‹ Étude médico-légale sur la folie (volume 5)Chapitre 11 sur 62 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

« et ne peut exercer aucune des facultés qui se rat- « tachent à sa volonté et à sa conscience, comme la « perception, l'attention, le jugement et la mémoire ; « que s'il exerçait une seule de ces facultés, il aurait « conscience du moi et dès lors ne serait plus aliéné ; « qu'enfin, tant que l'empire sur soi-même existe « au degré le plus bas, il n'y a point d'aliénation « proprement dite; » on ne peut s'empêcher d'être frappé de ce qu'il y a de faux et d'étroit dans cette manière de considérer la folie. C'est ce qu'a démontré mieux que je ne pourrais le faire, avec la double autorité d'un médecin profondément instruit dans ces matières et de l'esprit excellent qui semble le patrimoine de sa famille, l'un de mes prédécesseurs dans la chaire de médecine légale de la Faculté, le professeur A. Royer-Collard : « Le moi, dans les dif- « férents degrés de l'aliénation, n'est presque jamais « perdu ou éteint d'une manière complète. Les opé- « rations intellectuelles dont l'activité libre est le « principe , sont tantôt suspendues , tantôt conti- « nuent de s'exercer d'une manière plus ou moins « imparfaite, plus ou moins irrégulière. Il y a plus-: « il est des cas où la volonté cesse d'être libre, sans « cesser pour cela d'être active. C'est une grande « erreur de croire que l'aliéné soit impuissant à « opérer certains actes qui nécessitent le concours « des facultés intellectuelles : c^est ainsi que l'aliéné « reconnaît des personnes ou des objets qu'il a vus « précédemment, se rappelle une foule de circons- « tances dans lesquelles il a été acteur ou témoin, « forme des projets et combine avec suite et un art

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