé.

On rencontre encore dans le méconium des cellules épithéliales prismatiques (cylindriques des auteurs). Elles sont peu abondantes à l'époque de Taccouchement; et il faut chez quelques sujets faire plusieurs préparations avant d'en ' rencontrer. Avant le sixième et surtout avant le cinquième mois de la grossesse elles abondent, au contraire^ forment une grande partie du méconium et sont encore disposées en lambeaux plus ou moins grands et en gaines, reproduisant exactement la forme des villosités de la surface desquelles elles se sont détachées.

A l'époque de la naissance, les cellules prismatiques qu'on trouve sont tantôt isolées, tantôt juxtaposées en nombre plus ou moins grand. Elles sont généralement peu régulières, à bords moins nets que ceux des cellules prises à la surface même de la muqueuse ; elles sont en même temps plus granuleuses, et laissent encore voir leur noyau ovoïde. On distingue pourtant leur extrémité adhérente ou la plus étroite de l'extrémité libre un peu plus large qui était tournée vers la cavité de l'intestin. La plupart sont teintes en jaune verdâtre par la matière colorante de la bile. Il est facile de reconnaître la nature de ces cellules, lorsque déjà on a vu les cellules semblables qu'on rencontre dans la bile prise dans la vésicule du fiel.

A partir du septième mois environ de la vie intra-utérine ^ on rencontre dans le méconium des cristaux de cholestérine; ils n'existent généralement que trois fois sur cinq fœtus observés, maison peut dire que leur présence est normale; tandis que dans la bile^ pendant la vie extra-utérine,

GABÀCTÈRES HISTOLOGIQtJES NORMAUX. 257

on ne les rencontre que pathologiquement. Lorsqu'ils existent dans le méconium, leur présence est très -caractéristique à cause de la netteté de leurs attributs, et de plus ils sont assez nombreux pour être rencontrés facilement dans chaque préparation.

Dans le méconium, les cristaux de cholestérine sont généralement petits, relativement à ce qu'ils sont dans la plupart des régions où on les trouve pathologiquement. Leur forme de lamelles transparentes losangiques, à bords et angles très-nets, leur superposition et imbrication en nombre plus ou moins considérable, les font reconnaître au premier coup d'œil, avant même qu'il soit besoin de recourir à remploi des réactifs chimiques.

La partie constituante qui prédomine dans le méconium et le caractérise essentiellement, se compose de grains ou grumeaux de la matière colorante verte de la bile (biliverdîne ou bilifutvine). Cette matière qui, à l'état normal, durant la vie intra-utérine, existe à l'état liquide seulement mêlée intimement, molécule à molécule, au mucus ou sérum biliaire, se trouve ici à l'état solide ou demi-solide, en petits grains insolubles ou distincts; tandis que le mucus biliaire et intestinal qui les tient en suspension reste incolore. Ils sont seulement maintenus agglutinés les uns aux autres par ce mucus, mais il est facile de les isoler.

Ces granules ou grumeaux de matière colorante sontglo* buleux quelquefois, ovoïdes le plus souvent, ou polyédriques à angles arrondis. On peut d'un sujet à l'autre les trouver la plupart polyédriques ou, au contraire, presque tous ovoïdes et arrondis. Ils sont remarquables parleur couleur d'un beau vert lorsqu'ils sont vus par lumière transmise sous le microscope. Quelquefois ils offrent une teinte jaunâtre on mieux jaune verdâtre. Pour être nettement constatée, cette couleur, qui est très-caractéristique en ce que nulle autre partie du corps ne la présente, doit être examinée à la lu-

A. TARDtBtf. — tfifantieide. Il

2jS8 TACHES W MÉGONIUM HT D'eNDUIT FOBTAÎ..

mière blanche des nuages. Vus à la lumière jaune orange de la lampe, ils prennent une teinte violacée ou grise à reflets violets qui est moins caractéristique. Le contour de ces grains pu grumeaux est net, plus pâle que le centre : celuici est généralement homogène, quelquefois un peu granuleux.

Le diamètre de ces grains est de 5 à 30 et même ^0 millièmes; la plupart ont de 10 à 20 miUièmes. Ce seul caractère suffit pour empêcher de les confondre avec quelque variété que ce soit des granules de la matière colorante verte des plantes.

L'emploi de Tacide nitrique permet de coostater, sur ces grains placés sous le microscope, les changements de couleur qu'il détermine* dans la matière colorante de la bile ; seulement c'est la coloration violacée qui est seule nettement reconnaissabie. Cette réaction, dont Tusage est du reste inutile pour reconnaître la nature de ces corps, doit être observée à Taide de la lumière blanche des nuages, et non avec celle de la bougie.

Chez les enfants nés depuis douze à vingt-quatre heures et ayant déjà tété, le méconium est encore tenace, mais d'un gris verdàtre. On y trouve les mêmes éléments qui, dans tout autre méconium, même les cristaux de cholestérine, seulement les granules verts de matière colorante y sont peu abondants. La couleur grisâtre est due principalement à la présence d'un grand nombre de cellules épithéliales pavimenteuses, pàles^ la plupart sans noyaux, quelquefois pluâ foncées par suite de la présence d'un grand pombre de granulations jaunâtres. Ces cellules sont généralement étalées, quelques-unes plissées ; rarement elles sont imbriquées. Leur grande analogie avec celles qu'on trouve à cet âge à la surface de l'épiderme pharyngo- œsophagien ne permet pas de douter qu'elles ne proviennent de ces organes, d'où elles ont été détachées et entraînées par les premiers o^ouvenoents de déglutition.

EXAMEN MICROSCOPIOUE. 25^

Examem aileroacopl^ae des faehe* formées par rendait •élbfteé, répiderme fœtal et le méemUam. — Nous sommes

maintenant en mesure de faire Tapplication des données qui précèdent, et d*aborder directement et pratiquement Tétude des caractères spécifiques des taches formées par Teilduit sébacé, par Tépiderme fœtal, et par le méconium. 11 nous suffira de reprendre à ce point de vue Texamen des taches qui existaient sur les tissus soumis à notre examen dans les deux affaires que nous avons précédemment rapportées. Nous prendrons spécialement pour exemple le second fait, non moins significatif et plus complet que le premier.

Examen des taches que l'on suppose formées par l'enduit sé^ bacé et l'épiderme fœtal. — Ayant saisi avec des pinces de petits lambeaux des pellicules qui adhérafent aux toiles de la paillasse et du matelas, nous les avons laissé tremper quelques heures dans des verres de montre contenant de Teau. Us y sont devenus mous, plus transparents, faciles à dilacérer.

Portés sous le microscope entre deux lames de verre et examinés à un grossissement de 500 diamètres, tous se sont montrés composés de cellules épithéliales pavimenteuses, semblables à celles de l'épiderme superficiel du corps des fœtus à terme. Toutes ces cellules étaient imbriquées régulièrement; çà et là on voyait des orifices glandulaires ou des follicules pileux, reconnaissablespar l'imbrication concentrique des cellules épithéliales et par les lignes qui \ep circonscrivent Nous y avons même vu un petit nombre de poils du duvet qu'on trouve sur le corps des fœtus et parfaitement reconnaissables à leur forme et à leur structure

propres.

Les cellules épithéliales étaient minces, aplaties, polygo^ nales à 5 ou 6 pans, larges en moyenne de tih5 centièmes de millimètre. Leurs bords sont minces, réguliers. La plupart sont peu granuleuses, ou du moins ne renferment que des

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granulations moléculaires fines^ grisâtres. Quelques-unes pourtant sont plus foncées par suite de la présence d'un plus grand nombre de granulations et du plus grand volume de celles-ci. Aucune cellule ne contenait de noyau.

L'acide acétique et la glycérine rendaient les cellules plus pâles, plus transparentes, sans pourtant les dissoudre, et en même temps permettaient de les dissocier plus facilement.

Nous avons, en outre, rencontré, à la surface des lambeaux d'épiderme, des granulations microscopiques de forme et d'aspect divers^ que leurs caractères extérieurs et leurs réactions chimiques nous ont fait reconnaître pour des grains de poussière.

De Texamen des caractères de structure ci-dessus comparés aux caractères en tout semblables que présente Tépiderme des fœtus et des nouveau-nés, nous avons conclu que ces pellicules grisâtres étaient formées par de Tépiderme détaché de la surface du corps d'un nouveau-né, par suite de pression avec frottement entre la paillasse et le matelas, et resté adhérent à chacune des faces de ces objets de literie avec lesquelles il était en contact.

Dans l'examen des taches mêmes qui entouraient les pellicules épidermiques que nous venons de décrire, nous avons rencontré quelques cellules épithéliales un peu plus petites que celles de Tépiderme proprement dit, et se rapprochant beaucoup des caractères offerts par celles du smegma cutané. Mais leur nombre était peu considérable, et nous n'avons pu y trouver des caractères aussi probants que ceux fournis par l'épiderme qui, du reste mieux que tous les autres tissus, démontre qu'un enfant a été placé entre la paillasse et le matelas et a fourni la matière des taches qu'on observe, soit par le sang qu'il a répandu, soit par l'eau de l'amnios dont il était humecté lorsqu'il y fut placé. Examen des taches que Von suppose formées par duméconium»

akum MIGROSGOPIUUË. 261

*- Après avoir enlevé avec des ciseaux uoe portion des par* ties de toile à paillasse portant des taches que Ton soupçonne être dues à la présence du méconium, nous les avons placées dans des capsules contenant de Teau pure à la température ordinaire.

Nous avons vu peu à peu la matière de ces taches se gonfler et plus que doubler de volume en moins d'une demiheure.

Ayant ensuite enlevé par le raclage la substance gonflée, rayant placée entre deux lames de verre après l'avoir étalée légèrement^ nous l'avons examinée à un grossissement de 500 diamètres réels.

Nous avons reconnu alors que cette matière qui, en se gonflant^ avait pris une teinte verdAtre et une certaine viscosité, se composait des éléments suivants :

Elle nous a présenté une matière muqueuse incolore^ parsemée de granulations grisâtres et de quelques granulations graisseuses, telles que celles qu'on trouve dans les mucus intestinal et biliaire.

Nous y avons rencontré, en outre, quelques rares cellules d'épithélium prismatique de Tintestin^ reconnaissables à leur forme, à leur longueur, qui était de U centièmes de millimètre, sur une largeur de 6 à 8 millièmes. Toutes étaient finement granuleuses, teintes légèrement en jaune verdâtre, mais la plupart dépourvues de noyau. Comparées à des cellules épithéliales prismatiques prises dans le méconium d'un enfant nouveau-né, elles nous ont offert des caractères identiques.

Des cristaux sous forme de lamelles très-minces, incolores, transparentes, rhomboïdales, isolées ou superposées les unes aux autres^ existaient en certaine quantité dans cette matière. Indépendamment de la similitude de ces caractères avec ceux qui sont propres à la cholestérine en général, nous avons reconnu leur identité avec ceux du méco-

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nium rendu en notre présence par des enfants nouveau-nés et examiné comparativement à la matière des taches.

Enfin cette matière des taches s'est présentée à nous comme composée principalement de granules de couleur verte, dont le volume variait de 5 à 30 millièmes de millimètre. Beaucoup étaient ovoïdes, mais la plupart, surtout les plus gros, étaient un peu polyédriques à angles arrondis. Leurs bords étaient nets, plus pâles que leur centre. Traités par Tacide nitrique, ils ont pris rapidement une teinte rougeàtre passant bientôt au brun violet, réaction propre à la matière colorante de la bile. Examinés comparativement au méconium d'enfants nouveau-nés, ces corps nous ont offert une identité complète de caractères avec ceux qu'on trouve abondamment dans le méconium normal, et lui donnent principalement sa couleur propre.

Ayant ainsi trouvé dans la matière de ces taches tous les corps qui entrent dans la composition du méconium normal, nous en avons conclu qu'elles étaient réellement formées par cette substance.

Nous avons trouvé, en outre, dans la matière des taches un certain nombre de filaments cylindriques, larges de 1 à 2 centièmes de millimètre, les uns incolores, les autres teints en bleu et offrant d>.space en espace de petites nodosités ou articulations. Enfin ces diverses matières étaient mélangées d'un assez grand nombre de granulations microscopiques, très-irrégulières, de volume variable, dont plusieurs se dis^ solvaient dans l'acide chlorhydrique étendu avec dégagement de gaz. Ayant examiné comparativement des toiles de paillasse et de matelas qui n'étaient pas tachées, en raclant légèrement leur surface mouillée, nous avons retrouvé les mêmes filaments et les mêmes grains de poussière. Les filaments étaient identiques, chacun en particulier, avec ceux dont nous venons de parler, et les granulations microscopiques, irrégulières, considérées dans leur ensemble, étaient

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