‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 4)Chapitre 13 sur 76 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

« de rhomme! Je pense que la médecine légale n*a « ajouté aucun progrès sérieux aux doctrines reçues « dans la jurisprudence, et qu'elle ne doit en rien « les modifier. » Je suis convaincu, et j*ai hâte de le dire, que bien peu de magistrats consentiraient à signer cette page du Premier Président Troplong* C'est la thèse qu'avait déjà soutenue un médiocre légiste, Elias Regnault, qui prétendait, avec la même force de raisonnement, que les médecins ne sont pas plus compétents que le premier venu pour juger si un homme est ou n'est pas sain d'esprit.

Mais sur quel fondement s'appuierait la jurisprudence si elle n'avait d'autres lumières touchant la folie que les préventions du juge et son dédain des observations de la science?

Par malheur, le magistrat que je viens de nommer a fait école et quelques-uns ne dissimulent pas le peu de cas qu'ils font de l'opinion des médecins en matière d'aliénation mentale. J'en pourrais citer plus d'un exemple attristant; je me contenterai de rapporter une scène à laquelle j'ai assisté et qui, bien qu'elle ait eu pour théâtre l'enceinte d'une cour d'assises, semblera peu digne de la gravité du lieu et des acteurs qui y figuraient. Le jury avait à prononcer sur le sort d'une femme coupable d'une tentative de meurtre, qui avait, à une époque déjà ancienne, fait un séjour de quelques semaines à l'hospice de la Salpétrière. Le médecin dans le service duquel elle avait été placée était appelé comme témoin. Avant de l'entendre, le Président, magistrat dont la réputation d'esprit est universellement établie, crut

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