DISTINCTION DU SUICIDE, DE L*HOMIDDK
sorte, de la mort du sieur T.... Mais nous croyons utile de rappeler ici que ce même fait a été, de la part de M. Brierre de Boismont, l'objet de considérations pleines d'intérêt qui apportent de puissantes preuves morales à l'appui de Topinion que nous avons soutenue <.
Dans le cas de suicide par précipitation d'un lieu élevé, l'expert peut bien établir le fait de la précipitation par le nombre et le caractère des lésions; mais il lui est impossible de déterminer si la chute a été volontaire ou non. L'existence de blessures ayant notoirement précédé la chute serait à peine un indice de violence criminelle.
Les mêmes considérations s'appliquent au suicide par écrasement, à Thomme qui se jette ou que l'on jette sous les roues d'une voiture ou d'une locomotive.
Les suicides accomplis à l'aide d'instruments tranchants ou piquants, montrent ordinairement des plaies au cou, au cœur, dans la région des grandes artères, au ventre. Les blessures sont placées dans un point que le blessé peut atteindre, jamais en arrière par exemple ; elles sont profondes et dirigées de gauche à droite suivant l'action de la main du suicide.
En résumant les signes généraux à l'aide desquels il est permis de distinguer le suicide de l'homicide, en dehors de chaque mode particulier, nous ajouterons que la blessure mortelle chez le suicide est ordinairement unique ; mais que cependant on trouve parfois le cœur, les veines et les artères ouverts ensemble, et que plusieurs plaies mortelles, sur un cadavre, n'excluent pas toujours d'une manière absolue l'idée du suicide. L'un par exemple se coupe le cou, se tire un coup de pistolet dans le ventre et se précipite par la croisée. Un autre se porte quatre coups de poignard dont deux percent le cœur et se jette à l'eau. Qu'on suppose le corps repêché après un long temps, quelles ne seront pas les difficultés de l'expertise médico-légale appelée à décider dans un cas pareil entre le suicide ou l'homicide? Il n'est pas rare
I. Brierre de Boismont, Ann, d'hyg.y 2« série, t. XII, p. iS6, 1859.
ET DE lA MORT PAR ACCIDENT.
de rencontrer dans le cas de mort volontaire une blessure avortée suivie d'une blessure mortelle, ou un mode plus sur employé après un moins certain. Le lieu d'élection des blessures suivant chaque espèce et tel que nous Tavons précédemment indiqué, la position du cadavre, Tabsence de toute tiAce de lutte, Texamen comparatif des armes et leur situation près du corps, toutes ces données fournissent des signes d*une valeur réelle.
Un des exemples les plus remarquables de simulation d'homicide qu'il m*ait été donné d'observer, et que j'ai déjà publié avec de grands détails auxquels je ne puis que renvoyer, est l'affaire Armand. *
Enfin, pour ne rien omettre dans cette difficile question qui domine, on peut le dire, toute Thistoire médico-légale des blessures, l'expert attachera une sérieuse importance à la constatation de certaines lésions internes qu'il n'est pas rare d« voir coïncider avec la temdance au suicide, d'une part des lésions cérébrales auxquelles correspondent des troubles des facultés mentales, de l'autre des affections organiques du foie ou des autres viscères dont l'influence sur les dispositions morales ne saurait être contestée.
I. Voyez A. Tardieu, Relation midieo^Ugale de VAffair$ Armand {Ann* d^hyg., 1861, t. XXI).