‹ Étude sur l'évolution anatomique et clinique des Anévrysmes de la pointe du cœurChapitre 11 sur 22 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION Î (personnelle, inédite).

La nommée Ch... Jeanne, âgée de 66 ans, culottière, demeurant 178,rue de Vanves, entre à l'hôpital Saint-Joseph, salle Sainte-Madeleine, lit n° 4, le 10 mars 1893.

Antécédents héréditaires. — Père mort d’une maladie dela moëlle épinière.

Mère morte de tuberculose pulmonaire.

Un frère mort de pneumonie. ; £

Antécédents personnels. — Réglée à 13 ans, régulièrement.

Pas de grossesses. |

Ménopause à 46 ans.

Le mari est mort à 59 ans de tuberculose pulmonaire.

Pas de maladies antérieures.

Pas de traces de syphilis ni d’alcoolisme.

Début de l'affection actuelle.

Au mois de novembre dernier, cette femme aurait eu froid, à la suite se déclare une bronchite, qui revient à Noël: depuis elle a toujours toussé et reste {rès oppressée, par moment crises d'étouffements. :

Grand amaigrissement depuis le mois de novembre.

Perte d’appétit et de sommeil.

OEdème des jambes.

Pas d’albumine dans les urines.

Auscultation. — Pouinons. — Matité des deux sommets en

me ls

Dis pers

arrière : on trouve de la congestion dans toute l'étendue du poumon, la respiration est rude avec quelques craquements au sommet en arrière.

Du côté gauche la respiration est rude, l’expiration prolongée au sommet, avec congestion de la base et quelques râles disséminés danstoute la hauteur du poumon en arrière.

En avant on trouve de la matilé à droite; la respiration est soufflante sous les deux clavicules, surtout du côté droit.

On ne trouve rien au cœur, les bruits sont normaux et le pouls régulier.

Le foie est gros, dépassant la ligne médiane et descendant à -deux travers de doigt environ au-dessous des fausses côtes.

Rien dans les urines.

Du 10 mars, jour d’entrée à l'hôpital, au 18 mars, la malade se plaint de manque de sommeil et d’appétit, d’oppression et de cri-

s d’étouffement revenant surtout la nuit, mais ne disparaissant jamais entièrement ; elle reste continuellement assise sur son lit ou dans un fauteuil. L'auscultation pratiquée souvent ne montre rien dans l’état du poumon ou du cœur qui puisse expliquer la violence de ces crises; seule la congestion des bases a un peu augmenté ; les urines restent normales,

Le 18 mars. — Vomissements bilieux:; congestion des deux bases en arrière, obscurité de la respiration dans le tiers inférieur des deux côtés, en arrière.

Le cœur est irrégulier; trois battements suivis d’un temps d'arrêt, les battements s'entendent pendant la respiration : bruits normaux, mais sourds. La pointe bat dans le sixième espace intercostal. Le pouls est filiforme, intermittent.

A midi, pendant qu’elle parle avec ses voisines, la malade est prise de syncope et meurt subitement.

Autopsie. — Pratiquée 36 heures après la mort.

Epanchement pleural assez abondant, 800 à 900 grammes de

Laurent 6

= 38 — liquide, au sommet droit on trouve quelques petits tubercules, avec légère congestion de la base. Au sommet gauche quelques petites tubercules, la base est fortement congestionnée. |

Cœur. — Epanchement péricardique cent grammes environ, pas d’adhérences. ; |

Cœur gros surtout à droile ; pesant vide de caillots 460 grammes on trouve à la face antérieure; la partie inférieure du ventricule gauche, à 2 centimètres environ au dessous de la pointe,

“une plaque violette entourée d’une aréole rouge, formant dépression en dedans du ventricule, on dirait une poire de caoutchouc dégonflée, ramollissement de la largeur d’une pièce de cinq francs, on le cent nettement au toucher.

A l’intérieur du ventricule droit caillot agonique ; valvules saines.

Au point violacé de la face externe gauche, répond à la face interne du ventricule gauche, un dépôt de coagulation cardiaque, noirâtre, placé sur une ulcération de la paroi ventriculaire ; autour de cette coagulation, le cœur présente un aspect blanchâtre, comme un tissu cicatriciel, toute la région voisine présente une coloration blanchâtre qui tranche sur Ja coloration rosée du cœur. |

L'épaisseur de la paroi au niveau de la partie violacée est de deux à trois millimètres.

Au centre de l’ulcération on voit sous l’endocarde un vaisseau oblitéré et rempli de coagulum jaunâtre.

La coronaire gauche très athéromateuse est complètement oblitérée, à trois centimètres environ de l’orifice ; on suit le trajet de l'artère qui par endroit est devenue complètement calcaire.

L’aorte présente une légère altération athéromateuse : ses val-

“vules sont saines. Pas d'insuffisance. La mitrale est légèrement épaissie.

Le foie est gros, cirrhotique avec de la périhépatite généralisée son tissu est dur, granuleux, adhérences avec le diaphragme et le péritoine.

Aspect granitique. Congestion.

Reins. — Un peu gros, les pyramides tranchent nettement sur la partie corticale.

Rate. — Dure, périsplénite.

Estomac-— Rien.

Les artères ne sont pas athéromateuses.

4 OBsEervaTION Il

Netter, interne des hôpitaux. — Bulletin de la société d'anatomie de Paris, 1879, p. 449.

Leboucq, âgé de 56 ans, entre le 25 avril 1879, Salle S. André, lit n° 15. |

fl se plaint d’une dyspnée très vive qui existe depuis longtemps mais aurait augmenté beaucoup ces jours derniers. Il est obligé de se tenir assis dans son lit et son inspiration longue est très bruyante. =

Ses lèvres sont violettes, la face pâle.

Les artères athéromateuses et le pouls accéléré et irrégulier, il n’y a pas de fièvre.

L’auscultation ne fait entendre que de gros râles se passant dans la trachée et les grosses bronches ; et on ne peut examiner le cœur qui est hypertrophié.

Pas de crachats anormaux.

OEdème des membres inférieurs, remontant jusqu’au genou et {races d’albumine dans les urines. Le diagnostic porté fut accès d'asthme se rattachant sans doute à de l’emphysème el à une

altération cardiaque. L'application de ventouses sèches, l’admi-

OS nistration d’un julep avec 20 grammes d’éther et une infusion de 50 centigrammes de feuilles de digitale, sont suivies d’une amélioration momentanée, mais ce mieux ne se continue pas et du 29 au avril, à 2 heures du matin, le malade meurt. À l’autopsieon constate, du côté du poumon droit, de la congestion avec quelques petits noyaux de pneumonie lobulaire. :

Il n’y a pas de péricardite. |

Le cœur très hypertrophié, pèse 600 grammes, il est globuleux. L'hypertrophie porte sur le ventricule gauche. Les valves aortiques sont insuffisantes, \

Enfin on remarque la lésion, qui fait l’objet de la présentation : sur la face antérieure du cœur, à gauche du sillon de la coronaire antérieure, une dépression manifeste à la vue et plus encore au palper existe, immédiatement, au-dessus de la pointe. Elle a une longueur de 3 centimètres. On sent très bien que l'épaisseur du muscle cardiaque est fort diminuée, au fond de cette gouttière dont les bords plus épais ont conservé leur volume.

A ce niveau le péricarde est un peu opalin, et une coloration violacée, comme ecchymotique, peu intense, s’observe au-dessous. Si l’on ouvre le ventricule gauche et si l'on regarde la face profonde de l’altération, il faut d’abord enlever un caillot fibrineux interposé entre les piliers. On constate alors que la face . interne du ventricule à ce niveau est lisse, pâle, et qu'à Son centre existe une petite plaque rougeâtre, grosse comme une pièce de cinquante centimes, dont le {issu est ramolli.

Une coupe du cœur à cette hauteur fait voir que le myocarde a presque complètement disparu, là où le cœur est mince et qu’il est remplacé par un tissu fibreux blanc.

7 De petites taches blanches sont disséminées dans le tissu musculaire des parties plus éloignées.

Les artères coronaires sont très athéromateuses et sur certains

points n’ont plus d’orifices.

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