IT. -— SOLUTIONS AQUEUSES
L'hydrate de quinine en solution dans l'alcool ne pouvant fournir de spectre Raman, nous avons étudié la solution de chlorhydrate neutre dans l’eau, solution que l’on peut obtenir à parties égales du produit et de dissolvant. La technique utilisée restant identique, un premier cliché, obtenu en éclairant la solution. avec toutes les radiations visibles de l’arc au mercure, à l'exception des radiations violettes,
donne, après une pose de quinze heures, un spectre
{) Des expériences analogues faites avec le chlorhydrate neure en solution dans l’alcool absolu nous ont fourni des résultats identiques La solvatation semble donc se produire avec le chlorhydrate comme avec l’hydrate
« L4 se. .
de fluorescence très dense, s'étendant de l’indigo au vert de l'arc aù mereure. Il est encore impossible de repérer la moindre raie Raman.
Nous avons alors placé sur le faisceau primaire un
écran coloré supplémentaire, qui atténue l’indigo ; les conditions expérimentales restant les mêmes que précédemment, il n’y a pas, sur le cliché, trace de fluorescence, mais pas non plus d'effet Raman. Nous avons alors recomnrencé la même expérience, en augmentant seulement le temps de pose (20 heures). Le cliché présente alors un léger spectre de fluorescence, qui ne peut cependant masquer deux
raies Raman. Ces raies sont situées à 4603 et 4640 À.
La raie excitatrice étant 4358 À, les fréquences Raman correspondantes, sont : 1220 et 1393 cms-1 Un deuxième cliché obtenu dans les mêmes conditions, mais avec une pose prolongée de quelques heures,
donne : une raie très nette à 4640 À, soit n — 1395
cms-! et deux raies nouvelles à 4630 et 4556, soit, en fréquence Raman : 1346 et 995 cms-1.
Nous avons, par la suite, effectué toute une série + , A *,.
de clichés avec la même solution de chlorlydrate
neutre de quinine saturée à froid, én n’utilisant que
la raie indigo de l’arc au mercure.
Les spectres que nous avons obtenus sont peu ou pas fluorescents. Sur tous ces clichés, on retrouve la
raie 4640 À, soit 1393 cms-! d’une facon nette, puis avec des degrés divers d’intensité, certaines étant 4 peine marquées sur les plaques les raies de longueur d'onde
4496, 4556, 4603, 4620, 4630, 4687, 4715, 4725 A, ce qui donne comme fréquences caractéristiques, la
OT
radiation excitatrice étant 4358 À : 703, 995, 1220, 1299, 1346, 1609, 1736, 1780 cms-!.
Ainsi donc, à part la raie 1393 cms-1-les autres raies ne se retrouvent pas sur tous les clichés. Ceci est sans doute attribuable à des poses insuffisantes; mais, malgré les écrans utilisés, il est impossible d'éliminer la fluorescence de la quinine excitée par Pindigo. Cette fluorescence, faible sur les clichés à pose courte, devient gênante dans les elichés à longue pose ; lorsque le temps de pose est supérieur à 24 heures, le spectre de fluorescence masque complètement le spectre Raman.
Nous avons essayé d’atténuer le pouvoir fluorescent de la quinine, en ajoutant à la solution de chlorhydrate de l’acide chlorhydrique : on sait, en effet, que les ions CI sont des inhibiteurs de fluorescence. Dans ce cas, cependant, les solutions sont:trop concentrées pour que l’action des ions Cl soit efficace, et les spectres de fluorescence sont restés aussi gênants. Seule, la raie 1393 cms-! apparaît sur ces derniers clichés.
Il ne nous restait plus qu’une ressource, celle d’utiliser une lumière excitatrice constituée par une ra-
diation de longueur d’onde supérieure à 4358 À. Nous avons recommencé une série d'expériences en employant la raie verte du mercure. L'utilisation de cette radiation entraîne une complication, les raies
jaunes, 5791 et 5770 A sont très voisines de la raie verte 5461 A, d’où un chevauchement possible des raies Raman, certaines d’entre elles pouvant être excitées par les deux lumières. Il convient donc de supprimer les raies jaunes ; nous avons, pour cela, essayé toute une série d’écrans susceptibles d’ab
ge
sorber toutes les radiations de l’arc au mercure l'exception de Ja raie verte, celle-ci devant passer travers ces écrans avec le minimum d’absorption. C’est en combinant des solutions concentrées de nitrite de potassium, de chlorure de didyme et deux plaques de gélatine, colorées l’une par de l’acide picrineux, l’autre par du vert perroquet, que nous avons obtenu les meilleurs résultats.
‘go
D'autre part, les plaques Fulgur que nous utilisions présentant un maximum de sensibilité dans la région de l’indigo, ne conviennent plus, à moins de faire des poses extrêmement longues ; nous avons employé des plaques Agfa sensibles au vert.
Un premier essai, après une pose de trente heures ne nous a donné aucune raie Raman, la radiation excitatrice étant pourtant nettement impressionnée sur la plaque. Les essais suivants ont été égalemeni négatifs. Des clichés comparatifs avec des corps purs, tels que la benzine, laquelle pourtant excitée par la
raie 4358 À donne, en quelques heures de pose, un spectre Raman très net, ne nous ont fourni, dans ces conditions, aucune raie Raman. Très probablement, les poses sont insuffisantes, mais avec l'appareillage dont nous disposons, on ne peut effectuer des poses au delà de trente heures, la plaque étant généralement voilée au bout de ce temps.
En somme, le spectre Raman de la quinine ne peut être obtenu qu’en solution aqueuse. Les raies que nous avons décelées ne sont certainement pas celles d’un spectre Raman complet ; il faudrait peutêtre, pour obtenir celui-ci, opérer comme nous l'avons fait en dernier lieu, mais avec de très longsues poses el, pour cela, se placer dans des condi
tions rigoureuses en vue de l'élimination de toute lumière parasite.
Nos résultats montrent qu’en solution aqueuse, c’est la raie caractéristique 1393 cms. du groupement CH? qui se montre la première ; ce qui indique que ce groupement est relativement éloigné d’un noyau lourd. En considérant la formule dé la quinine,
CH