‹ Étude sur CatulleChapitre 136 sur 144 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

Inrumaiio. « Tangam te prior inrumatione » (XVIII, 9). Oricilla. « Vel imula oricilla » (XXV, 2).

2° Adjectifs et adverbes :

Inobservabilis. a Tepti frustraretur inobservabilis error »

Amplifiée. «Talibus amplifiée vestis decorata fîguris»(LXIV,

Justifions <t Justificam nobis mentem avertere Deorum »

Semitarius. a Omnes pusilli et semitarii mœchi » (XXXVII ,

Semilautus «. Neri rustica semilauta crura » (LIV, 2). Cuniculosus. « Cuniculosœ CeltiberisR fili » (XXXVII, 18). Harundinosus. « Quaeque Ancona Gnidumque harundino-

sam » (XXXVI, 13).

Imaginosus. « Solet esse imaginosa » (XLI, 8).

3° Verbes :

Hiulcare. a Quum gravis exustos sestus hiulcat agros »(LXVII,

62.) Perdepso. <c Patrui perdepsuit ipsam uxorem » (LXXXIV,3).

Confutuo. « Confutuere et putare ceteros hircos » (XXX VU, 5).

Defutuo. « Ametina puella defututa » (XLI, 1).

Expatro. « Parum expatravit an parum eluatus est » (XXIX,

Prœtrepido. « Jam mens praetrepidans avet vagarî » (XLYI, 7). Reflagito. « Persequamur eam et reflagitemus » (XLII, 6). Retono. «Fac cuncta mugienti fremitu loca retonent » (LXÏIÏ,

Tepefacto. « Frigida deserto tepefactet inembrn cubili »

Truso. « Deprendi modo pupulum puella* trusantem » (LYI,

Si nous signalons enfin quelques constructions recherchées comme celle-ci : « cupit ipsa pupula nd te sihi dirîgere aciem » (LXIII, 50), et l'abus des substantifs abstraits en tio, esuritio, inambulatio, argutatio, vocatio, approbatio, allocutio, fututio, inrumatio, nous aurons noté tout ce qui dans Catulle peut être considéré comme irrégulier ou d'une langue peu classique. C'est le lot, un peu trop lourd cependant, de l'Alexandrinisme et de l'archaïsme, de l'afféterie et de l'inexpérience. Dans le reste, une partie a un caractère d'antiquité plus marqué ; l'autre partie est plus nouvelle. Parmi les tournures et les mots qui ont encore un aspect archaïque , mais que recommandent les meilleurs rapprochements , les uns se rattachent surtout au passé , aux comédies de Térence par exemple ; les autres sont tirés du présent , et nous les retrouvons dans les lettres de Cicéron.

NOTE T (p. 239).

A. Riese (Rheinisches Muséum XXI, 498) pense que le poème LXIV est traduit de Callimaque. Dans la pièce LXV, 45, Catulle annonce à son ami Hortalus des traductions de Callimaque , carmina Battiadœ. Or, la pièce LXVI est la seule de ce genre que nous possédions. Il faut donc qu'il y en ait d'autres , et le poème LXIV est de ce nombre. Il est

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facile de répondre que Catulle .aurait tort bien pu envoyer à son ami plusieurs traductions sans les publier ensuite dans son livre ; d'ailleurs , le mot carmina est trop vague pour servir d'argument. Passons h l'examen même de la pièce LXIV. Les comparaisons en apparence empruntées à Homère ne sont pas réellement traduites de lui, dit Riese, puisqu'elles décrivent tout autre chose. Dans l'une d'elles (LXIV, 269) , Catulle peint le bruissement des flots qui s'éveillent à la 'brise du matin; dans Homère , il est question du bouillonnement et du choc de la mer contre la cote. Ailleurs , les vers qui peignent dans Catulle la secousse imprimée au monde par un mouvement de tête de Jupiter , ressemblent plus à une imitation traduite qu'à une traduction directe d'Homère. Restent donc deux vers de Théocrile et un vers d'Euphorion. Mais c'était l'habitude parmi les Alexandrins de reproduire intégralement , par courtoisie , quelques vers des poètes contemporains. D'autre part, on trouve dans le poème LXIV un certain nombre de vers traduits de Callimaque , probablement de l'Hécale, qui racontait les aventures de Thésée. Voici ces vers :

Ml àçavov sapocusi , [lCa&i 82 çiv Ô|jlkvlov epyov ; tëv Air/ 70 yxp ït/z ~aÀoi(*:cOOv oyvojjia NaÇw.

(Callim. fr. 163.)

Btjgoç £G0j7Jaa; oXoôv xpc'oc; ftys

r.oXkx [j.otT7;v xspxsOT'.v sç Tjs'poc Ô'jjiTJfjiavTa.

(Cic. ep. ad An. VIII , s , *•)

•jÇeiv av oso; aAÀ s-axouoj;

oj/. ïr/zv

à6aXs p.rfî' c&rjkrfiM

oir'cîix'.aTos s; àaTjoov kffzXiofzr^sotTiTstv àvaOol r:oX)âxu Oso:.

Sans doute les passages d'Homère que nous avons cités ne sont pas exactement traduits de Catulle, mais il y a évidemment songé en écrivant ses vers , et nous y pouvons sucprendre le travail même de Catulle et la manière dont il

s'assimilait les modèles. Quant aux vers de Callimaque , ils sont en trop petit nombre pour prouver , comme le voudrait Riese, que le poème LXIV est une traduction. Nous y voyons surtout la preuve que Catulle, avec un goût délicat, choisissait dans toute la littérature grecque les images et les souvenirs qu'il introduisait dans ses poèmes, et nous ne sommes point surpris d'y trouver Homère à côté de Théocrite , de Callimaque et d'Euphorion. Rien enfin dans le poème LXTV ne s'oppose à ce qu'on y reconnaisse un essai d'imitation des œuvres Alexandrines , analogue aux essais d'André Chénier, U Aveugle, Le Mendiant, plutôt qu'une traduction fidèle.

Vu et lu en Sor bonne, le 29 mai 1874, par le doyen de la Faculté des lettres de Paris ,

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