III-pare, trente-trois ans
Dernières règles, 10 septembre.
Antécédents. — Deux avortements de deux et trois mois.
22 mai, 22 heures. — Rupture de la poche des eaux; la femme vient aussitôt à l'hôpital, est reçue dans le service et
mise au dortoir.
RES 78 = 24 mai, 11 heures du matin. — L'examen montre le colen en voie d’effacement, orifice punctiforme. Dans l'après-midi, la femme a quelques douleurs qui disparaissent entièrement, si bien que vers 18 heures la femme s'endort. 20 h. 30. — La femme est réveillée, et l'examen montre le
col dans le même état que le matin.
20 h. 40. — Injection de 1 centimètre cube de pituitrine, TA 194 -P:'::06.
21 heures. — Premières douleurs apparaissent.
292 heures, — On fait passer la femme à la salle de travail.
T. A. :13,5 ; P. : 98. Dilatation : o fr. 50.
23 heures. — Dilatation de 1 franc. T. À. : 14; P.: 08.
24 heures. — Dilatation de 5 francs. T. A. : 14: P. :98.
25 mai, 2 h. 20. — Dilatation complète.
2 h. 45. — Accouchement spontané d’un enfant pesant 2.850 grammes.
3 h. 20. — Extraction simple d’un placenta pesant 480 gr.
À sa naissance, l’enfant semble en parfait état de santé; il crie aussitôt né, et ne présente rien de particulier.
A 6 heures du matin, l'infirmière de jour, en prenant son service, le trouve cyanosé et refroidi. Elle lui donne un bain chaud ; l’enfant reprend aussitôt une coloration normale, et ses cris sont bons.
A 11 heures du matin, à la visite, il présente une respiration accélérée, irrégulière, convulsive, et un peu de tremblement des membres inférieurs. Rien au poumon. Le soir, il a quelques vomissements, et il meurt le lendemain à 5 heures du matin, vingt-six heures après sa naissance.
L'autopsie montre qu'il n'existe ni hémorragie cérébrale
ou méningée, ni hémorragie des capsules surrénales ; iln’y a
pas non plus de lésions de broncho-pneumonie, pas de lésions du cerveau ou de la moelle. On trouve simplement une congestion généralisée des organes.
Le foie pèse 105 grammes ; la rate 6 grammes.
L’autopsie ne fait, en résumé, rien découvrir qui puisse
expliquer la mort.
Ces quelques observations ne permettent évidemment pas des conclusions absolues, mais elles donnent déjà d’utiles indications. Douze des observations rapportées sur 16 sont des succès, et la première observation de Weymeersch, qui s’est heureusement terminée, prouve qu’il ne faut pas toujours désespérer si l'effet désiré se fait attendre.
Nous ferons remarquer que dans le premier de nos cas, dont le succès pourra paraître douteux à certains, les doses injectées ont été très faibles et les deux injections très espacées ; faites plus fortes et plus rapprochées, elles eussent sans doute donné des résultats beaucoup plus nets. Mais nous étions au début de nos essais et ne faisions encore de la pituitrine que timidement. Enfin, il s'agissait d'une primipare de trenle-huit ans, et cela explique la durée du travail.
Dans le deuxième cas, l’action a été beaucoup plus nette. Lorsque l'injection de pituitrine a été faite, la femme dormait profondément, et il fallut la réveiller. Les membranes étaient rompues depuis quarantehuit heures, et six heures trente après l'injection, l’accouchement était terminé. Nous ne pensons pas
0 Ou
que la mort de l’enfant puisse être rapportée à l’injection de pituitrine ; nousreviendrons ultérieurement sur ce sujet.
Nous croyons donc pouvoir conclure que l’injection d'extrait hypophysaire est indiquée lorsque la rupture prématurée des membranes n’est pas suivie de travail. Elle réussira, semble-t-il, dans la majorité des cas, et permettra d'éviter ainsi linfection. En cas de non réussite, il serait temps, alors, de faire appel aux moyens usités jusqu’à cejour; et au cas où le ballon resterait lui aussi sans effet, peut-être les deux moyens associés réussiraient-ils là où séparément chacun d’eux avait d’abord échoué.
Ayant vu les cas de rupture prématurée des membranes, voyons maintenant les cas d'hémorragies par placenta prævia. Dans les faits de ce genre, les auteurs allemands, avec Hofbauer, recommandent, si l'insertion est latérale, de faire après rupture artificielle des membranes une injection de pituitrine qui détermine, presque à coup sûr, l’arrêt de lhémorragie et l'accouchement.
Par contre, lorsque le placenta recouvre à moitié l'orifice, Hofbauer conseille d’avoir, comme auparavant, recours à la métreuryse, l'extrait Pituitaire demeurant toutefois utile si les moyens usuels de provocation des douleurs demeurent sans effet.
Grunbaum, dans un cas, eut un insuccès et dut pratiquer la version.
Richter relate trois faits de ce genre :
Dansle premier, l'injection provoqua l'engagement de la tête et le sang s'arrêta. Dans les 2 autres cas il y eut d’abord pose d’un ballon, puis on fit une injection suivie de succès.
Studeny, sur 9 cas, eut 6 succès « éclalants »: trois fois après seulement rupture artificielle des membranes, deux fois après version, une fois après métreuryse. Chaque fois la pituitrine provoqua des contractions fortes, alors que les autres moyens étaient demeurés sans effet. Un cas fut moins satisfaisant : les contractions, après rupture artificielle des membranes, ne durèrent que vingt-sept minutes. Dans un autre cas l’activité fut seulement renforcée
pendant une heure. Enfin, dans le neuvième cas, l’insuccès fut complet, 3 injections de 1 centimètre cube restèrent sans effet, si bien que finalement on dut faire la version.
Vogt, dans 9 cas, obtint d’heureux résultats.
Hauch et Léopold Meyer ont fait de cette indication de l’emploi de la pituitrine une étude particu-
lière. Voici leur opinion à ce sujet et leurs résultats.
- Nous ne pouvons mieux faire que leur laisser la parole et nous associer à leurs conclusions qui nous paraissent de toute logique.
« Le traitement le plus simple et le moius dangereux des hémorragies dues au placenta prævia est la rupture artificielle des membranes. Mais, pour avoir chance de réussir, les conditions suivantes sont
nécessaires :
pe Le
» 1° La femme ne doit pas être anémiée ;
» 2° Le fœtus doit être dans une position longitudipale ;
» > Il ne doit pas y avoir de disproportion mécanique ;
» 4° La dilatation doit être d’au moins 3 centimètres de diamètre ;
» 5o Les contractions doivent être énergiques.
» Il est difficile de modifier les trois premières conditions si elles ne sont pas favorables, tandis qu'il y a de nombreux moyens d’agir sur la dilatation du col. Mais, jusqu’à présent, il était impossible d’exciter les contractions de l'utérus par un médicament interne. Maintenant il en est autrement, la pituitrine ayant justement cetile action qui nous permet, dans beaucoup de cas, de borner notre traitement à la rupture des membranes. Mais dans les cas de placenta prævia, le plus souvent le travail n’est presque pas commencé et on n’observe que des contractions très faibles de l’utérus. Que fera alors la pituitrine dont l'effet est d'autant meilleur que le travail est plus avancé et la grossesse plus près du terme.
» Nous avons employé la pituitrine et la rupture artificielle des membranes dans 7 cas de placenta prævia. Dans 4 cas la méthode a bien réussi; il s'agissait d’un placenta prævia latéral, et les femmes étaient entrées dans le service au début du travail, ou en tout cas lorsque l’accouchement était en train de s'effectuer. Des 3 cas où le résultat fut négatif,