ENFANT PRODIGUE
Tout est sombre pour moi : le présent, l'avenir ! Le malheur a brisé l'essor de ma pensée :
Elle rampe sans force et s'en revient lassée... Ah ! c'en est trop ! la mort tarde bien à venir !
Seul, le passé me reste, et, triste souvenir, Je vois toujours, là-bas, la maison délaissée^ Mon vieux père, mes sœurs, ma tendre fiancée Et l'aïeul que mon bras pouvait seul soutenir.
Loin du foyer chéri, je ne vois que ténèbres, Et toujours, à mes yeux, des images funèbres S'en viennent dérober l'horizon bleu du ciel...
Mais que vois-je, Seigneur ? Un ange à l'aile blanche^ De ma coupe, à l'instant, vient enlever le fiel !.. — L'ange du repentir, sur l'exilé se penche !
Ce troisième sonnet présente la coupe classique. Les rimes sont toutes riches, Pidée est bien condensée, et si nous n'étions pas l'auteur de cette œuvre, nous dirions presque qu'elle est sans défaut. Le tableau qu'elle retrace n'a-t-il pas la saveur d'un poème ?
SONNET-PORTRAIT (Soie combinaison, avec chute à rimes masculines)