DES MOYENS DIRECTS EMPLOYÉS
membranes et les décoller ou même les déchirer, et suffire ainsi à procurer l'avortement.
Ce sera là, toutefois, un cas tout exceptionnel : le plus ordinairement l’opération exige Y emploi d'un instrument , dont la nature est, du reste, aussi simple en général que variable. Il s’en faut de beaucoup que les criminels aient recours, ainsi qu’on le croit généralement, à des instruments spéciaux, tels que sondes à dard ou autres dont la possession, on le comprend, serait trop compromettante. Tout est bon, au contraire ; les armes les moins suspectes sont les préférées, et il semble à cet égard que le génie du crime suggère les inventions les plus inattendues. J’ai dit que l’une empruntait les tringles de ses rideaux ; pour d’autres, des aiguilles à tricoter de bois ou de fer, une simple plume d’oie, un cure dent, une épingle de châle, une épingle à cheveux, une baguette suffisent. J’ai été consulté en 1854 par un honorable confrère de Wassy, sur un cas dans lequel un avortement avait été pratiqué à l’aide d’une broche de fer et d’un fuseau sur lequels il s’agissait de reconnaître des taches de sang et de mucus. Cependant il y a des cas ou le procédé employé a quelque chose de plus chirurgical. Le spéculum préalablement appliqué éclaire la voie et trace un passage, soit à un stylet mousse ou piquant, soit à une sonde. Dans des cas plus rares, on a eu recours à une éponge préparée introduite dans la cavité du col.
Mais le moyen qui, depuis quelques années, tend à se répandre et à primer tous les autres, c’est Y injection d'un liquide faite dans l’intérieur de la matrice à l’aide d’une seringue munie d’une longue canule droite ou faiblement recourbée. Le liquide injecté dans la matrice est en réalité insignifiant; quelquefois composé, en vue de le rendre plus actif, de certaines substances réputées irritantes ou abortives. Je l’ai vu formé d’eau de savon, de vin de quinquina