CAUSES D'ERREURS DANS LES STATISTIQUES
Toutes les statistiques ne sont pas comparables. Elles le seraient si elles avaient été conçues dans le même but, avec les mêmes moyens. Or, il s’y glisse deux ordres d’erreurs ou de variations que l’on peut dire inévitables : un premier groupe, du à l'observateur lui-même ; un second,
indépendant de lui.
Erreurs dues à l'observateur
Une première cause, grossière, est la confusion entre différents objets microstopiques. De NaBras, CHAUFFARD. GAULTIER, avaient déjà montré que [a confusion était possible entre œufs d'Ascaris et certains pollens rencontrés très souvent dans les selles. Mais il ne s’agit là d'erreurs possibles que pour un débutant. On a vite fait de distinguer certaines spores de champignons à paroi épaisse, irrégulière, de kystes amibiens où de kystes de Lamblia.
Plus grave est l'erreur provenant des variations dans la nomenclature. Les changements successifs introduits en systématique sont des causes de confusion continuelles. Il faut savoir à chaque instant de quel objet parle l’auteur. C'est cette raison qui, précédemment, nous à fait grouper les deux espèces dysentleriae-dispar et hartmanni qui ne sont pas distinguées par beaucoup d'auteurs.
Le {emps passé à l'examen d’une lame intervient évidemment dans la précision des résultats obtenus.
Plus importante est la fatigue de l'observateur. C’est un fait bien connu en physique. Ainsi un observateur qui compte les oscillations d’un pendulé — même lent — finit par introduire des erreurs dans ses calculs. Or, l'attention nécessaire à l’examen de ces oscillations est peut-être moins soutenue que celle qu'il faut pour l’examen de plusieurs préparations microscopiques, dont on doit examiner chaque détail et pourtant la totalité. Les
résullats numériques s'en ressentent certainement,
Erreurs indépendantes de l'observateur
Elles sont bien plus importantes que les précédentes.
D'abord, l'origine, l’âge, le sexe des individus examinés font varier les résultats dans une certaine mesure, nous l'avons vu précédemment.
Nous nous sommes demandés si la quantilé de fèces soumise à l'examen pouvait être un facteur important de variation. Après quelques expériences faites à ce sujet, nous avons conclu que non. Il reste cependant évident qu'il vaut mieux, quand c'est possible, traiter par un liquide de dilution une selle entière, de façon à en faire une bouillie homogène et en prélever un échantilion pour l’analyse.
La question du nombre d'examens pratiqués pour chaque selle est très importante. L'existence de périodes négalives chez les parasités est un fait connu depuis longtemps. En Chine, KESSEL et SWENSsoN ont constaté qu'au premier examen, on ne trouve que la moitié environ des infections que décèlent 6 examens consécutifs ; 3 examens
consécutifs ne donnent que les 3/4 de ces infections. Ce
sont les mêmes résultats que donnent Smirm et Mar-
THEWS. POUBLAN a aussi étudié ces périodes négatives. Nous ne pouvons mieux faire que citer deux cas édi-
fiants à ce point de vue.
a) Les selles de l'individu n° 60 ont été examinées en
tout 57 fois. Sur ces b7 examens, nous avons trouvé
ni Po 4