TACHES DE MÉCONIUM ET D'ENDUIT FOETAL
gère et ne traversant pas la toile, dont elle ne macule que la lace libre, et non celle qui touche le crin.
Sur un bout de cette légère tache se voient deux pellicules rapprochées l’une de l’autre, mais ne correspondant pas à l’une de celles qui adhèrent à la tache de la toile de matelas. La plus grande a 2 centimètres de large, l’autre i centimètre à peine. Nous verrons qu’elles sont formées, comme celles de la toile de paillasse, par de l’épiderme. Leur adhérence aux deux faces contiguës des toiles de paillasse et de matelas (sans que rien leur corresponde sur les portions de toile touchant la paille d'une part, le crin de l’autre) montrent suffisamment qu’elles ont été laissées par un corps interposé à ces deux objets de literie.
Enfin, à côté de la tache notée ci-contre sur la toile de matelas, se voient deux petites croûtes d’un brun ronge, brillantes à la lumière de la bougie, qu’elles réfléchissent, comme le font les taches de sang. L’une est large de 2 centimètres, l'autre de t. Elles sont assez épaisses, roides, friables. Elles ne traversent pas la toile de matelas. Nous avons constaté qu’elles étaient formées par un peu de caillot sanguin.
Des caractères normaux de l'enduit sébacé, de i’épidermc fœtal et du méconium. — Nous étudierons successivement ces différentes matières (enduit fœtal, épiderme des nouveau-nés et méconium) dans les conditions naturelles, afin d’en déterminer les caractères histologiques exacts et d'avoir un point de comparaison certain pour apprécier la nature et l’origine des taches que l’on supposera formées par elles.
Enduit fœtal dans les conditions naturelles. - — La quantité de l'enduit sébacé varie singulièrement, comme on sait, d’un fœtus à l’autre : tel enfant naît couvert d’un enduit blanchâtre, a le corps réellement blanc ou d’un blanc rosé,
à côté d’un autre qui a la peau d’un rose plus ou moins vif, sans enduit notable susceptible de masquer la couleur du tégument. Ce sont là des variétés individuelles qu’il n’est pas inutile de noter dans la question qui nous occupe, mais qu’il ne faut point rapporter à l’eau de l’amnios, comme quelques auteurs ont cru devoir le faire. Dans l’un et l’autre cas, en raclant légèrement la peau du nouveau-né avec un instrument à lame mousse, ou la frottant avec un linge sec, on recueille les mômes substances, en plus ou moins grande quantité, selon l’état de la peau. On peut par le premier de ces moyens recueillir assez d’enduit fœtal ( smegma cutané ou fœtal) pour en remplir de petits tubes et l’étudier ensuite. Accumulé ainsi en certaine quantité, il se présente avec l’aspect du saindoux; il en offre la consistance et la couleur, un peu plus jaunâtre seulement. Mais sa consistance ne varie pas de la même manière avec la température. En usant du second moyen d’enlever le smegma cutané, il faut racler ensuite le linge avec un scalpel, et délayer dans l’eau mêlée d’un peu de glycérine, ou dans ce dernier liquide pur, le produit obtenu. Dans l’un et l’autre cas, la substance obtenue se délaye difficilement dans l’eau, comme toutes les matières grasses. Elle reste obstinément adhérente aux aiguilles, et il faut l’étaler sur la lame de verre porte-objet avant d’y ajouter le liquide et de la recouvrir d’une lamelle mince.
L’examen, comme celui de toutes les matières dont il va être question dans ce mémoire, doit en être fait à un grossissement de 500 diamètres réels (1), objectifs ,7 ou 6 et oculaire 2 des microscopes de Nachet.
L’enduit sébacé peut être reconnu comme entièrement
(1) Ch. Robin, Du microscope et des injections, etc. Paris, 1849, in-8, préface, p. liii, et lre partie, p. 131 et 147.
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formé de deux sortes de matières visibles au microscope, savoir : 1° des cellules épithéliales principalement, et 2° des granulations graisseuses en quantité tellement minime, qu’il faut donner beaucoup d’attention à leur examen pour ne pas omettre d’en faire mention.
Les cellules épithéliales sont pavimenteuses, mais plutôt polyédriques, lorsqu’elles sont libres, qu’aplaties, si ce n’est lorsqu’elles sont pressées les unes contre les autres. Leur diamètre est de 2 à 3 centièmes de millimètre, rarement de 15 millièmes. Leurs angles sont ordinairement mousses, peu réguliers. Leurs bords n’ont pas également, sur toutes, la netteté qu’ils offrent dans beaucoup de cellules épithéliales. Elles sont transparentes, incolores, très-souvent plissées, ou marquées de très-fines lignes pâles irrégulières ou rectilignes, se joignant les unes avec les autres sous des angles variés. Ces cellules manquent complètement de noyau. Elles ne sont pas granuleuses, ou le sont à peine. Il est rare que les granulations qu’elles renferment soient graisseuses, mais il est facile de voir, à la manière dont les bulles ou des couches d’air restent adhérentes aux cellules et en gênent l’examen, puis à la difficulté avec laquelle l’eau les humecte, qu’elles sont enduites naturellement d’un liquide de nature graisseuse.
Les caractères qui précèdent sont, du reste, ceux des cellules épithéliales qui tapissent les glandes sébacées annexées aux poils, forment par leur accumulation les comédons, distendent souvent les glandes, les dilatent, et en font des kystes sébacés. Leur nature de cellules épithéliales des glandes pileuses, et point de cellules de l’épiderme, est plus facile à reconnaître lorsque, au milieu des cellules décrites plus haut, et plus ou moins irrégulières ou plissées, on en trouve qui sont vésiculiformes, globuleuses, régulières, transparentes, telles qu’on en voit fréquemment dans les
kystes sébacés, les comédons, etc. On ne peut presque pas faire une seule préparation de l'enduit fœtal sans en observer un certain nombre qui offrent ces caractères.
L’emploi des réactifs chimiques est peu utile dans l’examen de ces cellules; nous noterons seulement que l'acide acétique les pâlit, la glycérine également, et en même temps elle les gonfle un peu, en arrondit les bords et les rend plus nets.
Nous avons dit qu’on trouve dans l’enduit fœtal une petite quantité de granulations graisseuses. Elles sont fort petites, larges de 1 à h millièmes de millimètre, jaunes au centre, à contour foncé. Elles sont presque toutes adhérentes à la surface des cellules, mais on n’en trouve pas sur chacune d’elles.
Ces gouttes ou granulations graisseuses n’ont rien de spécial ici ; elles ne sont pas non plus assez nombreuses pour qu’il soit possible de s’appuyer sur leur présence ou sur leur absence dans un cas quelconque pour en inférer quoi que ce soit sur la nature des taches.
Epiderme fœtal dans les conditions naturelles . — Les cellules de l’épiderme du fœtus sont un peu plus larges que celles du smegma cutané. Elles ont de U à 5 centièmes de millimètre en général ; elles sont plus transparentes, trèsminces, aplaties, imbriquées, plus régulièrement polygonales, souvent contiguës par leurs bords, et juxtaposées en mosaïque; aucune n’offre l'aspect vésiculiforme et la forme sphéroïdale comme certaines des précédentes. Leurs bords sont pâles, nets, leurs angles généralement bien déterminés, non arrondis. A la surface de l’épiderme, elles sont à peine granuleuses, quelquefois marquées de fines et pâles stries à leur superficie, dépourvues de noyaux et presque tout à fait sans granulations ; plus profondément on en trouve quelques-unes qui offrent parfois un assez grand nombre de granulations grisâtres. On les obtient rarement
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isolées, mais au contraire imbriquées en lamelles plus ou moins grandes ; là elles sont assez fortement adhérentes les unes aux autres, les lignes qui les limitent sont très-pâles, souvent difficiles à apercevoir lorsqu'on n’a pas l’habitude de les observer. Le mode d’imbrication, joint aux caractères propres à chaque cellule en particulier, donne à ces lamelles placées sous le microscope un aspect tout spécial. Souvent, sur le bord des lambeaux d’épithélium repliés en double, on aperçoit les cellules de côté ou par leurs bords au lieu de les voir de face. On constate alors très-nettement quelle est leur épaisseur et leur mode de superposition qui donne lieu à un aspect fort élégant. On remarque comment l’épaisseur des cellules va en diminuant et leur largeur en augmentant, à mesure que du côté du derme on les observe plus près de la surface libre de l’épiderme. Là elles sont très-minces et dépourvues de noyaux, tandis que du côté du derme elles en possèdent souvent. Enfin, sur les lambeaux d’épiderme un peu étendus, on trouve d’espace en espace les orifices des glandes sudoripares et ceux des follicules pileux. Ils sont facilement reconnaissables et donnent à la préparation un aspect très-caractéristique. Cela est dû à la manière dont les cellules sont disposées concentriquement autour de l’orifice. Du reste, souvent le lambeau d’épithélium étant vu de côté ou un peu écrasé, il ne présente pas d’orifice proprement dit, c’est-à-dire n’est pas percé de part en part; mais le conduit sudoripare ou pileux se reconnaît à ce que, des cellules vues de face et polygonales qui l’avoisinent, on passe graduellement à des cellules qui semblent de plus en plus étroites, parce qu’elles sont vues d’abord un peu inclinées, puis de plus en plus de côté à mesure qu’on s’approche davantage de l’orifice. Autour de celui-ci elles sont vues directement par la tranche, de telle sorte que leurs lignes de contact, d’abord très-écartées, le sont de moins en moins, de manière à former, autour d’un centre
représenté par l’orifice, une série de lignes disposées concentriquement d’une façon fort élégante. Du reste, jamais une description seule ne pourra donner une idée parfaite de l’aspect si particulier offert par ce petit organe ; mais une fois qu’on l’a vu, on ne saurait l’oublier, et il est très-caractéristique parce que l’épiderme seul offre une disposition semblable autour des orifices glandulaires ou pileux dont il est percé.
Méconium étudié dans les conditions naturelles . — -Tout le monde connaît les caractères extérieurs du méconium au moment de la naissance. Il est brun ou brun verdâtre, visqueux, ténace, adhérent aux doigts ou aux linges. Il présente ces caractères à partir du sixième mois de la vie intra-utérine et même plus tôt. Dans les premiers mois il est plus gri-’ sâtre, ce qui est dû à la présence d’une grande quantité de gaines épithéliales des villosités de l’intestin grêle mélangées aux parties constituantes du méconium dont nous allons parler.
Le méconium offre, comme véhicule en quelque sorte, un mucus transparent tenace qui tient en suspension tous les éléments dont il va être question. Par lui-même il est peu caractéristique, parce que la plupart des matières muqueuses , quelle que soit leur origine, offrent la même transparence et le même aspect finement strié que l’on peut constater ici. Ces stries sont, du reste, importantes à étudier dans tous les mucus. Elles sont ordinairement parallèles les unes aux autres en certains points, et s’écartent de plus en plus de manière à disparaître complètement par places. 11 est, du reste, difficile de donner par une description une idée nette de ces dispositions à qui ne les a pas vues. En outre, comme ces caractères disparaissent totalement ou presque totalement par la dessiccation, ils sont peu utiles pour les cas du genre de celui qui nous occupe.
Dans ce mucus se voient d’abord beaucoup de granula-