‹ Étude nouvelle du choléraChapitre 7 sur 7 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

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1* Le choléra est une maladie spécifique qui se développe spontanément partout où il se manifeste.

Pouvant exister en même temps sur les points les plus éloignés du globe et les plus différents sous le rapport de la latitude et du climat, se disséminer dans une même localité, indépendamment de fa saison, de l’année et alfecter tout le monde, indépendamment de l’âge, du seie et du tempérament, sa cause productrice, immédiate ou première, consiste dans une modification ou altération spécifique du milieu atmosphérique qui nous fait vivre.

2" Son mode de diffusion ou de généralisation a lieu en vertu de

son génie épidémique, favorisé dans son action , par des influences

secondaires (causes locales, infectieuses, mauvaises conditions d’hygiène individuelle). Il peut devenir infectant du milieu ambiant, comme tous les autres états pathologiques, par la réunion de plusieurs individus affectés de cette maladie, et' la viciation de l’air qui en résulte nécessairement; mais l’extension de l’épidémie ne se fait ni par contagion. ni par infection, et l’importation ne parait y prendre une certaine pai-t que dans les centres de population déjà sous l’influence d'iine atmosphère cholérigène.

3* *La cause spécifique, générale qui imprime à l'organisme là modification morbide qui le constitue ne peut-être annihilée ni écartée; ruais les influeiices auxiliaires individuelles qui lui donnent toute sa

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gravite, ou locales qui favorisent son extension , peuvent être combattues par une application bien entendue de l’hygiène ; de telle sorte qu’il est vrai de dire que la préservation et la céssàtiôn dù cholé rà dépendent de la sagesse humaine.

4° L’émigration des lieux où règne l'épidémie, là dissémination des populations, dès rassemblements d’hommes, sont avec toutes les mesures d’assainissement, les meilleurs moyens de prophylaxie générale; tandis que la séquestration , ou l’isolement (quarantaines, lazarets) Sont inutiles et illusoires, et peuvent même devenir ‘dangereux

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par les foyers d infection qui en sont souvent la funeste conséquence.

5" La nature du choléra paraît être toute vitale , et son siège peut être placé dans les centres nerveux de la vie organique (ganglionnaire et rachidien). Les symptômes qui le caractérisent, sont comme la résultante d’une altération profonde du système nerveux et d’un mode particulier de l’état catharral.

6° Un examen d’ensemble de toutes les affections relatées dans les annales médicales, fait reconnaître que la constitution cholérique domine de plus en plus dans nos climats , et que le choléra tend à devenir endémique en Europe comme il l’est en Asie, sous l’influence de certaines conditions atmosphériques liées à l’évolution naturelle du globe.

Mais en parcourant l’histoire des diverses épidémies cholériques, on reconnaît aussi qu’elles tendent à diminuer d’intensité. Cet amoindrissement successif de gravité comparative est dû à l’assainissement des pays habités, à la vulgarisation de l’hygiène, et la cause qui agit le plus en ce sens, c’est l’amélioration toujours bien lente, mais cependant notable dans l’état physique et moral des classes nécessiteuses.

Après les divers aperçus que nous avons présentés , dans le cours de cette étude sur l’origine, le mode de propagation et la prophylaxie de la terrible maladie qui a si souvent désolé notre globe depuis un demi-siècle , qu’il nous soit permis de penser que ceux qui sont au courant du mouvement progressif de la science biologique, comprendront et n’éprouveront aucune répugnance à accepter non-seulement qu’elle provient sans doute d’un air dévié de sa constitution intime , normale, mais qu’elle devra s’évanouir comme toutes les autres maladies épidémiques, qui ont affligé l’humanité à d’autres époques, devant les progrès des sciences et de la civilisation.

Avec MM. Gazalas et Martinenq , nous croyons que l’hygiène fera justice du choléra, comme des épidémies du moyen-âge et de la peste d’Orient; il faut, il est vrai, que ce ne soit plus cette hygiène douteuse, timide, insuffisante, transigeant avec les vices de notre organisation sociale, mais qu’elle soit au contraire exigeante, impérieuse.

qu’elle indique sans ménagements les conséquences des erreurs sociales, qu’elle s’impose en quelque sorte comme une vérité.

D’ailleurs, si nous n’avions suffisamment démontré que l’opinion contagioniste est dans une impossibilité absolue de comprendre et d’expliquer tous les cas d’une manière satisfaisante et autrement que par des hypothèses gratuites, si nous devions toujours convenir que le choléra est un mystère pathologique que notre science n'a pu encore dévoiler (A. Latour), nous n’en conserverions pas moins la conviction qu’un retour à l’étude du Livre des Airs, des Eaux et des Lieux , et du dogme des constitutions médicales qui en fut une conséquence logique, peut seule donner des idées justes sur les épidémies tant locales que générales, et faire disparaître ces doctrines écourtées, insuffisantes, si nuisibles à la médecine et aux populations émues, indécises et terrifiées par l’ignorance des vraies causes et de la vraie puissance des fléaux qui les déciment.

Nous espérons au moins avoir montré, aux vrais médecins de quel côté doivent se tourner désormais leurs recherches. Sans doute les vues théoriques opposées, celles de la contagion, ne laissent passes adhérents oisifs et sans but scientifique, mais les résultats de leurs recherches étant jusqu’à ce jour négatifs, n’est-ce pas une preuve qu’il faut diriger ses investigations dans une autre voie? Nons avons analysé les principales inconnues du problème et apprécié quelles sont les données au moyen desquelles ont peut arriver à le résoudre. Assurément, ce sont moins des explicatiens que des faits qu’il faut pour la solution d’une telle question. Mais si les faits ne nous manquent pas, répéterons nous avec M. Martinenq, c’est leur explication, leur coordination au moyen d’une vérité théorique, c’est-à-dire parla partie mathématique de toute science, qui nous fait défaut; les faits sans théorie n’ont produit et ne pouvaient, produire que l’empirisme, et l’empirisme ne saurait être le dernier mot de la médecine.

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