LÉSIONS DE CAUSES INTERNE OU EXTERNE. H
contraire, postérieure à la mort. De là, trois questions que nous allons examiner rapidement.
Article premier. — Quelle est l'espèce de la blessure.
La détermination de l'espèce de la blessure rentre, à vrai dire, complètement dans la diagnose chirurgicale. La blessure ne peut être, en effet, qu'une contusion (ecchymoses), excoriation, bosse sanguine), une plaie, une fracture ou une luxation.
Il serait hors de propos de définir chacune d'elles et d'en retracer les caractères ; il y a là une simple application des connaissances générales.
Article II. — Comment distinguer les lésions de cause externe des lésions de cause interne.
Nous n'entrerons pas dans de longs détails sur cette question, nous nous contenterons de rappeler que les fractures et les luxations qui sont le plus ordinairement produites par des -violences, peuvent aussi survenir spontanément, mais dans des conditions toutes spéciales de diathèse ou de cachexie , ou avec dés désordres profonds et de longue durée.
En regard des plaies ou solutions de continuité des parties molles que détermine un instrument vulnérant, il convient de placer les ulcérations; et si la confusion parait impossible quand il s'agit de lésions récentes de l'une ou de l'autre espèce, il peut arriver qu'après un certain temps et sous l'influence d'un état particulier de la constitution, les caractères des plaies s'effacent, et qu'il faille une certaine attention pour ne pas se méprendre sur leur nature véritable.
Enfin, le signe essentiel de la contusion, l'ecchymose, se montre elle-même dans diverses maladies de cause interne, le purpura, le scorbut, l'hémophylie, l'érythème noueux, la fièvre synoque simple. Les ecchymoses dans ces différents cas, qu'elles soient de cause interne ou de cause externe, ne sont pas distinctes par elles-mêmes, c'est-à-dire par l'extravasation sanguine qui les constitue. Mais elles présentent des
■l-* NATUIIK DES BLESSURES.
clifTérences, en général, faciles à saisir. Leur nombre esl beaucoup plus considérable lorsque les ecchymoses reconnaissent pour cause une afleclion spontanée. Leur siège est variable ; elles sont disséminées au hasard, sans relation avec une action locale, leur forme est plus régulière; elles sont généralement arrondies, tantôt ponctuées dans le purpura, tantôt diffuses dans le scorbut on l'érylhème noueux; la contusion, au contraire, détermine des ecchymoses le plus souvent irrégulières dans leur étendue et dans leur forme, à moins qu'elles ne reproduisent celles de l'instrument contondant, à l'aide duquel les coups ont été portés. Enfin, les conditions de production de l'extravasation sanguine non traumatique sont suffisamment connues, et nous n'avons pas à énumérer ici les signes caractéristiques des maladies que nous venons de citer.
Article III. — Comment distinguer les lésions faites pendant la vie de celles qui sont postérieures à la mort.
11 est d'une extrême importance, dans la pratique de la médecine légale, de sayoir distinguer les lésions faites sur le vivant de celles qui sont postérieures à la mort. Les erreurs sur ce point sont nombreuses et fréquentes, et cependant un peu d'attention suffit pour les éviter. La question demande d'ailleurs à être étudiée d'une manière particulière dans chaque espèce de blessure. Il est hien entendu qu'il ne s'agit ici que des lésions externes, de celles que l'on peut constater à l'extérieur du cadavre ; et que le même problème se reproduira et devra être traité pour chaque genre de mort violente, strangulation, pendaison, empoisonnement^, etc. ^.
Contusions. — Les contusions faites pendant la vie se distinguent de celles qui ont suivi la mort, qu'elles s'accompagnent d'ecchymoses ou d'excoriations.
En effet, s'il est 'possible de déterminer sur un cadavre,
1. Vo}'. Olliviei- (d'Angers', UonsuHalion médico-légale et obserralions sur queiquen-uns des phénomènes cadavériques qu'on peut confondre avec des lésions accidentelles antérieures à la mort. (Arcli. génér. demèd., fév. 1639, ei Ann. d'hygiène publique, t. XXII, p. 195,1.