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tion suivie des conditions de lieu^ detemps et d'activité dans lesquelles s'est opérée la combustion. La nature du foyer, la quantité de combustible^ la direction et Ténergie du tirage, doivent être également prises en considération par l'expert qui aura à juger si la combustion du fœtus a pu s'opérer avec ou sans odeur.
Il faut ajouter, pour terminer sur ce point, que bien souvent des éléments étrangers au fait môme de la combustion pourront éclairer l'expert et la justice sur les conditions dans lesquelles l'enfant est né, et en particulier sur la question de savoir s'il a vécu et s'il a été jeté au feu vivant. La combustion est le plus souvent l'œuvre d'un complice, la grand'mère de l'enfant à Tours et à Bourges, le père en Vendée, une amie à Clichy, et tant d'autres. Or, le témoignage de la mère qui n'a pas toujours consenti à laisser brûler son enfant, acquiert uneimportance considérable. On se rappelle de quel poids ont pesé, dans l'afTaire Lemoine, les déclarations de la jeune Angelina, assurant qu'elle était accouchée à terme, qu'elle avait vu son enfant remuer, et que sa mère l'avait étouffé avant de le jeter dans le feu. De telles allégations contrôlées par le médecin expert s'ajoutent utilement aux données que peut fournir l'examen des débris de la combustion et des cendres qui en proviennent.
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L'hémorrhagie ombilicale a longtemps occupé une place considérable dans l'histoire médico-légale de l'infanticide; elle tenait le premier rang parmi ces causes qui produisaient la mort du nouveau-né par omission, et que l'on opposait au meurtre direct ou par commission. On considérait qu'au nombre^des soins que réclame le plus impérieusement le nouveau-né au moment où il vient de naître, et où il doit être séparé de sa mère par la section du cordon, la ligature
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de rextrémité ombilicale de ce cordon était le plus urgent et celui dont Tomission faisait courir au nouveau-né le plus de dangers. Fodéré, dans un mémoire qui est un chefd'œuvre de critique et d'observation (1 ), a parfaitement résumé les diverses opinions des médecins légistes sur ce point.
En fait, Thémorrhagie ombilicale est Tune des causes de mort que Ton a le moins souvent à constater dans Vinfanticide , bien que le cordon n'ait presque jamais été lié chez les enfants qui périssent victimes de ce crime. Il y a, dans cette double circonstance, une contradiction apparente qui a besoin d'être expliquée et sur laquelle nous devons insister.
Le défaut de ligature du cordon n'entraîne pas nécessairement l'hémorrhagie : c'est là un premier point incontestable. Le cordon, il n'est pas inutile de le rappeler, est tantôt coupé par une section nette, tantôt rompu et comme arraché. Dans ce dernier cas qui rappelle assez bien la manière dont les femelles d'animaux divisent avec les dents le cordon de leurs petits, l'écoulement du sang est naturellement arrêté par l'espèce d'attrition qu'ont subie les vaisseaux, et par la rétraction et l'occlusion qui se sont opérées presque immédiatement. Mais lorsque le cordon a été coupé et que les vaisseaux restent béants au niveau de la section, s'il peut arriver que le sang continue de couler, souvent aussi il ne tarde pas à s'arrêter spontanément.
Il y aà faire ici, en effet, une distinction nécessaire généralement omise par les auteurs, et que M. le docteur Lorain (2) a eu le mérite de mettre dans tout son jour. Le
(1) Fodéré, Coup cTœil historique et critique mr les diverses opinions des médecins légistes, relativement à l'hémorrhagie ombilicale considérée comme cause de la mort des nouveau-nés (Bull, de la Soc. méd, d^ émulât. Paris, juin 1809).
(2) Lorain, De la fièvre puerpérale (thèse citée).
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cordon ombilical est formé, comme on sait, d'une veine et de deux artères, et ces vaisseaux, d'ordre différent, se comportent différemment quand la section en est faite immédiatement après la naissance. L'hémorrhagie veineuse devra s'arrêter d'elle-même, par le seul fait de l'établissement régulier de la respiration. Mais en ce qui touche les artères ombilicales^ Teffet est inverse ; plus la respiration s'exerce librement, plus la circulation générale devient active, et le sang puissamment chassé par le cœur, s'écoule à travers l'orifice des artères divisées; l'hémorrhagie ombilicale artérielle a de la tendance à continuer. Ce sont là les principes de physiologie qu'invoque justement M. Lorain. L'observation démontre qu'il ne faut pas cependant leur accorder une influence trop absolue. On a cité, d'une part, des cas dans lesquels la respiration se faisant mal, il n'y avait pas d'hémorrhagie même par les veines; et d'autre part, la rétraction spontanée a souvent suftî, même après la section nette du cordon, pour arrêter l'hémorrhagie artérielle.
On ne peut nier toutefois que^ dans quelques cas d'ailleurs assez rares, le défaut de ligature, ou même le relâchement du lien appliqué sur le cordon au moment de la naissance^ aient pu devenir l'occasion d'une hémorrhagie mortelle. Tous les accoucheurs en ont cité des exemples, et il demeure constant qu'il y aurait imprudence à ne pas lier et bien lier le cordon chez les nouveau-nés.
Mais au point de vue de Tinfanticide et de l'expertise médico-légale, la question n'est pas dans le plus ou moins de facilité offerte à l'hémorrhagie par le défaut de ligature et par le plus ou moins de danger qui en résulte. Elle est toute entière et uniquement, ainsi que l'avait si nettement vu et si formellement dit Fodéré , de savoir si l'hémorrhagie est bien la cause réelle de la mort du nouveau-né. Ce qu'il s'agit de rechercher en premier lieu, c'est s'il existe des signes de ce genre de mort, ou si, au contraire, le ca-
davrene présente pas les caractères d'un autre mode d'infanticide.
Les nouveau-nés, pour mourir d'hémorrhagie, soit par section et défaut de ligature du cordon, soit par blessures, n'ont pas besoin de perdre une grande quantité de* sang. L'hémorrhagie ombilicale, en particulier, n'est jamais trèsabondante et se produit assez lentement. Elle ne tue, en général, qu'au bout de plusieurs heures; Mauriceau l'a vu amener la mort en deux jours. Aussi ne trouve-t-on pas sur le cadavre des nouveau-nés qui ont péri de cette manière, tous les signes classiques que l'on a coutume d'attribuer à la mort par hémorrhagie. Ils n'offrent pas toujours notamment cette pâleur de cire, cet état exsangue, cette vacuité absolue du cœur et des vaisseaux si souvent décrits, et qu'amène, chez Tadulte, une hémorrhagie foudroyante. On rencontre cependant à un certain degré la décoloration des téguments, des lèvres surtout et de tous les tissus. Mais ce qui m'a beaucoup frappé et ce qui me paraît constituer un signe essentiel de l'hémorrhagie ombilicale, c'est la décoloration et l'absence du sang dans le foie qui, chez le nouveauné et à l'état normal^ est si congestionné et de couleur si foncée.
Mais dans la pratique de la médecine légale, tous ces signes disparaissent devant la constatation des caractères propres à quelque autre genre de mort. Car la vraie raison, suivant moi, de la rareté de la mort du nouveau-né par hémorrhagie ombilicale, cen'est ni une disposition anatomique des vaisseaux, ni l'établissement plus ou moins régulier de la respiration, ni même le peu de résistance que l'enfant peut opposer à une perte de sang, c'est tout simplement qu'il a péri par un procédé plus prompt que l'hémorrhagie avant que celle-ci ait le temps de se produire et que l'exécution du crime, suivant le plus souvent de très-près la naissance, le nouveau-né étouffé, étranglé, écrasé, n'a pas le
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temps de mourir dliémorrhagie ombilicale. Il s'ensuit que c'est seulement par élimination et dans un petit nombre de cas que l'on arrivera à reconnaître sur le cadavre du nouveauné les signes de la mort par hémorrbagie ombilicale.
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