CONCLUSIONS
■1° Les indications données par les anatomistes, qui enseignent que le plan de la cavité cotyloïde regarde en dehors, en bas et en avant, au moment de la station verticale, peuvent être remplacées par les indications plus précises suivantes :
2° L'axe de la cavité cotyloïde, ou diamètre perpendiculaire au plan d'ouverture, présente une inclinaison moyenne de 39°, et l'angle ainsi formé avec l'horizon est ouvert en bas ;
3" Le plan vertical qui contient l'axe de la cavité cotyloïde fait, avec le plan vertical et transversal qui, passant par les deux centres des articulations coxo-fémorales, divise le corps tout entier en deux moitiés antérieure et postérieure, un angle moyen de 20°, ouvert en avant. Cet angle mérite une dénomination spéciale. En assimilant à un méridien le plan vertical et transversal choisi comme repère, comme origine des distances, l'angle exprimant l'une de ces distances peut être appelé angle de déclinaison;
4" L'inclinaison moyenne de l'axe de la cavité cotyloïde est à peu près double de sa déclinaison. Leur somme est sensiblement égale à l'inclinaison moyenne du diamètre sacro -pubien du détroit supérieur du bassin, égale à 59° ou 60"; • "
5° La connaissance précise de la direction que possède l'axe de In cavité cotyloïde est nécessaire pour déter-
miner les effets réels de la pression atmosphérique, appliquée à l'articulation coxo-fémorale.
Les indications données pour l'axe de la cavité colyloïde ne sauraient être appliquées à l'axe du col du fémur, dont la position varie pendant les mouvements du membre;
6° La présence de l'arrière -fond de la cavité cotyloïde, des parties molles qui le remplissent, du ligament rond, imprimant à l'articulation une physionomie particulière, a pour elTet direct et immédiat, de laisser la pression atmosphérique s'exercer sur toute la portion intra-cavitaire de la tête fémorale, en contact avec cet arrièrefond;
7° L'axe de l' arrière-fond, ou diamètre aboutissant en son milieu, est contenu dans le même plan vertical que l'axe de la cavité cotyloïde, et possède par suite la même déclinaison. Son inclinaison est nulle, c'est-à-dire que l'axe de l' arrière-fond est sensiblement horizontal;
8° Le plus grand arc de cercle, intercepté par l'arrièrefond, appartient au grand cercle vertical qui contient l'axe de la cavité cotyloïde et celui de l'arrière-fond. Cet arc de grand cercle, ou amplitude maxima^ présente une valeur moyenne de 101°. Il divise l'arrière-fond en deux moitiés symétriques, l'une antérieure, l'autre postérieure ;
9" Toutes les objections dirigées contre la théorie des frères Weber, en tant qu'elle se rapporte exclusivement k l'influence de la pression atmosphérique sur l'articulation coxo-fémorale, ne sauraient l'ébranler, parce que cette influence existe réellement et ne peut être niée;
10° Dans son action sur l'articulation coxo-fémorale.
la^ pression atmosphérique possède une intensité de 959 grammes par centimètre carré, et une intensité totale moyenne de 13kil. 500 environ.
La diminution subie par cette intensité, qui devrait être de 10^33 grammes par centimètre carré, pour une pression barométrique égale à 76 centimètres, a pour cause la présence de la synovie, dont la tension de vapeur, à la température du corps humain, s'oppose partiellement aux effets delà pression extérieure;
11° La ligne droite, suivant laquelle la pression atmosphérique agit sur l'articulation coxo-fémorale, en est un diamètre ; le centre commun des deux sphères contiguës parallèles et sensiblement égales, auxquelles appartiennent la tête fémorale et la cavité cotyloïde, ou centre articulaire, peut en être regardé comme le point d'application ;
12° La direction de la pression atmosphérique appliquée à l'articulation coxo-fémorale, est située dans le même plan vertical qne l'axe de la cavilé cotyloïde et possède même déclinaison. Elle présente une inclinaison moyenne de 64° environ. Elle est comprise entre l'axe de la cavité cotyloïde et la verticale indiquant la direction de la pesanteur; à une distance angulaire moyenne, d'un peu moins 26° de la première, d'un peu plus 25° de la seconde ; c'est-à dire, à peu près à égale distance entre les deux;
13" Nous voyons donc qu'un même plan vertical, dont la position est parfaitement déterminée, renferme tout à la fois l'axe de la cavité cotyloïde et celui de l'arrière-fond, la direction de la pression atmosphérique et celle de la pesanteur ; intercepte, au niveau de l'arrière-
fond, un arc de grand cercle formant l'amplitude ma^/w2« de celui-ci, et le divisant en deux moitiés symétriques, antérieure et postérieure; et détermine par son intersection avec le bord libre du sourcil cotyloïdien, le point le plus élevé et le point le plus déclive de celui-ci ;
14° Etant donné l'intensité et la direction de la pression atmosphérique, si l'on en compare les effets à ceux de la pesanteur appliquée au membre abdominal, on reconnait qu'elle suffit, et au delà, pour neutraliser cette seconde force; que les surfaces articulaires n'ont aucune tendance à se séparer. Dès lors, il est inutile de recourir à une force différente quelconque, et de conserver l'hypothèse d'une intervention musculaire active et permanente, destinée à maintenir les surfaces articulaires en contact;
15° L'action de la pression atmosphériqus n'est pas indéfinie, mais limitée. Elle cesse de faire équilibre au poids du membre inférieur, lorsque la hauteur du baromètre est descendue à 352 millimètres environ. Dès lors, les surfaces articulaires tendent à s'écarter; une intervention musculaire active, permanente, devient nécessaire pour qûe la marche puisse s'effectuer ;
16° Quand la pression atmosphérique ne suffit plus à faire équilibre au poids du membre, et qu'une contraction musculaire n'intervient pas au moment où le pied ne touche plus le sol, la séparation des surfaces articulaires devient réelle. Au départ, elle consiste en un mouvement de rotation, en vertu duquel le centre de la tête fémorale s'abaisse en décrivant un arc de cercle autour de la partie la plus déclive du bord cotyloïdien. Dès qu'il commence, ce mouvement s'accompagne du glissement de
la tête fémorale tout entière, sur cette partie la plus déclive, et le point de contact du début parcourt un arc de cercle semblable et parallèle à celui décrit par le centre, qui représente la trajectoire du mouvement effectué par la tête fémorale ;
17° La séparation des surfaces articulaires et l'intervention musculaire active qui en résulte, doivent être rangées parmi les causes de la fatigue extrême éprouvée pendant la marche, lorsque la pression tarométriqne descend;! 352 millimètres et même un peu moins, à 390, qui correspondent à l'altitude du Mont-Blanc;
18" Les individus qui habitent les hautes altitudes comme les Indiens des plateaux élevés de l'Amérique du Sud, se trouveraient dans de mauvaises conditions, au point de vue du fonctionnement de leurs articulations coxo-fémorales, par suite de la faible pression atmosphérique, si leur organisme n'avait subi l'influence du milieu extérieur. Les membres sont notablement plus courts, principalement les segments adjacents au tronc, d'oij résulte une diminution de poids. Si cette diminution était proportionnelle à celle de la pression atmosphérique, les deux forces opposées diminuant simultanément, leur rapport ne varierait pas;
Il est d'autres conditions anatomiques qui pourraient alors augmenter l'intensité totale de la pression atmosphérique sur la tête du fémur. Ce seraient : des dimensions plus grandes de l'articulation, plus petites de l'arrière-fond ; une diminution dans l'inclinaison de l'axe de la cavité cotyloïde;
19° Les conclusions précédentes ont été obtenues par le raisonnement et le calcul. Les éléments en étaient des
mesures prises directement sur les cavités cotyloïdes. Les résultats obtenus expérimentalement se rapprochent assez de ceux fournis par le calcul, pour en démontrer l'exactitude.