Cautet célèbres, affaires Chastagneux et Montbailly
2. Roesch, Annales d hygiène et de médecine légale. Tome XX, 1838, p. (55.
3. Marc, Relation médico-légale du procès en condamnation, révision et * réhabUitalion. {Ann. dliyg., 1832, tome VII, p. 869.)
4. Devergie, Médecine légale théorique et pratique, S* édit. 1840, tome I'% p. 105.
d opérées, et la mort est survenue. Si P... n^eût pas été ivhe, il y « a tout lieu de croire qu'il n'aurait pas succombé. Si P... ne s'était (( pas battu, la mort ne serait pas arrivée. LUvresse a été la cause a prédisposante de la mort, et la lutte en a été la cause détermitf nante ou l'occasion. »
Le second exemple n'offre paajnoins d'intérêt. Il nous paraît utile de le rapporter ici d'une manière complète. A part un point théorique qui peut être discuté, il indique une application très-saine des vrais principes de la science à une des questions médico-légales les plus graves.
II« Obs. — Blessures reçues dans Vétat dHvresse, Mort par coitgestion du cerveau et des poumons *. — « En 1810, un militaire adonné aux excès de la boisson fut chargé de conduire trois jeunes conscrits à Saint-Germain en Laye, et logea avec eux dans une chambre au deuxième étage. La rampe qui régnait le long de Tescalier était composée de barreaux très-écartés. Deux des jeunes gens, rentrés de bonne heure, s*étaient couchés ensemble, et doi^ maieut, lorsque leur conducteur, ivre à l'excès et pouvant à peine se soutenir, vint les réveiller et voulut les forcer de lui céder le lit qu'ils occupaient. Impatientés de ce mauvais procédé, ils se levèrent et le poussèrent hors de la chambre, qu'ils refermèrent au dedans. L'ivrogne fit d'abord beaucoup de tapage sur le carré, puis tomba dans une espèce de stupeur et resta couché sur les carreaux. Lf troisième conscrit, rentré le dernier, trouva cet homme sous ses pieds, frappa à la porte de ses camarades qui ne lui ouvrirent qu'à la condition qu'il ne laisserait pas entrer l'ivrogne avec lui. Ils l'entendirent pendant la nuit s'agiter plusieurs fois violemment; mais comme il leur inspirait plus d'horreur que de pitié, par les mauvais traitements dont ildes accablait depuis qu'ils étaient confiés à sa garde, ils eurent l'imprudence de ne pas^le secourir. Le lendemain matin, on trouva cet homme au premier étage, couvert de plaies, de contusions, et privé de la vie.
Les jeunes gens, soupçonnés d'être les auteurs de la mort de
ce militaire, furent incarcérés, et on fit procéder de suite par des
chirurgiens à la visite du cadavre, lesquels, après un examen
superficiel, et sans description exacte des parties lésées, attribuè-
' rent la. mort de cet homme aux blessures apparentes.
i. Percy et Laurent, DicUonn. des sciences médicales, tome XXVI, p. 255.
c M. le docteur Voisin, consulté par les magistrats, trouva le procôs-verbal incomplet, et demanda quUl fût procédé à un nouvel examen du cadavre enterré depuis plusieurs jours ; en conséquence Texhumation fut ordonnée, et M. Voisin, en présence des magistrats et des chirurgiens qui avaient fait le premier procès- verbal, constata authentiquement :
a lo Que les blessures n'étaient pas essentiellement mortelles; que les veines de la dure-môre, et celles qui rampent dans le tissu de la pie-môre, étaient considérablement gorgées de sang ainsi que le plexus choroïde; que les ventricules du cerveau contenaient une assez grande quantité de sérosité; 2o que les lobes inférieurs du poumon étaient gorgés d'un sang dissous; que Pestomac, qui n'avait pas été ouvert à la première inspection, était très-distendu par des gaz, et contenait environ une livre d'une liqueur mêlée de flocons noirâtres, et répandant encore l'odeur de Peau-de-vie. Les orifices cardiaque et pylorique étaient phlogosés, et la membrane muqueuse était parsemée de taches rougeàtres dans toute son étendue. *
« D'après l'examen dé tous ces faits, M. le docteur Voisin, éclairé par le mémoire de Percj sur l'ivresse convulsive, donna les conclusions suivantes : L'homme que nous avons visité a été dans un état d'ivresse simple, qui est devenue convulsive, et il a pu se précipiter du second au premier étage, dans le moment où, en proie aux mouvements convulsifs, il se débattait et se roulait sur le carré ; les lésions externes peuvent être le résultat de la chute et la mort parait plutôt due à l'effet de la douleur causée par l'inflammation de l'estomac et à l'état apoplectique du cerveau, qu'aux blessures qu'a présentées le cadavre.
a C'est ainsi que cet habile praticien a sauvé de l'échafaud des jeunes gens qui n'ont été qu'imprudents et trop peu charitables. »
La seule remarque que nous ayons à faire au sujet de cette observation est relative à cette forme convulsive de l'ivresse qui n'a nullement besoin d'être invoquée ici pour rendre compte du fait, et expliquer la chute de l'homme ivre. L'important, c'est que la mort ne doit pas être attribuée aux blessures, mais bien aux lésions caractéristiques de l'ivresse.
Nous devons maintenant choisir parmi les faits que nous avons recueillis, ceux qui sont le plus propres à établir le point de doctrine dont nous cherchons à préciser la valeur.
Tardisu, Blêtiuret. 8
lii iU)NSK«,HK:»t:Es des hlksstres.
Noof? nou* cflbreprons ensuite de tirer de ces mèrne:? fail.< quelque inmière sur la nature des altérations que détermine t'ivresse aïcoolique.
III« Obs. — Qmiusioni. — - Mort rapiit, — Etat dtiar§m€^ — Apoplexie méningée. — Le sieur D..., à CbareotoD SaiBt-Msuritt. étant de gard«« le 25 mai iS48, rentra au |>o6le daas bu état d'ivresse presque furieux qui exigea qn^on lui £!l paaaer la Boit an Tiolon. Le lendemaia il n'avait p«9 repria coBaaiaBaaca^ et« transporta chez lui, il expira au bout de quelques heuTes. On aiait remarqué sur le corps des ti^aoes de contusions d^aiilearft fort Légères, et les prockes n^avaieut pas héaifcé à attrilmer La mort an suites dea coups et des blessures qu'aurait refus le aieur D...
L'autopsie ordonnée par la justice nous permit de ooaataâer fw la mort n'était uuUement le résultat de ces prétendue» blesaurcs, mais qu'elle avait été produite par un épanchement cottaidérahltf de sang coagulé daaa la grande cavité de F arachnoïde et dans ki ventricules.
IVe Obs. — Blessures résultaiU dtwnê ehuts, — Morii par apoplexiê méninfjtéSj suilê de levrette et du frêid. «- Lb nontnié Gofcr, âgé de GO ans, est trouvé mort aur le boulevard, dana la nuit du 11 au 12 mars 1847, qui a été extrêmement froide.
Le cadavre apporté à la Morgue a présenté les lésions suivantes: A la tête, en arrière, plaie coutuse à lambean sapériemv, ^^rge de 12 centimètres sor 8 de hauteur. Bords irrégulier»^ isipré^Dës d€ boue et de sable. — Pas d'enfoiieemeat ni de fracture dis crâne. — Excoriation avec ecchymose da dos du nez et de Lalèvre a«péricur»: (les deux coudes et des genoux avec infiltration aangiiiiie asseï étendue sous la peau. — Inûltration séreuse trèa-conaidérable du tissu sous-arachnoïdien, sur toute la convexité du cerveau. — Médiocre quantité de sérosité dans les ventricules. — Pas d'epauchement dans l'épaisseur du cerveau; mais à la base, eoucheiie !4ang coagulé enveloppant la moelle allongée et la protubérMirt? de toute part. — L'encéphale exhale une odeur alcoolique trèaprononcée. — Poumons assez volumineux, médiocrement «agoués. — Cœur de dimensions normales, complétemeut vide de sang. — Estomac distendu par une grande quantité de matières alimentaires non digérées et de vin
V* Obs. — Plaie de tête résultant d*une chute. — loresse. — Mort par congestion cérébrale et pulmonaire. — Le sieur B..., cordonnier, rue des Vinaigriers, no 13, âgé de 44 ans, avant des
LA MORT EST-ELUS i^ COffSÉOUElffCË Bfi lA BLESSURE. 115
èabitades d'ivrogptcrM pauaBé«s à Uexeès, «i ue ^vact pocu* ainsi é&re qtie d^lct>oI, était déjà ivre depuis la matin, k)raqiia^ic 2S octobre 1847, il entra daas un cabaret où il a'endornait. BMAtôfe U tomba de son base et ae ftt ana plaie ^ers Tangle externe d» Veûi <lreit. On le-reUTe^ il cantinae k ronftBr; maia a« bout iTime demâbeure la reaptrafeioii eeasa et om le reporta claa lux norl
Amtopm prmtiquie l9 amrlmdumaim. — A l^kmgla exteraua da rœtl droit, petite plaie^ contaae, récente, a^itac ecohjmosa dii tissu scMiar autané, sass- lésion da Poa. — Aucona autre; contoaion oa bk»sure. — Crâne sans fracture. — Vaisseaux superficiels delà duremère etdti cerTeaa distendus par le san^. Tissu eelloiaire sousaraebaoldien et pie^mèra infiltrés d\uie g^rande quantité de sérosité tronbfee, sanguiaoleataen qneiqwaa points et formant qael(}U08 plsques d%in rouge Me de vin à tft suràu:e des cireonTolutions at notamment à la base et en arriére. — » Un peu de sérosité sangninetente dans Tarachnelde et de sérosité trouble dans les ventrir cules. — Substance cérébrale fortement injectée de sang pointillé rouge ; il s^en exhale une odeur alcoolique très-prononcée. — Pas d'épanchement de sang ni* de eailk>t dans la substance du cerveau. — Poumons gorgr^s de sang soir qui s^éeoule abondamment à chaqtie incision. — Tfesu* très-friable. — Bn quelques points sang noir infiltré. — Cœur peu volumineux. — Ventricule gaucbe •contracté, vide. — Poumon droit contenant un peu de sang liquide noir, sans cailLDts. — Estomac TÎde^; queilques débvis de fruits à l*eau-de-vie.
De cet examen on peut conclure que ;
\^ La mort est le résultat naturel d'une congestion cérébrale' et pulmonaii*e, probablement déterminée par riyresse.
2° 11 n'existe sur le corps aucune trace violence si ce n'est, à Tanglie externe de Toeil droit, une petite plaie contuse qui parait avoir été produite par une chute.
^* Cette chute a dû être Teffet plutôt que la cause de la double congestion à laquelle a succombé le sieur B...
Vl« Obs. — Chu^ du corps dans l'état d'ivrmse. — Conhuion».
— Mori subits. — Hèmorrkagis méningée eê apopUxiê pulmûwiirs.
— Le sieur Henry, à Cliohy-1'a-Garenne, après être sorti de plusieurs cabarets et avoir eu une altercation assez vive avec sa
femme, est trouvé mort, le 20 juillet 1846, au pied- d'une échelle par laquelle il avait coutume de monter à sa soupente. Une enquête judiciaire est commencée, et l'examen du cadavre amène les constatations suivantes :
116 CONSÉQUENCES DÇS BLESSURES.
Autopsie. — Pas de plaies. — Pas de fracture du crÂne. — Contusions produites par la chute sur Poccipital et dans le dos. ^- Apoplexie méningée sur Thémisphère droit. — Ramollissement commençant des parois du ventricule droit. — > Congestion et apoplexie du poumon gauche. — Engouement du poumon droit. — Cœur assez volumineux, — Ventricule gauche à parois épaisses et fortement contracté. — Ventricule droit affaissé. — Pas de caillots ni dans les oreillettes ni dans les ventricules. — Sang noir en petite quantité tout à fait liquide. ' — Estomac rempli d^aliments solides et de vin.
VII« Obs. — Contusions. — Empoisonnement présumé. — Ivresse. — Apoplexie méningée. — La veuve D..., à Montmartre, dès longtemps adonnée à tous les excès et surtout à l'ivrognerie, souffrait habituellement de maux de tête et d^estomac. Ses malaises s^aggravèrent tout à coup, et elle tomba dans un état de stupeur avec hémiplégie. La mort arriva le troisième jour, 5 avril 1847, sans qu^elle eût repris connaissance.
Un premier examen ayant, on ne sait pourquoi, éveillé l'idée d^une lutte violente et d'un empoisonnement par Topium, Tautopsie fut ordonnée et confiée à M. le docteur Bayard et à moi.
Autopsie. — État extérieur. — Face et lèvres très-pàles, presque décolorées, — Légère déviation des traits. — Pas de contusions ni de blessures à la tête. - A la main et sur le poignet du côté gauche plusieurs ecchymoses dont Tune n*a pas moins de 6 centimètres sur 4; sur le dos de la main d^autres plus petites se rencontrent à la base du deuxième et du troisième doigt. — D'autres ecchymoses semblables existent au-devant des genoux et de la jambe gauche, et sont comme les précédentes le résultat de contusions.
Cavité crânienne. — Os du crâne et enveloppe du cerveau à Fétat normal. Seulement un peu d^injection de la pie-mère et une certaine quantité de sérosité infiltrée dans le tissu sous-arachnoldien. A la base du crâne, à la surface du cervelet cette infiltration est tout à fait sanguinolente. — Le ventricule droit est rempli et distendu par un énorme caillot de sang du volume d^un œuf de dinde, d'une consistance déjà solide. — Les parois des ventricules, désorganisées par Tinfiltration du sang provenant de Thémorrhagie, sont ramollies jusqu'à la surface des circonvolutions
du lobe moyen. — La cloison ventriculaire est déchirée. Le
ventricule gauche contient environ deux ou trois cuillerées de sérosité sanguinolente.
Cavité thoracique, — Poumons fortement engoués et congés* lionnes. — Cœur très-flasque renfermant dans les oreillettes et dans les deux yentricules quelques caillots peu nombreux et peu consistants mêlés à du sang noir liquide.
Cavité abdomineUe, — La face interne de l'estomac présente en plusieurs points des plaques d^arborisation d^un rouge yif avec ramollissement de la membrane muqueuse, mais sans ulcérations ni destruction des parois stomacales. — La matrice saine ne renferme aucun produit de conception.
Des faits de Texamen qui précèdent on peut conclure que :
lo La mort de la veuve D... est le résultat d^une apoplexie caractérisée par un épancbement de sang dans la substance cérébrale.
2? Cette apoplexie ainsi que les lésions qui existaient dans Pestomac peuvent être attribuées aux excès de tous genres auxquels il est constant que se livrait la veuve D...
3o Néanmoins les présomptions d^empoisonnement par un narcotique qui ont été élevées au sujet de la mort de la veuve D..., ne peuvent être complètement éclaircies que par Texamen et Tanalyse des matières contenues dans le tube digestif.
4^ Les contusions observées à la main et à la jambe gauche peuvent être le résultat de violences ou de coups accidentels.
VIII« 0b3. — Plaie du col. — Ivresse. — Congestion cérébrale et pulmonaire» — Hémorrhagie méningée, — Mort, — Le 8 février 1847, le nommé Cholet, homme très-robuste. Agé de 19 ans, À la suite d^une rixe ot le sieur W... lui avait porté un coup de. pelle en fer, mourut instantanément. Le cadavre porté à la Morgue fut soumis à notre examen.
Autopsie, — Êlat extérieur, — Rigidité ass^z marquée. — Pas de putréfaction. — Exqoriation et ecchj^mose à la partie antérieure de la jambe gauche. — A la région mastoïdienne du côté droit, à 2 centimètres en arrière de Toreille, plaie transversale à bords réguliers de 2 centimètres et demi d^étendue, pénétrant profondément en arrière, à travers la masse charnue des muscles de la nuque, sans entrer dans le crâne ni dans le rachis, sans léser aucun tronc vasculaire important. ^- Le trajet est marqué par une infiltration de sang coagulé dans le tissu vasculaire.
Tête. — Pas de lésion du crâne. — La dure-mère intacte n'est déchirée nulle part et adhère à tous les points de la botte osseuse sans qu'il y ait de sang entre les os et la membrane fibreuse. La surface des hémisphères, à la partie antérieure et- à la base du
tl8 €ON8ÉOUK1«CBS «ES BLESSURES.
oerwesM et du oei'velet, est couverte d^une couche de «ian^ demtooa^lé épanché entre lee Juillets de raraclinolide. Ras de caillots dans la suhetaBce cérébrale qui eet ferme «t coufiistaiiÉe . — Dans les ventricules, dont la oloisom est détruiie, «paiiciieakent de saug liquide mêlé de sérosité^ environ âOO^rammes^ ^aua lequel nageât quelques caillots iKÛràtres. — Odeur alcoolique trèe-farie eiifaalée par le cerveau et les autres viscèree.
Cavitéê ciêcéralet^ — Gœui* trèB-volumi&eux. — Vecitricttle gaache vide. — Cavité droite pleÛM 4e sang liquide. — Poumons très-engoués et congestionAés. — Estomac contenant va denû-iitre «ke vdn en partie aliét^é.
Nous ooncluons de cet examen que :
1** La mort du nommé Choletest le résultat d'une a]K>plesie a*er ^panchemaat de sang dans la cavité de raracbnoidâ -et ies ««nttrictoles du cerveaa.
29 Cette apoplexie, qui a pu produire la mori d'une maAÎÀre inettaatanée, A suivi ane oongestion violen4e à la production de laquelle a dû puissamment ceoifcribuer Tétat d^ivreese dm s lequal -était le aiettr Cholet au moment de la moi*t.
30 La blessure qui existait à la région jnasto]idiean« du oMé droit, et qui a été prodtùite par un instrument À la €eis trancktut et contondant, a^a pu par alle-<méaM détermiaer la mort.
^ Il est posaibie que le <:oup porté à la iôte et la chute qai en a étté la suite n'aient pas été sans inâuence aur ia jK>adBcrtiaB ie Tapoplexie, mais on ne saurait rien préciser k 'Oei «égard.
5*> L^odeuralcoolique qu^exbalaienttous ies ffl'gaaes du oadavre. at aotamdnemt le «erveau, et la pré«enoe -.d^nne assaa gras de quantité de vin dans restomac, ne peuvent laisser de «doittte aur l'étit ipès-prononoé dUvripsse dans lequel devait être le sieur <7iM>lftt au meiaeatde la mort.
Obs. IX. — Plam non 'pénétrante ,pmr iimsttmmemt piqmmL — Etat d'wreêêt. — Sémorrka^e méniM^èe. — Apapiewie puhncmiin, — Mort,
Le id janvier 1S46, ii neuf heures et demie du sair^ ûangueager et Pileux, qui avaient bu ensemble depuis midi, aeftrirentde^ue* pelle, et après une première i^xe sans iaqKxrtadice, ils se rejoigaàrent dans la rue, et, dans leur nouvelle rencotoitre^ Dangueuger porta va Pileux plusieurs coups d'un for«t dont il s^ôtait arme. Celui-ci, après quUls furent séparés, rentra chez lui à pied et se ooiicha. Sa femme rapporte qu'il s^eudormit rapidement sans rien dk*e et ne tarda pas à ronâer. Ce ronflement alla en augmentant.
LA MORT EST-ELLE LA CONSÉOLEBiO': I*€ LA BLESSUHK. i l*J
mais n'inquiéta pas la femme qui n'y vit qu'une suite habituelle à rivresae de son mari. Cependant, à sept heures et demie du matin, il expirait sans avoir présenté aucun autre symptôme.
Autopsie faite le 20 janrier avec le docteur Pourret, de Boulogne^ dix heures après la mort.
Reste de chaleur. — Rigidité commençante. — Pas de patréâKïtion. — Quelques excoriations à la face. — Un peu d'écume rosée à la bouche. — A la partie postérieure du tronc, le long du bordl postéi'ieur de l'omoplate gauche, trois petites plaies arrondies, étroites, à bords enfoncés, entoui^s d^une aréole rouge, distantes Tune de Tautre de Ûni,05À0oi,06; deux plaies aemblaliles existent. Tune plus haut et eu dedans, près de la colonne vertébrale, l'avtre vers le bord postérieur de Faisselle gauche. Au niveau de ces plaies, et profondément entre les muôcles postérieurs de la gouttière vertébrale, une assez grande quantité de sang infiltré. Aucune de oee plaies n'est pénétrante. — Il n'y a pas d'épanohement dans ies plèvres ; mais au-dessons de la membrane eéneuse, au point qui cori^espond aux plaies, on trouve une ecchymose de 0a>,06 à 0",08.
— Les poumons qui n'ont pas été atteints présentent à la surfaoe et vers la base des noyaux de sang infiltré dans la sabstance pulmonaire, disséminés en plusieurs points, dont le volume varie de|»uis celui d'un gros pois Jusqu'il celui d'un œuf da pigeon, fin*maut ainsi à la superficie des deux poumons des tadias noirâtres^ et à l'intérieur des épanchements apoplectiques. A la partie postérieure, engouement assez considérable. — Dans la trackée et les bronches, écume fiaie et rosée. — Cœur vide de saa^ si ce n'est un peu de sang coagulé dans la veatricule droit. — Ëstoatac vtde.
— Digestion achevée.
A la téte« en avant de l'oi>eille gauche, plaie très-petite par vm instrument piquant. Infiltration sanguine s'étendant profo nde meut dans le muscle temporal et le tiasu cellulaire voisin. Pas d'ecchymose extérieure. Os du crâne intacts, notamsuent dans la région temporale. — Pas d'épanchemeut entre les os et la doreméra. — Enveloppes du cerveau distendues au niveau de la portion temporale de l'bémispbère gaucho. Dans ce point on trouve du sang exhalé dans raraohaoXde; un caillot gros comme le poing remplit les deux ventricules dont la paroi latérale gauche est ramollie et déchirée jusqu'à la surface des circonFolutioias. — Caillot dans le troisième et le quatrième ventricules.
De cet examen noas avons tiré les conclusions suivantes :
lo Ijt oM'ps du sieur Pileux présente à la partie postérieura du
tronc, dans la région scapulaire gauche et à la face, en avant de Toreille gauche, plusieurs petites plaies faites pai* un instrument piquant analogue au foret qui nous est présenté.
2° Ces blessures n'ont pas pénétré dans la poitrine, n^ont lésé aucun organe important et n^ont produit qu^uue hémorrhagie intra-musculaire. Aucune d^eiles n^est la cause directe de la mort 3^ La mort est le résultat d'une hémorrhagie cérébrale ou apoplexie.
4<* Cette apoplexie, favorisée par une disposition particulière do sieur Pileux, et surtout par Tétat dUvresse dans lequel il se troavait, a pu être déterminée d'une manière occasionnelle par les coups dont a été atteint le sieur Pileux dans la rixe violente qui a précédé sa mort.
Des explications ayant paru nécessaire? sur la part que les blessures avaient eues en réalité dans la mort du sieur Pileux, nous avons reçu mission, mon collègue le docteur Bajard et moi, de prendre connaissance des diverses dispositions et d'exprimer notre avis sur les causes de la mort et sur les conséquences probables des blessures, faites à Taide du foret, dans le cas oîi elles n'auraient pas été suivies d'apoplexie.
Discussion médico-légale. — Afin d'arriver à une appréciation exacte des éléments de la question qui nous est soumise, nous avons recherché :
A, Quels étaient les antécédents du sieur Pileux, sa constitution et ses habitudes de santé ; B, dans quelles conditions il se trouvait au moment même de la rixe qui a eu lieu entre lui et le sieor Dugueuger, et quelles ont été les circonstances qui ont accompagné et suivi cette rixe; C, enfin quelle relation on doit établir entre les lésions constatées par Pautopsie et les accidents qui ont précédé la mort.
A. Le nommé Pileux, dit MuUer, âgé de vingt-sept ans, homme violent et irascible, était d'une constitution peu forte et en apparence affaiblie par les excès.
Cependant il ne semble pas que sa santé fût habituellement mauvaise. Les témoins sont très-explicites à cet égard.
Malar, oncle de Pileux, s'exprime ainsi : c Jamais, à ma connaissance, mon neveu n'a été malade. »
Tobet : a II y a longtemps que je connais Pileux. Je ne Pai jamais vu malade. »
Les époux Coquet : u Pileux a toujours été d'une bonne santé, et je ne pense pas qu'il aitjamais eu besoin de consulter un médecin. >
La fille B..., concubine de Pileux : « J*ai toujours connu Pileux d^une bonne santé, jamais il n^a eu besoin de s^adresser à un médecin. »
Mais sUl est constant que Pileux n^a pas fait, récemment du moins, de maladies graves, il est également prouvé qu'il s^enivrait très-fréquemment. Et bien que les dépositions de Legros, de Malar, de Coquet et de sa femme senablent indiquer que c Tivresse ne produisait pas cbez lui plus d'effet que cbez un autre, » nous voyons, diaprés Je témoignage trôs-important de la fille B..., que « quand il était ivre Pileux ronflait très-fort et que son sommeil était lourd et prolongé. » Ces derniers mots prouvent de la manière la plus positive que, chez le nommé Pileux, Tivresse s'accompagnait, à un degré assez notable, de congestions cérébrale et pulmonaire.
Et si l'on considère que cet état était pour lui presque habituel, on comprendra quUl a dû en résulter chez Pileux une prédisposition particulière que sembleraient exclure son âge et sa constitution.
B. Le 19 janvier 1846, Pileux était resté à boire dans le cabaret du sieur Lebeau, depuis midi jusqu'à neuf heures, et tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il était ivre. Cependant son oncle déclare qu'il n'y avait rien de trop, et Legros igoute que, quoique en état d'ivresse, il n'allait pas de travers.
C'est dans ces conditions que Pileux est sorti et s'est volontairement détourné de son chemin pour aller attendre le nommé Dangueuger, avec lequel il a pour la seconde fois engagé une rixe.
Celle-ci a été violente, mais pas très-prolongée. Du reste il est bien établi que Pileux n'a pas été renversé et n'a pas reçu de violentes contusions sur la tète. Suivant la remarque du sieur Coquet, c'est en tenant Pileux par les cheveux que Dangueuger le frappait.
On sait de plus que sa main était armée d'un foret.
Après qu'on eut séparé les combattants. Pileux fut ramené chez lui par son oncle et le sieur Coquet.
Déjà un changement notable est signalé dans son allure. On dit qu'il était complètement ivre. Malar et Coquet s'accordent à dire qu'il marchait très-difficilement et qu'on avait de' la peine à le soutenir. Il ne prononçait que quelques mots sans suite, « comme un homme qui n'a plus sa tête, t ce que les témoins attribuent tant à un peu de boisson qu'aux coups qu'il avait reçus.
Quoi qu'il en soit, il est évident qu'un changement appréciable se manifestait déjà daus l'état de Piieux.
i2â CONSÉQUl^INCKS UËS BLESSURES.
Ramené chez lui, et pendant qu^on le déshabillait à grand*paiiie» il demaBda à aller à la garde-robe, et la fille B... affîrnie qu'il eut une selle liquide. La douleur assez vive qu'il témoigna au momeat ou Ton touchait ses blessures, montre qu'il conservait encore quelque sensibilité. Mais à peine fut-il placé sur aon lit quHl tomba dans un lourd sommeil. T^ous laissons la fille B... raoonter, daas des termes d'une vérité sataissantâ, la manière dont s'est achevée la nuit : « Sou sommeil était loin <l'6tre calme; il se tournait et se retournait sans cesse en bougonnant sans rien articular. A une heure du matin, il a semblé p&lir; Tagitation avait augmenté ; il n^était point un eeul instant en place. A voir le osouvement de ses bras , on aurait pu croire qu'il avait une attaque de nerfs.
« Le grognement qu'il faisait entendre n'avait encore riea d'eitraordinaire pour moi. C'était comme cela qu'il rondaiC quand il était en état dlvi^esse. Il en a été tout autrement à la seconde visite que je suis venue lui faire, vei^ quati^e ou cinq heux*es di matin. Sa respiration paraissait très-embarrassée et il suffoquait Ses mouvements de bras étaient bien plus iorta. Sa tête au contraire était moins agitée; sa figure était très-plie.
a La suffocation a toujours été croissant jusqu'à sept heures et demie, heure k laquelle il a rendu le dernier soupir. • 11 est iiapossible de méconnaître dans cette description les symptômes d'une violente congestion, d'une véritable apoplexie.
G. Rapprochés des faits que nous venons de rapporter, les détails de l'autopsie cadavérique en reçoivent une vive lumière.
On trouve en efiet, d'une part, à la partie postérieure du tronc, dans la région scapulaire gauche, et à la face en avant de l'oreille gauche, cinq petites plaies faites avec un instrument piquant qai n'ont lésé absolument aucun organe important et n'oot prodaii qu'un épanchement de sang assez considérable dans l'épaisseur des muscdes; d'une autre part une congestion pulmonaire qui va jusqu'à l'apoplexie, et enfin une énorme hémorrhagie cêrébralft. De ces deux ordres de lésions prises isolément, les dernières seules pouvaient déterminer la mort. 11 est évident en effet que de simples piqûres, même compliquées d'hémorrhagie iutra-musculaire, n'aui^aient entraîné aucun accident sérieux, et que la résorption du sang épanché se serait terminée en quelques jours. Il n'est donc pas douteux que les suites immédiates de la rixe, les coups considérés en eux-mêmes, n'ont eu aucune influence directt^ sur la fia du sieur Pileux.
LA MORT EST-XLUE LA CdXSKQUKKCE f»E LA BLESSURE. 12!^
Qajtnt il la double apoplexie qui a été notée et qui existait k ia fois dans les poumons et dans le cerveau, elle éftait de nature. Ion même qo^elle eftt été bornée à IHin de ces organaa, à Bnener inévitablement iLa morL II s^agiX de reobercber f uellea en «at ^u être les causes déterminantes. Nous avons vu déjà que Pétai dHvresse était caractérisé habituellement chez le sieur Pileux par une grande tendance anx congelons du poumon et à\\ eerveau. Et Ton peut dire que la fréquence -de cet ^t»t ebez cet borome txmstitnait une Téi^able pnédispoeition ; c^est^^'dipe ipi^une cause «Dcasionnelle quelconque B*ajoatant «nx oonditions qoe nous avoaie d^à n^iaiatéea, suffisait pour amener^ jMn-dieulexnent une can- .gestion, maiis JBfime une bémorrhagie -de r.un ou de PAutre des organes affectés, et par auite la mort. -On voit que toutes ces ciroonstances sont propres à l'individu et totalement «étrangères à la rixû. La rixe' elle-même est survenue alors que Pileux était sous Pinfluence d^un séjour prolongé au cabaret. 11 y a dans le fait particulier des blessures qu'ail a reçues, dans leur siège, dans leur nature, rien qui ait pu contribuer à attirer le sang avec violence vers le cerveau et vers le poumon.
Cependant il est jti»te de reconnaître qne c'est presque jramé- ^Btement après ia T<ise qu^Ji eomiaeakcé iejnouvemen t. apoplectique q«ri s'est teraiiné le iendemidn matii\ et idont os a po «uivre toutes les phases, presque à ebaqne JMune de la nui/t Mais il y a eu dans eette rixe Autre chose ^ue les coups «et les blessures, il y a eu Pémotion, le saisiasemani, la colère, et chacune de ces secousses Tiolentes peut, à vrai dire, déterminer t À elle seule, et dans certaines conditions, une attaque d'apoplexie.
L'état d'ivresse auquel elles sont venues s'ajouter n'a pu que les rendre encore plus actives.
Conclution, —Aussi, en résumant les faits et observations qui viennent d'être -développés, nous concluons que t
lo Avoune des blessures reçues par le sieur Pileux n'a pu causer la mort et ne Taurait directeoient déterminée par ses suites:; il «st extpèmeflient probable qu'elle eiiaeent été «omplétenkent gué- IM8 au bout de 15 ou 18 Jours.
2o L'apoplexie à laquelle a succombé le sieur Pileux est l'effet immédiat des ciroonstaoces diverses qui ont coïncidé avec la rixe survenue la veille de la mort, et parmi lesquelles il faut principalement noter l'état d'ivresse, rémotion et la colère.
3o II existait en outre chez le sieur Pileux une prédisposition aequise aux congestions cérébrale et pulmonaire, déterminée.
12i CONSÉQUENCES DES BLESSURES.
malgré son Âge et sa constitution, par son caractère emporté et ses habitudes d^ivrognerie.
C'est cette disposition individuelle et particulière dont les effets ont pu être activés par la rixe après laquelle a succombé le sieor Pileux .
Ce dernier fait, et la discussion étendue à laquelle il a donné lieu, résument de la manière la plus complète tous les cas analogues et nous n'avons pas besoin d'en multiplier les exemples pour montrer quels rapports constants ils offrent entre eux, non-seulement pour les circonstances principales, pour les questions médico-légales qu'ils soulèvent, mais encore pour la nature des lésions qui déterminent la mort.
Que les blessures ou les traces diverses de violences extérieures soient le résultat d'une rixe, d'une chute ou de toute autre cause, c'est à elles que, dès le premier moment. Ton attribue la mort ; et les recherches prescrites par la justice ont toujours pour objet de déterminer précisément la relation qui peut exister entre une mort rapide ou subite, et les lésions traumatiques que l'on rencontrée la surface du corps, et l'influence directe ou indirecte que celles-ci ont pu exercer sur une terminaison si proraptement funeste.
Les cas que nous avons recueillis, soit dans les auteurs, soit dans notre pratique, montrent que cette détermination ne peut pas toujours être faite d'une manière absolue. Car, si l'ivresse est la cause déterminante des lésions cérébrales et pulmonaires qui entraînent la mort, il est quelquefois difficile de ne pas faire la part de la lutte violente, de la rixe, de l'émotion, de la colère et surtout de la température trèsfroide qui, jusqu'à un certain point, peuvent ne pas rester étrangères à la production de l'apoplexie.
11 n'est pas moins vrai que la question médico-légale, i part les circonstances spéciales du fait, doit être résolue d'après la doctrine que nous avons exposée et que nous rappelons ici, à savoir que « tout ce qui ne dépend pas proprement de la nature de la blessure ne saurait être imputé à son auteur. »
Ce sont là du reste, comme on l'a vu, les principes qui
nous ont guidé et qui ont été également adoptés par les habiles médecins légistes que nous avons cités.
Quant aux lésions caractéristiques de la mort produite par rivresse, il nous reste quelques mots à ajouter.
Pour peu qu'on ait bien voulu parcourir les observations précédentes, on aura été frappé de la constance des observations précédentes, et on aura été frappé de la constance des altérations anatomiques.
Morgagni ^ avait depuis longtemps signalé l'existence d'un épanchement dans le cerv^eau, dans le cas de mort subite, suite de Tivresse {apoplexia temulenta de Sauvages).
M. Devergie * assigne à la mort par ivresse les caractères suivants : « Le. cerveau, les poumons et le cœur, sans offrir d'altération locale, limitée, circonscrite, présentent au contraire un état de plénitude générale du système vasculaire, tant des vaisseaux, des membranes du cerveau, des principaux troncs vasculaires veineux qui se rendent au cœur, ainsi qu'une coloration rouge, ou rouge brique plus ou moins foncée du tissu pulmonaire. »
Je reconnais Texactitude et la justesse de ces caractères ; mais il me parait possible d'aller au delà en restant fidèle à l'observation.
En effet, nous avons vu, dans tous les cas précédemment rapportés, la congestion cérébrale être suivie d'une hémorrhagie offrant cette particularité que l'épanchement du sang se faisait dans la cavité séreuse de l'arachnoïde ou des ventricules. Ce n'est pas à dire que l'ivresse ne puisse produire une hémorrhagie dans la substance même du cerveau ou une simple congestion ; mais il est remarquable de voir se produire si fréquemment sous cette influence une apoplexie méningée. Il est regrettable que les travaux spéciaux les plus impor- * tants relatifs à cette maladie ' n'en fassent pas mention, que
Ton ne la trouve pas non plus indiquée dans les trois cas de
1. Morgagni, àe Stàilmt, lib. V, ep. 60 et 6. S. Devergie, Médecine légale. 2« édition. 1840, tome I»s p. 10(5. 3. Ë. Boude t, de V Hémorrhagie des méninges {Journal des connaissanees médicO'dUrurgiealeSt 1838, p. 179).
iiH CONSK0rE5CES IWS BLESSUBES.
raort subite par ap<>plexie raénirn^e, rapportés par gie i.
11 en est de même de \9 \è»ion de» pèmn^i» ^m cotmaie souvent en une véritaWe apoplexie puimonaûne. Heesefa * professe il est vrai qwe : « îndépen^anwnent die i^apoivlnie sanguine, on en observe encore »ne itnlre ehea le» linvears; c'est Tapopltexie séreuse, dans ha^e^k tes ^nenlnriciales et k substance ramollie de Tencéphale lui^^néme offrent lAetf «oms de sérosité après la mort.
C'est une véritable hydrencéphalle qui, préparée de ton^ main, est ordinairement amenée à point par FirresBeel détruit ensuite la vie en peu de jours. Cette lésion, quoique se rapprochant beaveoup de Thémorrha^e méningée, en est cependant bien distincte.
Ëi»ftn, nouj» devons insister sur la nécessité d>xamnier laajouFs avec beaucoup de soin, dams les eas^ àa genre éhe ccvx qvv nous occupent, les matières contenues èams l'eatonMiis ; il est rare que Ton n'y trouve pas des matières alimewlaîresetài vin. Un dernier caractère qui manque souvent, mais qae nous avons souvent rencontré plusieurs fois d'ane manière très-évidente, réside dans l'odeur alcoolique qu''cx.kalentks divers organes et notamment l'encéphale.
En résumé il est permis d'avancer que dans la mort survenue rapidement dirrant l'état d'ivresse, l'apoplexie 'puhnn naire, et sartovt Tapoplexie méningée, sont des- fésîoiiâi» sinon constantes, du moins extrèmemeni fvéqueoies et preèqae caractéristiques.
11 îaiïi ajouter comme signes noa moînsputiles à recneifiir danslesautopeies des individus morts en étal d'ivresse, Voàtm alcoolique qui s'exhale du cadavre et notamment du cerveau: et ka présence des matières alimentaires et du vin dans Festo* mae.
On voit bien vite de quelle gravité peut être dans une affaire criminelle la constatation des faits de cette nature dont
I. Deveri^ie, Locoeit., obs. VII. VIII et IX. 'i. Roescli, Locuctl.^ i». 78.
INFLUKÎ^CES DrRKCTES Oi: INDIRECTES ISfl
la signification peut être résumée par la proposition suivante : si rivresse est la cause déterminante des lésions cérébrales et pulmonaires qui entraînent la mort, il faut, avec toute la réserve que, doit toujours observer l'expert, faire la part de ia lutte violente, de la rixe, de l'émotion, de la colère et parfois de ia température froide non élrangères à ia production •de l'apoplexie chez les irrogoes que l'on trouve blessés et morts sur la voie publique.
§ 3. — CONDITIONS GÉNÉRALES QUI PEUVENT INFLUER DIBECTE- MENT OU INDIRECTEMENT SUR LES CONSÉQUENCES DES BLESSURES.
Personne nlgnore que certaines eondîtrons générales, telles que celles de climat^ de saison, peuvent influer d'une manière plus on moins directe sur les conséquences des blessure». Mais elles seront bien rarement de nature à tenir place -dans Tappréciation médico-légale à laquelle donneront lîea les faits de coups et blessures.
Il en est une, au contraire, qui doit d'autant plus fhcçr l'attention de l'expert, qu'elle est plus délicate à prouver : ^'esl celle qui résulte du traitement suivi ou du défaut de soins.
Il est incontestable et incontesté que tonte blessure peut avoir, indépendamment de sa nature, des suites très-différentes, suivant qu'elle aura été bien ou mal soignée ou abandonnée à elle-même.
Mais qui ne voit combien le rôle du médecin légiste devient ici difficile. 11 doit avant tout se tenir sévèrement dans les limites de sa mission ; et en tenant compte des circonstances personneiies dans ieâi|uelles a pu se trouver le blessé, de la liberté d'action qui appartienl à l'homme de l'art aux soins duquel il est confié, il ne pourra cependant se dispenser d'apprécier la mesure dans laquelle le défaut de soins ou l'inobservation des règles, le plus généralement admises, ont pu influer sur la marche, la terminaison fet les conséquences d'une blessure.
128 CIRCONSTANCKS OU LUS BLKSSURKS ONT KTK FAITKS.