PERMÈRE PRÉPARATION INTELLECT CELLE
Le plan est écrit, mais il est sur le papier, hors de l'esprit; et bien qu'il en soit sorti, la liaison des idées est quelque chose de si subtil, qu'elle échappe aisément, surtout au milieu du monde où l'orateur doit paraître, et qui peut lui donner mille distractions.
Il doit donc au dernier moment , c'est-à-dire une heure, une demi-heure , un quart d'heure avant de parler, repasser son plan dans le silence, en revoir toutes les parties avec leur enchaînement, en lixer d'une manière définitive les idées principales et leur ordre, en un mot inscrire ou graver profondément dans son imagination ce qui est écrit sur le papier, en sorte qu'il puisse lire en lui-même , dans son entendement, sûrement et sans effort, les indications de ce qu'il doit dire.
C'est comme une contre-épreuve dahs son esprit
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ce qu'il a écrit au dehors, afin que sans notes il retrouve toute la distribution de ses idées sur la table vivante de son imagination. Pour cela il la résume encore , il la concentre en quelques mots qui lui servent à la fois de drapeaux et de jalons ; de drapeaux autour desquels se groupent des pensées accessoires ou partielles , qui forment comme une compagnie autour de leur chef; de jalons qui marquent la route à suivre pour arriver sûrement au terme.
Alors, par un effort suprême de la pensée , il rattache tous ces signes Fun à l'autre pour les embrasser d'un coup d'œil dans leur place respective et dans leurs rapports mutuels , et tous relativement à la fin que son discours doit atteindre. Semblable à un général qui , au moment du combat , placé suYune hauteur, jette un dernier regard sur l'ordonnance de son armée , et voit chaque corps, chaque régiment à la place qu'il a désignée. Alors, après s'en être emparé parla force du regard , il la tient pour ainsi dire sous sa main et peut la lancer dans Faction selon le plan qu'il a conçu.
On comprend que pour en arriver là , il faut non-seulement que, le plan ait été bien conçu et bien distribué, mais qu'il soit encore nettement écrit sur le papier, en sorte qu'on puisse en ce
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moment de presse le revoir d'un coup d'œil dans son ensemble et dans ses parties.
En général, les plans les plus courts sont les meilleurs » s'ils sont bien remplis et chargés d'idées; et quand il est possible de tout réduire à une seule idée, dont on tient toutes les dérivations , c'est le plus commode et le plus sûr.
C'est pourquoi on peut quelquefois parler admirablement sans tant de préparations , et de manière à produire un grand effet. Il ne faut qu'une idée , dont on soit bien convaincu et dont on voie clairement les conséquences et les applications, ou bien un sentiment vif qui agite le coeur, pour que la lumière de l'idée ou l'émotion du sentiment éclatent et se répandent subitement par la parole , comme les eaux d'un réservoir par l'ouverture qui leur est donnée. Mais le réservoir était plein et l'abondance de l'écoulement suppose un travail plus ou moins long pour le remplir. Ainsi des improvisations les plus soudaines et les plus riches ; c'est toujours un réservoir d'idées et de sentiments, préparés et accumulés par le temps , qui se fait jour par le discours.
Dans tous les cas, ce qui importe le plus, c'est de voir toutes les idées en une, afin de posséder