LOT EE
logiquement conduire à essayer l'extrait hypophysaire dans les états de shock et dans le collapsus cardiaque. Déjà, en 1908 et 1909, Mummery avait indiqué l'utilité de la médication hypophysaire dans ces deux cas.En 1910, Williams émettait une opinion semblable. Aarons,de Londres, est d’avis que l'extrait pituitaire peut rendre d’excellents services lorsqu'il s’agit de combattre les phénomènes de shock postopératoire.En 1911 Klotz déclare préférer à l’adrénaline, comme îtoni-cardiaque, l'extrait pituitaire d'action moins brutale et de plus longue durée. Et il le recommande dans la péritonite et les toxi-infections,chaque fois qu'il y a lieu de combattre la chute de la pression sanguine. Enfin, Schæfer s’est très bien trouvé dans les cas de collapsus de faire des injections d'extrait hypophysaire en même temps que du sérum.
D'autre part, M. Delille avait également montré, dans sa thèse,les bons résultats obtenus par la médication hypophysaire dans certaines tachytardies continues ou paroxystiques, dans l’hyperthyroïdie et la maladie de Basedow, dans l'insuffisance surrépale, enfin, dans le gigantisme et l’acromégalie qui fut la première maladie ainsi traitée et où la médication hypophysaire a besoin d'être surveillée constituant une arme à deux tranchants.
En fèvrier 1907, MM. Delille et CI. Vincent avaient présenté à la Société de Neurologie un cas de myasthénie bulbo-spinale grave guéri par la médication hypophysaire. MM. Parhon et Utrechia ont éga-
lement obtenu dans un cas analogue une amélioration très notable, tout en n'étant pasaussi complète. Plusieurs cas de maladie de Parkinson ont aussi été de même heureusement modifiés.
En 1g11 Bab, rapportait 8 cas d’ostéomalacie notablement améliorés par la médication hypophysaire.Pal et Neu obtinrent de même une amélioration notable. Les douleurs furent apaisées et les mouvements facilités.
Enfin l'extrait pituitaire a également une heureuse influence sur les troubles de la croissance et dans certains cas d’arriération mentale.
Les découvertes toutes récentes de Dale et de Franckl-ITochwart et Frœlich, sur l’action de l'extrait pituitaire sur les muscles à fibres lisses et en particulier sur la vessie et l’utérus, ont ouvert à la médication hypophysaire de nouveaux horizons.
Le fait que l'extrait pituitaire détermine sur une anse intestinale isolée l’apparition de contractions et d'ondes musculaires, a fait employer cet extrait pour lutter contre l’atonie et la parésie intestinale, surtout post-opératoire. Aarons estime que l'extrait hypophysaire constitue un bon moyen de traitement de la parésie intestinale, entre autres de celles que l’on observe à la suite des interventions chirurgicales sur l’abdomen. Dans un cas d’avortement s'étant accompagné d’une hémorragie grave, la patiente présenta, dans la suite, une distension considérable de l’abdomen, accompagnée de douleurs intenses. Sous l'influence d’une injection d'extrait
R. Vayssières 5
PARRN:: : QUE
pituitaire la malade rendit beaucoup de gaz et ne tarda pas à être notablement soulagée. Chez une jeune femme de vingt-deux ans, opérée pour une grossesse extra-utérine d’environ trois mois et chez laquelle l'opération n'avait pas présenté de diffcultés, sauf l'existence de quelques adhérences entre le kyste fœtal et l'intestin, on vit se déclarer, au troisième jour, des manifestations accentuées de parésie intestinale qui ne tardèrent pas à se dissiper sous l'influence d’une injection d’extrait hypophysaire. 11 en fut de même chez une femme de trentesept ans à laquelle on avait enlevé un gros kyste multiloculaire de l'ovaire ; vingt minutes après l'injection d'extrait piluitaire, la malade rendit une quantité considérable de gaz et se sentit aussitôt soulagée.
Franckl-Hochwart, à la suite de ses expériences, avait émis l’idée d'utiliser l’extrait d’hypophyse comme agent ocytocique. Hofbauer, le premier, mit l'idée à exécution et publia ses résultats au début de 1911. Son exemple fut rapidement suivi par de nombreux auteurs, presque tous allemands. Cet extrait est, parait-il, couramment employé en Angleterre également. Mais nous n'avons pu trouver qu’une publication anglaise à ce sujet. Dans notre introduction, nous avons fait en quelque sorte l'historique de la question. Nous n’y reviendrons pas, mais, avant d'aborder l’étude de l'extrait d’hypophyse en tant qu'agent ocytocique, nous ne pouvons manquer de signaler son emploi contre l’ischarie et les métrorragies.
Hofbauer, en étudiant l’action ocytocique de l'extrait d’hypophyse, constata que l'injection de pituitrine agissait sur le muscle vésical, et obtint ainsi des résultats intéressants chez les femmes en travail ou récemment accouchées. L’injection permit, dans certains cas, la miction spontanée qui était impossible auparavant.
* Ebeler, dans 5 cas d’ischurie puerpérale où tous les autres remèdes avaient échoué ,'obtint également d’heureux résultats de l'injection de pituitrine : dans 3 cas, l'effet se produisit au bout de quinze minutes; dans le quatrième cas au bout de deux heures ; dans le cinquième, enfin, il dut faire une deuxième injection qui agit rapidement. Dans 2 cas d’ischurie, Otto Fischer obtint de même la miction spontanée, trois quarts d'heures après l'injection de 1 centimètre cube de pituitrine dans le premier cas, une demi-heure après l'injection de 1 eme. 3 dans le second. D’observations répétées sur des sujets qui pour une raison ou pour une autre ne pouvaient pas uriner, Hofstætter conclut que l'injection de pituitrine produit un effet immédiat dans plus des trois quarts des cas. Jamaisil n’a observé de conséquences fâcheuses et il fait ressortir les avantages considérables de ce nouveau médicament sur les anciens procédés thérapeutiques. Après le premier effet de la pituitrine, il ne se produit généralement plus de rétention. Cependant, Hofstætter, en signale un cas dans l'observation suivante : Une multipare au troisième
mois de sa grossesse fait de la rétention d'urine; la
ve vessie atteint l’ombilic. Une injection de 2 centimètres cubes de pituitrine provoque l’écoulement, d’abord faible, puis plus abondant, de Purine, cela vingt-cinq minutes après l'injection. Il se produisit une nouvelle rétention deux semaines plus tard. L’extrait d'hypophyse donné per os n’a jamais produit d’effet. Fries et Klotz constatent également dans leurs observations que l'extrait pituitaire agit sur [a vessie. Enfin, MM. Parisot et Spire, dans 4 cas de rétention d'urine, ont vu trois fois l'administration du médicament suivie de miction spontanée ; dans le quatrième cas, le résultat fut négatif. Dans 2 des cas positifs, l'extrait d’hypophyse fut cependant
donné per 0s.
Bab, pariant de ce fait, montré par Franckl- Hochwart que l'extrait d’hypophyse a la propriété de déterminer l’ischémie et la contracture de l'utérus, étendit son emploi à la gynécologie et l'expérimenta dans les cas de métrorragie. Pour lui, la pituitrine est un médicament efficace qui souvent déploie ses effets même dans les cas où l’hydrastis, l’ergotine, et la stypticine ont échoué. 11 la recommande « non seulement dans l’endométrite, la métrite et les ménorragies qui dans certains cas sont dues àune hyperactivité ovarienne, mais également dans les cas d'hémorragie résultant d’affections inflammatoires des annexes, de la présence de myomes ou de kystes de l'ovaire ». Il rapporte 30 cas de métror-
ragie où l’injection de pituitrine a arrêté l’hémorragie.
Dans 10 cas (33 0/0) au bout de 1 jour — 11 — (36,66 0/0) — ours — 7 — (23,33 0/0) — 4&à8 jours — 2 — ( 6,66 0/0) pas de résultat.
Dans 4 cas l’hémorragie récidiva ; dans 6 cas, il se produisit, après quelque temps d'arrêt, une faible perte de sang.
Très concluants, par contre,semblent les cas où la métrorragie dure depuis plusieurs jours et s’arrête subitement après injection de 2 à 4 centimètres cubes de pituitrine.
Il eut, en outre, des résultats remarquables dans les cas d’hémorragies résultant de myomes ; il en relate un fait dans lequel 4 centimètres cubes de pituitrine firent cesser une hémorragie qui durait depuis deux semaines et demie chez une malade de quarante-sept ans ; et il conclut : « Il est impossible de se prononcer aujourd’hui sur la question de savoir si l’action thérapeutique résulte de la contraction musculaire et vasculaire, ou si l’activité ovarienne est diminuée par l'extrait antagoniste d’hypophyse, entraînant indirectement une diminution de l’hémorragie. Contentons-nous, pour aujourd'hui, d'affirmer : que nous avons en la pituitrine un produit dont les indications thérapeutiques,dans les cas d’hémorragie utérine, mérite un examen approfondi. L’affirmation de Hofbauer, d’après laquelle ce médicament serait peu utile en gynécologie, si l’on en croit les quelques expériences faites jusqu'ici, ne semble pas justifiée ».
Pius récemment, Weymeersch, dans une commu-
* nication à la Société royale des Sciences médicales
et naturelles de Bruxelles, rapporte 3 cas de métror-
ragie dans lesquels la pituitrine lui donna également d’heureux résultats.
Nous voyons donc que l’action de l’extrait d’hypophyse sur les muscles lisses a déjà donné dans la parésie intestinale, l’ischurie et les métrorragies, d’heureux résultats. Cette même propriété de l’extrait pituitaire semble appelée à jouer en obstétrique un rôle bien plus vaste encore. C’est ce que nous voudrions montrer en passant en revue les faits qui ont été publiés à l’étranger et en France, et en apportant nos propres observations à l’appui de cette assertion. Nous étudierons donc l’action ocytocique de l'extrait d'hypophyse ; tout d’abord dans l’avortement ; ensuite dans l’accouchement : soit qu’il s’agisse de le provoquer; soit qu'il s'agisse d’éveiller les contractions en cas de rupture prématurée des membranes, où de renforcer la contraction utérine à la période de dilatation ou d’expulsion ; soit qu’il s'agisse enfin de combattre l’inertie utérine dans la période postpartum ou dans les opérations césariennes.