CHAPITRE PREMIER
Quelle est la proportion des svphilitiques dans
la population *?
Il n'existe pas de statistique exacte répondant à cette question. On se rend compte des causes multiples qui empêchent de déterminer le nombre des syphilitiques dans un pays tout entier.
Néanmoins nous possédons 4.statistiques qui peuvent nous fournir une évaluation approximative.
Elles vont nous montrer, en particulier, avec quelle inégalité dans un même pays la syphilis frappe à différentes époques les habitants de la capitale, des villes de province, de la campagne, les différents sexes, les différents âges, les différentes professions.
En Danemark et dans les pays scandinaves, la déclaration de la syphilis par le médecin est obligatoire. Les chiffres de nos 2 premières stalistiques sont donc des chiffres officiels, ce qui ne veut pas dire qu'ils soient l’expression absolument exacte du nombre des syphilitiques.
En effet, ils ne représentent que les malades qui ont eu
recours au médecin, peut-être même que tous ces derniers ne sont pas comptés, soit réticences, soit négligence du médecin, quelques cas ont pu échapper aux registres officiels.
Les chiffres de nos deux premières statistiques doivent donc être considérés comme trop faibles dans l’ensemble. Mais les déductions qu’en ont tiré leurs auteurs sur la répartition des syphilitiques suivant l'importance des agglomérations, les âges, les sexes, doivent vraisemblablement approcher de la vérité puisqu'ils n’expriment que des rapports.
Les deux autres statistiques, celle de Prusse (Blaschko) et celle de Paris (A. Fournier), sont des statistiques
n'ayant aucun caractère officiel.
$ 1. — Siatistique Danoise (Ehlers)
Ont contracté la syphilis :
dans Jes dans les à Copenhague villes de prov. campagnes De 1876 à 1885..... 1203 271 248 De 1886 à 1895..... 1254 164 126
Par rapport à 1.000 habitants, ces chiffres donnent les proportions suivantes :
Copenhague Villes de provinces Campagnes:
De 1876 à 1885..... k,16 0,8 0,14 De 1886 à 1895.,.... 375 0,49 0,08
orne 2e. Ne
Ces chiffres montrent : 1° que le nombre de nouveaux syphilitiques à décru dans la deuxième décade ; 2° que le nombre des syphilitiques est beaucoup plus considérable dans la capitale que dans les villes de province, dans celles-ci que dans les campagnes. |
Suivant le sexe el l'âge, les malades se répartissent de la manière suivante pour la période de 1886 à 1895. Sur
100 nouveaux syphilitiques on compte :
HOMMES RE ET ee 65 IAE NEC RÉ ME I ME 30 :
Enfants de zéro à quinze ans 5
Mais la période de la vie où la syphilis est contractée le plus souvent de beaucoup est celui qui va de vingt à trente ‘ans : :
En 1886 sur 10.000 habitants :
69 hommes sont alteints de syphilis parmi lesquels 41,4âgés de vingt à trente ans.
En 1895 le nombre des contaminations à décru mais la proportion reste à peu près la mème.
34 hommes sont atteints de syphilis parmi lesquels 20,4 âgés de vingt à trente ans.
Donc sur 100 hommes qui contractent la syphilis
60 sont âgés de vingt à trente ans.
$ 2. — Statistique de Christiania
Cette statistique vient contrôler les précédeutes en montrant que sur 1.000 habitants le nombre des contaminations
est à peu près le même qu'à Copenhague.
Alexandre
Sur 1.000 habitants on a compté à Christiana :
En 1888 : 1,8 nouveaux syphilitiques ; en 1891 : 3,1 ; en 1895 : 4,2 : en 1897 : 3,6 ; en 1898 : 4 ;en 14900 : 3,1 ; en 1902 : 2,7.
Soit une moyenne de 3,2 contaminations pour 1.000.
Or à Copenhague nous avons compté de 1876 à 1885 : 4,16: de 1886 à 1895 : 3,75 soit une moyenne de 3,95
syphilitiques nouvaux pour 1000.
$ 3. — Statistique de Prusse (Blaschko)
Elle donne une moyenne plus faible que les deux précédentes. Le 30 avril 1900 on comptait dans tout le royaume prussien 11.000 cas nouveaux de syphilis dont à Berlin seulement 3.000 cas en traitement, soit pour Berlin une moyenne de 3,6 contaminations nouvelles pour 1.000 hommes au-dessus de quinze ans. Mais ce chiffre extrèmement faible subit de la part de Blaschko tout une série de corrections qui l’amènent à penser que par an 2,4 0/0 des adultes sont atteints de syphilis.
De plus Blaschko a dressé deux tableaux qui montrent la répartition des maladies vénériennes en Prusse d’après $ l’importance des agglomérations, à Berlin, d’après les professions. |
Les chiffres suivants ne s'appliquent pas à la syphilis,
mais à l'ensemble des maladies vénériennes.
Dans toute la Prusse... 28 mal. vén. pour 1.000 habitants Dans l’armée. .......... 3) —
Dans les villes demoinsde