‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 71 sur 82 · ET DE LA MORT PAR ACCIDENT · texte numérisé non relu

ET DE LA MORT PAR ACCIDENT

V L€ pariétal^ h temporal et l'ociput de ce côté tont Iriser^ et une « partie de la masse cérébrale a et s projetée au de or.\

« A l'intérieur du crâne et sous les ténumevts, on retrouve de nom-' « breux grains de plom't. »

M. le docteur Moreau, dans le rapport que nous venons d^analyser, s^est abstenu de toute discussion, de tout commentaire, et n'a pas cru devoir donner les motifs des conclusions qui terminent son rapport, et dans lesquelles, sans se prononcer d'une manière formelle, il admet les plus grandes présomptions en faveur d'une mort volontaire. Nous pouvons dire, dès à présent, que des faits mêmes contenus dans le rapport, il est permis de déduire une opinion plus décidée.

Jusqu'ici nous nous sommes bornés à exposer les faits. Pour les bien apprécier et avant d'entrer dans la discussion, il convient de bien poser les termes de la question. Elle se réduit À ceci :

Étant donnés^ d'une part, la position du cadavre, de Vautre^ les caractères de la blessure^ peut-on déterminer avec exactitude la possi-bilité d'un accident^ ou, au contraire^ la certitude d''un suicide?

Nous espérons pouvoir démontrer très-nettement qu'aucun

doute ne peut subsister sur la réalité de ce dernier genre de mort.

Suivant nous, la solution du problème est tout entière dans la

direction de la blessure, qui indique mathématiquement celle de

l'arme, et permet ainsi de juger comment et dans quel sens le

coup a été tiré.

Le trou fait par le projectile existe au-dessus et au milieu du sourcil gauche. — La portion du cerveau et du crâne qui est atteinte et emportée par le coup de feu est la région latérale gauche (pariétal, temporal, occipital), d'où cette première conséquence, que le coup a été dirigé très-obliquement et presque horizontalement de droite à gauche, suivant une ligne qui irait de Tœil à la partie supérieure de l'oreille.

Cette circonstance n'aurait qu'une médiocre importance si Parme avait été déchargée en toute liberté dans une chambre ou dans tout autre lieu; mais elle est décisive dans les conditions oU s'est produite la mort du sieur T..., dans une voiture et par la détonation d'un fusil de chasse. L'étroitesse de l'espace et la longueur de l'arme sont telles, en effet, que le champ des hypothèses se trouve singulièrement restreint, et que, pour arriver à une direction en rapport avec celle de la blessure, il faut invariablement placer l'arme dans une position qui exclue absolument un accident et prouve à elle seule le suicide.

Tardibu, Blessures, îiO '

466 DISTOfCTIOM DU SUICIDE, DE L'HOMIGIDE

La voiture où est mort le sieur T. est une petite voiture de place» à strapontin, dont le pan coupé qui forme la paroi intérieure limite un espace très-étroit et parfaitement défini. Quelle que soit la position que prenne une personne assise dans le coin de gauche, et nous Pavons variée de cent manières dans nos expériences, le fusil tenu entre les jambes, le canon dirigé vers le front, que Ton supposera incliné autant que peut le permettre la flexion des vertèbres du cou, la crosse arrêtée par le devant de la voiture, on n^arrive jamais qu^à une direction de bas en haut^ plus ou moins oblique, mais qui, dans tous les cas, suivrait une ligne passant par le milieu du sourcil et le sommet du crâne. C'est-à-dire que c^est la voûte du crâne qui eût été emportée, et non le côté gauche de la tête, comme cela a eu lieu chez le sieur T.

La blessure, constatée à Pautopsie du cadavre du sieur T., n^a pu être, faite que dans les conditions suivantes :

La crosse de Varme appuyée contre le devant de la wAture^ tout à fait à V extrémité de droite; le canon, dirigé très-obliquement à gauche^ a juste la longueur qui répond aux dimensions de VitroiU voiture, et qui permet au coup de feu d^atteindre le front, dans la dtrection presque horizontale qu'affectait la blessure du sieur T.

Or, cette position de Tarme qui est forcée ne peut, en auean cas, être attribuée au hasard, elle est l'œuvre manifeste de la volonté; c^est elle qui a dirigé la crosse de Parme à Pextrémité opposée de la voiture, qui Pa maintenue à Paide de la main gauche, fermée autour de Pextrémité du canon, et qui a appliqué celtti-<d sur le front pendant que la tête s^appujait contre Pangle gauche du fond de la voiture.

Ces faits sont sans réplique, et si le raisonnement ne suffisait pas k les faire prévaloir, Pexpérience et les essais multipliés, faits dans la voiture même où a succombé le sieur T. , en ont fait voir à tous Pévidence. Pour rencontrer le sourcil sous un angle égal à celui quUndique le procès-verbal d^autopsie, il faut une obliquité de Parme qui exige toute la largeur de la voiture et une direction que la main seule, mue par une volonté énergique, a pu lui donner.

Nous avons tenu compte, dans nos essais, des différences de longueur que peuvent présenter les fusils. Celui dont nous nous sommes servis est plutôt au-dessous qu^au-dessus de la moyenne. Il mesure 1 mètre 15, et ceux avec lesquels on chasse ordinairement, au mois de septembre, ont en général 1 mètre 20. Ces dimensions plus grandes rendraient plus nécessaire encore PohU-

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