ET L'ORGANISATION DE L'ANIMAL
Une courte description de l'animal a été donnée par Agassiz (72). Plusieurs figures, prises sur l'animal vivant par M. J.-H. Blake, tant de Pleurotomaria quoyana que de PI. adansoniana, ont été publiées par M. Dall’, qui a complété, sur bien des points, la description précédente; récemment enfin, Mitsukuri (9%) a publié une courte note sur l'animal vivant du PI, Beyrichii.
1° Pleurotomaria quoyana et Pl. adansoniana.— Dall a surtout décrit en détail le Pleurotomaria quoyana, et les lignes suivantes se rapportent spécialement à cette espèce, à moins d'indication contraire ; les deux formes diffèrent d’ailleurs assez peu.
Coloration générale, téguments. — Le corps est brun rouge; de fines lignes sombres transversales s'étendent sur la tête, plus serrées en avant des tentacules qu’en arrière. Le bord du manteau est plus sombre que le pied. La tête, en arrière des tentacules, présente une surface rugueuse et ridée transversalement ; le reste du corps, à l'exception de la sole pédieuse, est finement granuleux ou papilleux.
Chez le Pleurotomaria adansoniana, la surface du corps est moins rugueuse que chez le P/. quoyana.
Pied. — Le pied, très développé, est presque deux fois plus long que la coquille. Sa partie postérieure porte un opercule corné mulüspiré, semblable à celui des Trochidés?, mais de petite dimension relativement à la taille de la coquille. En arrière du lobe operculigère se trouve une surface triangulaire limitée de chaque côté par les prolongements postérieurs des lobes épipodiaux ; cette surface est légèrement tuberculeuse chez le Pleurotomaria quoyana, tandis que chez le P{. adansoniana elle est sillonnée de fortes rides trans-
1 Dazc (89, pl. XXIX, fig. 1; pl. XXX, fig. 1-6).
2 Dazz (89, pl. XXXIL, fig. 10).
versales et creusée d’un sillon médian; d’après M. Dall, c'est cette différence qui fournit le caractère le plus net pour séparer les deux espèces d’après l’animal.
E'pipodium. — 11 est large, mince, muni, comme les bords du manteau, d’une rangée de petites papilles courtes; il est dépourvu des filaments et prolongements qu’on observe chez les Trochidés et chez les Scissurellidés. Sur l’animal vivant, l’'épipodium est intimement appliqué sur le manteau, qu’il double en contournant le bord de la coquille, et se comporte donc tout autrement que chez les Trochidés, dont l’épipodium s’épanouit librement dans l’eau. Celui du Pleurotomaria adansoniana est moins développé que celui de PI. quoyana.
Tête. — La tête est pourvue de deux tentacules droits et pointus et prolongée antérieurement par un gros muffle cylindrique, dont l'extrémité, arrondie en forme de disque, porte la bouche au centre et, inférieurement, un sillon médian. Les yeux, silués à la base des tentacules, sont ronds, petits et noirs ; ils montrent une perforation centrale, de sorte que l’eau de mer occupe la place du cristallin absent et pénètre dans la coupe formée par le fond de l'œil.
Manteau. — Ses bords sont garnis de papilles, surtout le long de l'entaille qui correspond à la fissure de la coquille. Lorsque l’animal est en extension, les deux lèvres de cette entaille s’accolent, sauf à l'extrémité interne du sinus, où il reste une ouverture ayant le rôle d'un siphon.
Branchies. — Les branchies n’ont été observées que chez le Pleurotomaria adansoniana ; elles sont au nombre de deux, situées à l’intérieur de la cavité palléale, près de la soudure du manteau avec le corps, et leur ensemble forme deux séries presque symétriques de feuillets aplatis, disposés de chaque côté d’un bourrelet longitudinal, à parois minces, contenant le vaisseau branchial, et qui s'étend
parallèlement à l’entaille du manteau’. L’extrémité antérieure du
1 Dazz (89, p. 401; p.434, fig, F3 pl, XXX, fig. 2).
bourrelet est libre sur une petite distance et forme une pointe où les feuillets branchiaux diminuent de grandeur. Chacune des deux branchies contient environ trois cent soixante feuillets. Dans la région où le bourrelet devient libre, on observe un renflement des téguments, et, à côté de lui, un petit organe hémisphérique qui est peut-être sensoriel (osphradium ?).
Appareil digestif.— M. Dall a décrit la mâchoire et la radule, dont il sera question plus loin; il a observé, chez le Pleurolomaria adansoniana, les restes d’un jabot à parois très minces. L’extrémité de l'intestin se recourbe fortement en $ avant de s'ouvrir à l'anus 1.
Reins (?). — Immédiatement au-dessous de l'intestin se trouve une glande ou bien une paire de glandes en contact sur la ligne médiane qui paraissent s'ouvrir, près de l’extrémité postérieure de l'entaille palléale, par deux orifices obliques et symétriques. M. Dall suppose que ces deux glandes et ces deux orifices sont les reins avec leurs pores excréteurs,.
Enfin, M. Dall (89, pl. XXX, fig. 3) figure, près des orifices rénaux ou supposés tels, une autre paire de pores sur lesquels il ne s’explique pas ; peut-être faut-il y voir des pores génitaux.
2 Pleurotomaria Beyrichi. — Ge que nous savons sur cette espèce se réduit à fort peu de chose : d’après M, Mitsukuri (#%), la sole pédieuse est jaune-paille ; les côtés du pied sont marqués de taches et de trainées carmin foncé sur fond orange ; le muffle est rouge-carmin. Le tentacule gauche de l'individu observé avait une petite branche près de la pointe. Les deux lobes épipodiaux se relèvent jusque sur la coquille, et il semble même, d’après la description de l’auteur japonais, que ces lobes épipodiaux présentent un dévelop-
pement considérable.
1 Dar (89, pl. XXX, fig. 3).