‹ Étude Pathogénique et Sémiologique de la Valeur CliniqueChapitre 11 sur 31 · FO · texte numérisé non relu

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tous Quelquefois le rein semble résister, il élimine l’indol et les autres substances toxiques. Mais le coëfficient urotoxique, quelqu'élevé qu'il soit, n’est pas encore suffisant, et, les toxines donnent lieu à des accidents précisément liés à l'insuffisance de l'élimination. Nous pouvons entre autres, citer deux cas d’affections cutanées dues à cette insuffisancehépatico-rénale. Dansle premier, il s'agitd’une jeune femme de 22 ans atteinte d'une angine diphtéritique. Entrée en convalescence, elle présenta un un erythème généralisé avec indicanurie, cette dernière persistant autant que dura la manifestation cutanée. Nous avons publié ce cas l’an passé dans le Bulletin de la Société Anatomo-Clinique, en collaboration avec M. Fourmeaux. L’autre malade, actuellement encore traitement, est sujette à des poussées de plaques prurigineuses avec co-existence d'indicanurie ; le tout, cédant à l’action d’un purgatif. | D'une façon générle, on peut donc dire, qu’une grande quantité d’indican dans les urines doit assombrir considérablement le pronostic des maladies dans lesquelles on la rencontre. Etcela d'autant plus que le rein aura été touché auparavant dans le cours d’une scarlatine par exemple. Comme conséquence pratique de l’indicanurie, le ‘Clinicien peut

se rendrecompte, par l'observation de ce symptôme, de la façon plus ou moins active dont le foie remplit son rôle de barrière contre l’auto-intoxication. Tantôt le foie réagit encore, mais cependant se trouve débordé. Dans ce cas, on constatera de l’indicanurie, et en même temps des signes de la congestion hépatique. Le foie sera augmenté de volume, sensible, douloureux même. Une femme quittera son corset qu'elle ne pourra plus supporter. Unhomme quittera . la ceinture pour prendre des bretelles.

De plus, on aura des selles fétides, pleïochromiques, qui donneront facilement la réaction de Gmelin. Mais la coloration violette du chloroforme sera moins intense que dans la seconde hypothèse que nous allons développer. Admettons que la glande hépathique ne réagisse plus, qu’elle soit en asystolie complète. Dans ce cas, plus de congestion hépatique, on ne constate aucun des signes précédemment cités. Le pronostic est alors bien plus grave, et il faut faire intervenir toutes les ressourses de la thérapeutique pour essayer de réveiller les fonctions glandulaires. Vingt-sept fois, nous nous nous sommes trouvé en présence d'accidents de ce genre, et vingt-cinq fois nous eûmes à déplorer le décès de nos malades. Tous avaient des selles extrêmement fétides, pâles, liquides, témoignant de

l'intensité du processus de putréfaction. Le foie, peu congestionné, peu sensible, fonctionnait à peine, c'est pourquoi les fèces étaient oligochromiques. La rate, au contraire, fut toujours grosse, alors qu'elle ne l'était pas dans les cas qui répondent à notre première hypothèse. L'état général semblerait même meilleur dans ces cas d'insuffisance absolue, mais l'intensité de la coloration des urines après réaction, démontre l’abondance de l’indicanurie et la gravité de la situation.

VALEUR DIAGNOSTIQUE. — En clinique, on ne peut séparer le diagnostic du pronostic, ces deux choses étant intimement subordonnées l’une à l’autre. Nous avons cru pouvoir exposer d’abord l'étude de la valeur pronostique, nous écartant ainsi de l’ordre habituellement suivi. Dans cette seconde partie, nous désirons montrer comment l’Indicanurie permet indirectement d’avoir des notions relativement exactes sur la valeur antitoxique du foie, et sur l'intensité des fermentations intestinales. Sur les données de cette méthode indirecte s'appuiera le diagnostic des altérations fonctionnelles du foie, de l'intestin. |

L'Indicanurie permet de constater l’état de la fonction antitoxique du foie. Pour cela, on peut faire

PTE absorber au malade des aliments riches en matières albuminoïdes, soit fraîches soit déjà décomposées, ou encore introduire dans son tube digestif de l’indol synthétique par injection ou par lavement. Selon que la glande hépatique détruira plus ou moins, ou emmagasinera le produit absorbé, on observera dans les urines une plus ou moins grande quantité d’indican, et cette proportion donnera en quelque sorte la mesure de la fonction hépatique. Cette recherche clinique pourrait s'appeler /xdicanurie alimentaire, par analogie à la méthode bien connue de la Glycosurie alimentaire. D'un autre côté, par l'application de l’antiseptie, conduite suivant les règles posées par M. Bouchard, les fermentations et putréfactions intestinales, dues aux microbes, devront être entravées. La diminution parallèle de l'indicanurie, permettra de suivre les bons effets de la médication, comme nous le verrons, dans un chapitre suivant.

Fonction antitoxique du foie étudiée par l’Indicanurie

alimentaire

EXPÉRIENCES PERSONNELLES. — Jaffé, dans le

eo but de constater le passage de l’indican à travers le rein, a pratiqué des injections sous-cutanées d’indol et fait absorber ce corps par les voies digestives. Dans les jours suivants il constatait une augmentation proportionnelle de l’indican urinaire. Nenki estime la quantité éliminée au tiers du poids total injecté. Mais ces expériences n'ont pas encore été faites, que nous sachions, dans l'intention d’examiner la fonction antitoxique du foie. Sans rappeler ici l’histoire de la glycosurie alimentaire donnée par beaucoup d'auteurs comme preuve de l'insuffisance glycogénique du foie, criterium attaqué d’ailleurs par MM. Linossier et Roque, nous dirons que ce modus faciendi fut l'idée directrice de nos recherches. Ce sera d’ailleurs, comme nous l'avons dit plus haut, par analogie que nous'appellerons ce procédé Indicanurie alimentaire.

C'est un fait d'expérience, que l’ingestion trop abondante d’albumine de l’œuf, surtout à l’état cru, fournit une augmentation réelle de l’indican. Cette substance protéique est très fermentescible; d’après Kühne, elle fournirait environ 0,0025 d'indican, tandis que la caséine et le gluten en donneraient moitié moins. Engler et Janicke, ont montré que dans la digestion pancréatique, 1l y a production de 0,005. Kühne explique cet écart par l’action des

> His bactéries. De même l’ingestion de viandesavancées, surtout de viandes noires, de charcuterie, de conserves, de vieux fromages, élève plus ou moins le taux de l’indican dans les urines, suivant les individus. D'où vient cette différence, entre personnes ayant partagé le même repas, et ayant ingéré une quantité relativement égale de substances, alors que chez toutes les voies digestives fonctionnent normalement.

Nous nous sommes livré à de nombreuses expériences, dans l'espoir d’élucider cette question.

Après avoir réalisé sur nous et sur quelques amis dévoués, une intoxication à l’aide de substances que nous relaterons dans la suite, nous avons méthodiquement et consciencieusement observé les phénomènes produits et les résultats obtenus. Mais, avant d'exposer ces conclusions, entrons dans le détail des expériences.

Les sujets furent tous pris jeunes, de 20 à 50 ans, sans aucune tare viscérale quelconque, tous étaient en parfait état de santé réunissant ainsi les meilleures conditions pour l’expérimentation.

Indicanurie alimentaire par ingestion

de matières protéiques,

Les 12 sujets toléraient différemment l’albumine de l'œuf cru. |

Série ÀA.— 5 œufs pour les uns, suffisaient à produire l’indicanurie, les œufs étant pris à jeun et successivement, chez cinq, indican.

Série B. —8 œufs, chez trois, Série C. — 10 œufs, chez trois.

Série D. — 18 œufs, chez un seul.

Les mêmes absorbèrent du fromage avancé (vieux fromage, Maroille, Roquefort). Il en fallut beaucoup moins pour les 5 de la série À, que pour les autres. Chezces derniers, l’ingestion d’une quantité ordinaire à un seul repas n’'augmenta pas la quantité de l’indican urinaire, mais, en ayant pris de nouveau au dîner le soir, sauf deux, celui de la série D et un de la série C., tous les autres eurent indicanurie abondante. :

Cette expérience répétée à cinq reprises différentes, resta identique comme résultats.

On pourra invoquer l’hypopesie.plus ou moins accusée, la dilatation et l’atonie de l'estomac des gros mangeurs, tout ce que nous pouvons affirmer, c'est l'excellente santé de tous les sujets, aucun d'eux ne présentait d’altération fonctionnelle de l'estomac. On eût pu faire préalablement absorber un aliment peptogène, de la pepsine, nous avons

ensé bien faire en ne sortant pas des conditions normales dans lesquelles fonctionnait l'estomac de chacun de nous.

À la suite de ces recherches, il restait encore à absorber de l’indol, c'est ce que huit seulement voulurent bien faire.

Indicanurie alimentaire par ingestion d’indol.

Les huit sujets se répartissent ainsi :

Série À — 2 Série B — 2 Série C — 3 Série D — 4

Nenchi estime que le tiers de l’indol absorbé

passe par les urines; dans ses expériences, après injection sous-cutanée, Jaffé constate l'élimination sans parler de la quantité.

Au cours de nos recherches, l’Indol fut absorbé à jeun le matin, et, seulement deux heures après nous prenions un peu de bouillon. Lelaitet la viande étaient écartés systématiquement, afin de ne pas introduire de matières protéiques, dans un organisme qui la veille avait absorbé 25 grammes de sulfate de Magnésie.

Toutes les heures, les urines émises furent recueillies et l’indican immédiatement recherché par les procédés ordinaires, afin d'éviter la fermentation ammoniacale.

Dans le tableau suivant sont consignésles résultats obtenus.

TABLEAU INDIQUANT LA QUANTITÉ D'INDOL NÉCESSAIRE POUR OBTENIR L’INDICANURIE.

Quantité d'Indol Série A Série B Série C Série D 0.25 JR » » »

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