‹ Etude médico-légale sur la simulation de la folie: considérations cliniques et pratiques à lChapitre 19 sur 68 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ExameD dlreet.

Dans quelles conditions doit avoir lieu Texamen direct. — Physionomie. — Attitudes et gestes. — Septième observation. — Parole. —Huitième observation. — Plusieurs exemples de réponses de simulateurs. — Neuvième observation. — Les réponses des aliénés ne sont ni le contre-pied des questions, Di des absurdités incompatibles avec ces mêmes questions. — Examen de Tincohérence dans différentes formes de folie. — Suractivité de rintelligence. — Écriture. — Dixième observation. — Sensibilité et fonctions viscérales. — Sommeil et veille. — Sensibilité physique. — Digestion. — Circulation. — Respiration et calorification. — Sécrétions. — Commémoratifs ou état anamnestique. — Tableau des différentes causes d'après Marcé. — Période prodromique.

Considérons d'abord dans quelles conditions doit avoir lieu cet examen. Il nous paraît de toute nécessité que le sujet à examiner soit placé dans un asile pour que le médecin expert ait plus de latitude pour Tobserver. Là surtout où se trouvent des hommes expérimentés et livrés depuis longtemps au traitement de ces sortes d'affections, se trouvent aussi les moyens les mieux appropriés à l'observation la plus exacle de Tétât mental simulé ou non. Dans un asile, la surveillance est de tous les instants et continue. Le médecin peut voir l'individu sous des aspects bien différents, isolé et dans ses rapports avec les autres aliénés, le soumettre à telle ou telle occupation suivant qu'il le jugera convenable, le comparer aux autres malades. Il a tout le 4eiDps d'étudier et de peser chacun des symptômes, de

se rendre compte des fonctions physiologiques de jour et de nuit, de suivre pas à pas les diverses manifestations pathologiques. Le médecin a même, pour le suppléer, soit un médecin adjoint, soit des élèves internes. Ces aides intelligents, dont le simulateur peut quelquefois ne pas se méfier, demeurent dans l'asile et sont par conséquent en rapports fréquents avec les malades. Les infirmiers de leur côté sont rompus à la garde des aliénés. Dans une prison, les visites du médecin sont forcément plus rares. L'individu, s'il simule, se tient en éveil contre une surprise. Au moindre bruit, un pas, une ouverture de porte, etc., il déguise avec le plus grand soin ses mouvements, son attitude et ses paroles. S'il lui arrive d'en imposer à un médecin qui n'est pas habitué à soigner des aliénés, cela peut n'avoir pas lieu pour un spécialiste, mais le diagnostic est plus difficile. Les épreuves que l'on peut tenter dans un asile, à cause de la disposition des locaux et du matériel qui y est nécessaire, sont pour la plupart inapplicables dans une prison. 11 est vrai que l'on peut reprocher aux établissements spéciaux la facilité plus grande qu'ils offrent aux évasions à cause du mode de construction ; et on peut voir, dans quelques-unes des observations citées par nous, que ces tentatives ont été mises à exécution. Mais il est réellement possible d'y remédier par une surveillance plus immédiate. Cette condition par conséquent offre pour Tobseçyation des avantages qu'on ne saurait révoquer en doute. Un certain nombre de tribunaux sont entrés dans cette ma-

nière de voir et envoient dans les asiles tout criminel

présentant quelques symptômes d'aliénation mentale. Nous avons plusieurs faits qui ont été étudiés ainsi dans les asiles de Fains, de Maréville, de Sainte-Gemmes, etc. Le transfërement dans les asiles donne souvent lieu à un phénomène symptomatologique très-digne d'être signalé. On remarque un changement dans les manifestations morbides du sujet à examiner. Ce changement est dû à l'étude que peut faire le simulateur du type qu'il veut imiter et aux inspirations qu'il puise en voyant différentes formes d'aliénation mentale. C'est ainsi que le nommé Rambaud ne quittait presque pas une salle où il y avait des épileptiques couchés ainsi que des paralysés et restait surtout auprès du lit d'un épileptique mort depuis dans ses convulsions. Quelques jours après qu'on eut observé cette prédilection, Rambaud fut en proie à un état convulsif. Sa respiration était précipitée, ses yeux fermés, sa poitrine se soulevait avec force sous le mouvement d'insr piration et d'expiration. Il y avait de l'écume à la bouche; et sa figure était rouge et injectée. M. le docteur Morelreconnut bientôt, enl'examinant, que cetindividu simulait l'épilepsie. Plus tardée même criminel simula des tentatives de suicide. Nous avons bien d'autres exemples de ce changement de symptômes dû à l'imitation. Cela ne saurait constituer une objection contre le transfèrement dans un établissement spécial, attendu que le médecin attentif et suffisamment instruit des formes d'aliénation mentale ne laissera pas échapper un revirement si subit et une irrégularité si singulière dans la marche des symptômes. On ne peut que

conseiller au médecin expert qui poursuit ses recherches dans Tasile d'étudier de la manière la plus complète et le plus tôt possible l'individu gui lui est soumis afin de pouvoir mieux constater les modifications que diverses fonctions subiront après la séquestration prolongée dans les établissements spéciaux. II est donc à désirer, suivant nous, que les accusés présentant des symptômes d'aliénation mentale soient confiés dans les asiles à l'expertise du médecin légiste.

Dans le cas où le tribunal n accéderait pas à cette demande du médecin expert, celui-ci se trouverait borné, à un certain nombre de visites, à interroger les gardiens. Il devrait faire à ces derniers des recommandations suffisantes pour que la surveillance soit le plus continue et le plus immédiate possible.

Nous arrivons dès lors à la manière dont nous devons procéder et aux ressources que Tart médical nous fournit.

Nous ne saurions mieux faire que de suivre les jalons que l'illustre Guislain de Gand a si bien posés pour l'élude clinique de l'aliénation mentale. Nous étudierons successivement,

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