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montré toute l'importance qu'avait leur connaissance au point de vue de la pathologie rénale.
Nous unirons notre voix à la sienne pour demander au praticien, d'apporter à l'examen des urines tout le soin que comporte cette opération.
Dans ce chapitre sera présenté un tableau suc-: cint des principales affections dans lesquelles on rencontre l'indican. Une seconde partie, exposera, avec quelque détail, l’influence de l’antiseptie intestinale sur l’indicanurie.
1° Affections gastro-intestinales. —Les fermentations intestinales, fermentations dues à diverses bactéries dont il a déjà été parlé, sont la principale cause de production de l'indol.
Ces transformations des matières albuminoïdes et protéiques, peuvent se rencontrer dans le cas de stase stercorale, que cet arrêt des fèces soit dû à un troubleparalytique, ou à untroublemécanique. Mais, on les observe également dans les cas de diarrhée acide, et ici, il semble qu'il faille invoquer plutôt l'intensité du processus que la stase stercorale, surtout lorsque le malade a jusqu’à douze selles journalières, comme il nous est arrivé de l’observer.
Indicanurie ‘par Slase (A.paralytique). — Dans
les stases dont la cause siège sur la musculature de l'intestin, celles dites paralytiques, qu’on rencontre chez les myélitiques, les gens traumatisés, les saturnins, il se fait des fermentations très actives. Les bactéries trouvent le champ préparé, c'est un milieu de culture réunissant toutes les conditions nécessaires à leur développement, aussi y prospèrent-elles et fabriquent-elles en quantité des toxines et de l’indol.
Même chez les traumatisés, surpris au milieu de leur vie active, nous avons toujours, dans ces cas, constaté l'indicanurie.
À la maison de secours, nous étions placé au premier plan, pour étudier ce côté intéressant de la question.
Au chapitre observations nous en rapportons seulement deux cas choisis entre beaucoup (Obs. II et ID). Cependant, il est des circonstances où malgré un violent traumatisme, il n’existe pas de paralysie intestinale, donc pas d’indicanurie. (Obs. I dans laquelle le malade avait de la diarrhée).
La stase intestinale peut, commé dans l’obs. II, reconnaître une cause hystérique, elle peut être consécutive au sommeil chloroformique (Obs. IV ét V).
- B) Mécanique. — La stase de cause mécanique,
qu'elle soit due à un retrécissement, à la compression de l'intestin par une tumeur, etc., sera l’occasion d'une’ indicanurie plus ou moins intense (Obs. VI). |
lndicanurie par fermentatlions rapides avec diarrhée. — Nous avons constaté ce mode de production chez un dyssentérique, chez des typhiques, dans des cas d’'entérite, de typhlite; Hassel l’a signalée comme étant constant chez les cholériques (Obs. vi, Vi, IX, X, XI). Par contre, nous n’avons jamais trouvé l’indican dans les crises intestinales à la fin des maladies aiguës.
2° Indicanurie dans lesafjections hépatiques. — C'est ici que la théorie de l'insuffisance hépatique doit trouver son meilleur point d'appui. L’indicanurie coexiste fréquemment avec la congestion du - foie, que celle-ci se traduise par de la douleur ou - par un simple sentiment de gêne. Mais cette congestion, comme la plupart des lésions hépatiques, peut être primitive ou secondaire. Dans tous les cas, on constate toujours l’indicanurie plus ou moins intense (Obs. XII, XIII, XIV).
3° Indicanurie dans les affections cardio-hépatiques. — À ce point de vue, nous avons analysé les
urines de cinq malades en état d'asystolie, nous avons constamment trouvé coexistence de l’indican et de la sensibilité hépatique. Quand cette dernière a disparu, l’indicanurie a également cessé. Nous en fournissons une observation (Obs. xv).
4 Jndicanurie dans lesaffections rénales.— Ici, les analyses ont donné peu de résultats et on ne peut guère en tirer de conclusions. Tantôt, nous avons constaté l'indican dans des cas de néphrites aiguës et chroniques, alors même que le tube digestif remplissait son rôle d’émonctoire, tantôt nous n'avons rien trouvé. Ce qui paraît certain, c’est que dans les néphrites par andartérite oblitérante progressive, l'élimination de tous les produits toxiques devient très difficile. Il n’y a donc pas lieu de s'étonner de l’absence d’indicanurie.
5° Indicanurie dans les affections pleuro-pulmonaires. — Nous rapportons un cas de pleurésie putride, dans lequel pendant toute la durée de la maladie il y eut indicanurie abondante (Obs. xvi). Les mêmes constatations furent faites dans dix cas de pneumonie grippale (J. Fournier).
Dans nos observations de bronchectasie, de bronchite fétide, de tuberculose pulmonaire à la période des cavernes, nous avons également re-
DES os trouvé l’indican. De même, dans plusieurs affec-
tions aiguës, chez un malade atteint d’angine diphtérique.
6° Indicanurie dans les affections nerveuses.— On sera peut-être étonné de voir parler d’indican à propos de maladies nerveuses. Etpourtant, iciaussi, l'indicanurie existe, et possède même une valeur pronostique assez importante, sur laquelle nous attirons l'attention au cours des Observations XVII et xvi. Nous l'avons surtout rencontrée dans la Neurasthénie, et sur trente cas observés elle n’a jamais fait défaut. Les deux malades qui font l’objet des deux.relations citées plus haut, étaient épileptiques, nous nous étendrons assez longuement sur eux au chapitre suivant.
INDICAN ET ANTISEPTIE INTESTINALE. — Maintenant, abordons la question des rapports de l’indicanurie et de l’antiseptie intestinale. Les quelques pages consacrées à la bactériologie des voies dig'estives, nous semblent avoir suffisamment montré le grand rôle qui revient aux micro-organismes dans la genèse de l’indican.
À priori, ilestrationel de penser, que toute médication, venant empêcher les actions microbiennes,
entravera par là même les putréfactions et fermentations consécutives. | En conséquence, l’indol diminuera d'autant et par là même, l'indican qu'il aurait formé après absorption. Le personnel des hôpitaux est actuellement édifié sur la réalité de ces faits, et souvent nous avons vu signaler au chefde service par quelque infirmière l'état de fétidité des selles de certains malades. FHabituées qu'elles étaient, à voir, sous l’influenee du traitement, rapidement disparaître la mauvaise odeur, ces humbles se faisaients, ans y penser, les défenseurs des idées de M. le professeur Bouchard. Et en effet, aprèsapplication de l’antiseptie intestinale, la fétidité des fèces diminue considérablement. Or, le dégagement de ces odeurs désagréable est en rapport avec l'intensité des putréfactions qui se font dans les voies digestives, on peut donc approximativement par les unes se rendre compte des autres. Si, dans ces conditions, on pratique l'analyse des urines pour y déceler l'indican, on devra trouver des oscillations parallèles, entre la quantité de ce corps, et, l'intensité de l’odeuretdes putréfactions sous l'influence de la médication antiseptique. En effet, l'expérience montre la marche parallèle de ces trois facteurs.
… Chez le malade qui fait l'objet de notre V° obser-
vation, le cas précédent s'étant présenté, nous vîimes cesser simultanément, la fétidité, les fermentations, l’indicanurie, après administration de la potion suivante :
Benzonaäphtal. +..."
OI a ar er el Et are ee se D Alcoolat de mélisse. . .,.. 30 gr.
IHCpÉommeU STE NT 90 gr.
Quantité d’autres observations, tout aussi probantes, pourraient êtres fournies, mais nous jugeons inutile d’insister davantage sur.un fait universellement admis.
Il ressort de tout ceci, que la recherche de l’indican journellement pratiquée, pourra dans des cas semblables, renseigner le médecin sur la plus ou moins grande efficacité du traitement qu'il aura institué dans le but d'assurer l’antiseptie des voies digestives. |