LÉSIONS PENDANT LA VIE, APRÈS LA MORT
surtout si la vie n'est éteinte que depuis peu de temps, des extravasations sanguines, ainsi que Ghristison et après lui Orflia l*ont démontré expérimentalement, celles-ci n'ont rien de commun avec les ecchymoses que forme un coup porté sur le vivant.
D'un autre côté, des changements de couleur des téguments, lividités, vergettures, sugillations se développent sur le cadavre, avant même que la décomposition putride Tait envahi; mais ces taches affectent un siège particulier sur les parties postérieures et déclives, à la partie interne des membres. Le sang que Ton trouve toujours coagulé dans les tissus où il s'est épanché pendant la vie est fluide, quand il se répand par imbibition dans les organes du cadavre. C'est là un fait constant, et je ne peux m'expliquer l'erreur capitale de Gasper, qui en a contesté la réalité, et qui, confondant tantôt la dessiccation du sang avec la coagulation, tantôt la mort rapide avec la mort subite, a.cru pouvoir avancer que le sang extravasé pouvait se coaguler même après la mort.
Ajoutons que la coloration résultant de l'infiltration du sang persiste quand celle-ci a eu lieu sur le vivant, tandis que, dans le cas contraire, elle disparait par la simple macération dans Teau.
Quant à l'autre caractère de la contusion, l'excoriation, elle peut aussi être produite après la mort par un choc, une traction, un froissement violent, mais alors, au lieu d'une surface sanguinolente où le derme dénudé se montre à vif et d*un rouge plus ou moins marqué, on ne trouve qu'une partie décolorée, sèche, et comme parcheminée.
Plaies. — IjCs plaies peuvent être distinguées des déchinires ou solutions de continuité faites après la mort, en ce que celles-ci sont pâles et livides, et que leurs bords, incomplètement rétractés, ne sont pas infiltrés de sang. Sur ce dernier point, le professeur G. Tourdes, examinant le corps d'un homme qui avait été exécuté la veille, a noté au niveau de la décollation une inégale rétraction des muscles et point d'ecchymose intermusculaire. Le cœur était vide; quelques caillots rougefttres et un peu de sang spumeux étaient contenus
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dans les bronches. Mais cette exception n'est qu'apparente ; le supplicié ne peut être assimilé à un individu blessé vivant. En effet, aucun acte vital ne suit Ja blessure, et de plus le corps s'est presque complètement vidé de sang.
Les plaies faites pendant la vie ne sont pas moins différentes des destructions partielles du tégument qui résultent do la putréfaction dans Teau, ni ,des morsures faites sur les cadavres par certains animaux, tels que les rats, les chats ou les porcs.
Fractures, — L'état des fragments osseux et des parties voisines diffère notablement dans les fractures faites soit avant, soit après la mort. Dans le premier cas, les extrémités des os brisés sont infiltrées de sang dans une étendue variable, et les muscles qui les entourent sont également le siège d*un épanchement sanguin. Les os des cadavres, au contraire, restent pAles et décolorés dans les points où ils sont fracturés.
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Au point de vue de la médecine légale, rechercher la cause d'Uiîe blessure c*est déterminer les conditions matérielles physiques dans lesquelles elle s'«st produit-e, l'arme ou l'instrument à l'aide desquels elle a été faite, et résoudre les questions suivantes.
Article premier. — Quelles sont les causes physiques
des blessures?
Les causes physiques des blessures peuvent être rapportées • aux modes suivants : la précipitation d'un lieu élevé; V écrasement; les effets des moteurs mécaniques et les accidents de chemins de fer.
Dans les chutes d'un lieu élevé ^ dans les écrasements par