‹ Étude médico-légale sur les blessuresChapitre 61 sur 72 · BLESSURES FAITES PAR LES ANIMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

BLESSURES FAITES PAR LES ANIMAUX DOMESTIQUES

coup, et une péritonite suraiguë emportait le pauvre enfant au bout de quarante-huit heures. Ce malheur imputé, par des parents irrités, à la négligence et au défaut de surveillance des directeurs de l'école, donna lieu à un grave procès en responsabilité, qui, après de longs incidents, aboutit à une fin de non-recevoir.

Des blessures moins graves, des contusions à divers degrés peuvent atteindre, dans des conditions analogues, à peu près toutes les parties du corps indistinctement. Il serait superflu de s'y arrêter.

Je ne dirai plus qu'un mot des hémorrhagies, parfois mortelles, qui peuvent suivre soit le choc d'un instrument aigiï lancé imprudemment à une certaine distance, comme un couteau ouvert, un canif, des ciseaux, soit la chute du corps sur la pointe d'une arme quelconque ou sur un éclat de vitre brisée. On a pu remarquer, dans les observations recueillies au début de cette étude, le cas malheureux (obs. GXIV) d'un marchand de vins, qui eut le creux axillaire traversé par un éclat de verre provenant d'un carreau contre lequel l'avait poussé la brutale maladresse d'un ivrogne, et qui succomba à une hémorrhagie foudroyante produite par la lésion de l'artère.

èjs. Article XI. — Blessures accidentelles faites [par les animaux domestiques-

On n'a pas oublié la disposition expresse de la loi qui fait peser sur le propriétaire d'un animal, ou .sur celui qui s'en sert, la responsabilité des dommages que l'animal a causés, soit qu'il fût sous sa garde, soit qu'il fût égaré ou échappé. Déjà j'ai fait connaître quelques-unes des circonstances dans lesquelles peut être invoquée cette responsabilité à l'occasion d'accidents de voitures et de blessures produites par des chevaux emportés ou mal dirigés. Il en est d'autres encore qui doivent être rappe-lées ici.

Mais il convient de faire remarquer d'abord que ce ne sont pas seulement les chevaux qui peuvent faire du mal et engager la responsabilité de leur maître :

Les chiens, les chats, les bestiaux mal surveillés, tous les animaux domestiques, en un mot, ont été souvent la cause d'accidents d'une certaine gravité.

11 suffit de rappeler les blessures terribles faites par des taureaux, par des bœufs, échappés et furiôux, qu'on trouve en grand nombre dans les recueils de chirurgie : éventration par des coups de cornes, fractures ou contusions résultant de la projection en l'air ou du piétinement; les coups de pied donnés par des ânes ou par des mules ; les enfants dévorés par des porcs ; les morsures profondes et parfois les mutilations faites par des oiseaux de volière ou de bassecour; le perroquet, le dindon, l'oie, le cygne.

Je ne prétends pas énumérer tous les cas de ce genre qui peuvent donner lieu à des poursuites judiciaires ou à des procès dans lesquels les constatations du médecin légiste sont indispensables.

Mais je ne peux passer sous silence les faits les plus communs, ceux dans lesquels il s'agit de morsures faites par des chevaux ou par des chiens ; les exemples en sont tellement fréquents et connus qu'il est à peine besoin d'en citer; cependant, il est bon d'insister sur les suites qu'elles peuvent avoir.

Le plus souvent, les dents du cheval atteignent quelque point des membres supérieurs, l'avant-bras de préférence. La force considérable des mâchoires de l'animal complique la plaie des parties molles du broiement des os; la blessure est d'ailleurs double et se trouve dans des points correspondants de chaque côté du membre blessé. La cicatrisation peut s'opérer facilement et sans conséquence fâcheuse. Mais, dans d'autres cas, la main mordue peut rester infirme par la formation de brides adhérentes et l'ankylose incomplète des articulations, qui rendent impossibles les mouvements de flexion des doigts. J'ai rapporté le cas très-intéressant (obs. CXX) d'une double morsure faite au bras par un cheval, à la suite de laquelle étaient survenues l'atrophie des muscles de l'avant-bras et la rétraction des deux derniers doigts de la main. C'est là, en efl'et, une des conséquences les plus fâ-

OBJET ET RÈGLES DE l'eXPERTISE.

cheuses des morsures de cette espèce, de déterminer la lésion des nerfs du membre blessé, et par suite des troubles de la nutrition et de la motilité qui constituent de graves infirmités.

Enfin, le broiement des os peut nécessiter l'amputation, soit d'un doigt, soit d'un membre.

Et alors même que l'opération n'a pas été jugée util^ ou opportune, la morsure elle-même peut amener la mort, en se compliquant, soit du tétanos, soit de fièvre purulente.

Les morsures de chien n'ont pas en général autant de gravité, sauf les cas de complication de la nature de celles que je viens d'indiquer. Elles se bornent en général à faire de petites plaies plus ou moins profondes aux rnains, aux avant-bras, aux mollets, quelquefois au visage, et laguérison s'opère en général assez vite sous l'influence des moyens les plus simples, sans accidents sérieux.

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