‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 52 sur 65 · ET LES OPÉRATIONS CÉSARIENNES · texte numérisé non relu

ET LES OPÉRATIONS CÉSARIENNES

Nous avons vu l'action de l'extrait d'hypophyse sur le muscle utérin au cours des différentes phases de Pavortement ou de l'accouchement. Cette même action a été également utilisée contre l’inerlic après l’accouchement et dans les opérations césariennes, Nous n’avons pas d'observations personnelles à présenter à ce sujet. Cependant, il nous semble que nous ne pouvons passer sous silence ces deux calégories de faits, et qu'il nous faut tout au moins envisager les résultats obtenus par les différents

expérimentaleurs.

1° Dans l'inerlie post-partum

Les opinions sont très parlagées sur l'efficacité de l’extrail pituitaire en celle circonstance,

Bell, le premier, en Angleterre, employa l'extrait d’hypophyse contre linertie post-partum dans

3 cas. L'effet lui en parut si surprenant qu’il en pré-

uote conisa l'emploi dans tout accouchement, y voyant un double avantage : en mème lemps qu'il excite la contractilité de l'utérus atone, ce médicament élève la pression sanguine, el de ce fait est de nature à combattre le collapsus consécutif à l'hémorragie.

A la suite de Bell, S.-J. Aarons, de Londres, gynécologiste de. Saint-Antonys Hospital, à North Cheam, expérimenta l'extrait bypophysaire dans 70 cas, sous forme d’injeclion intra-musculaire. De ces essais, Aarons conclut que les injections d’extrait hypophysaire sont particulièrement indiquées dans des cas d’urgence,lorsqu’il faut,par exemple,remédier à une hémorragie post-partum plus ou moins profuse, ou encore quand, en l'absence de toute perte sanguineabondante,les parois utérines restent cependant après la délivrance, molles et flasques ; dans ces conditions, il suffirait généralement de pratiquer une njecuon intra-musculaire d’extrait pituitaire pou voir aussitôt l’écoulement s'arrêter et la matrice se ontracter d'une manière ferme et durable.Et Aarons cite un cas d’avortement où l’expulsion de l'œuf fut suivie d'une hémorragie excessivement grave que ne parvinrent pas à arrêter des douches vaginales à 48 degrés. On fit alors un tamponnement de l'utérus à la gaze, en mêmetemps que l'on pratiquait une injection d'extrait hypophysaire. Le lendemain matin, lorsqu'on procéda à l'enlèvement du tampon, l'écoulement sanguin recommença, mais put être aussitôt arrêté par une nouvelle injection du méme. produit, | |

Presque en même temps que Bell, Foges et Hofstætter de Vienne essayèrent la pituitrine pour combattre les hémorragies post-partum. Ils l’employèrent en injection intra-musculaire et intraveineuse,après avoir essayé, sans résultats bien nets, l'administration par ingestion. L'essai fut tenté dans 50 cas d’hémorragie post-partum, dont 42 très graves et 8 de moyenne intensité, et dans 13 cas d’hémorragie post-abortum. Parfois l'injection amena des contractions très fortes; le plus souvent elle augmenta l’excitabilité de l'utérus tendant à l'inertie après le détachement du placenta.

« L’utérus qui, après l'expulsion du placenta, restait atone et ne réagissait pas par le massage, demeurait encore inerte après l’i: jection de piluitrine, mais après quelques minutes on le voyait brusquement se contracter sous l'influence de l’excitation d'un faible massage, et cette contraction était assez soutenue pour arrêter l'hémorragie. Il va de soi, ajoutent les mêmes auteurs, que dans les différents cas où l’hémorragie était abondante, on avait eu recours, à côté de la pituitrine, aux injections intraulérines chaudes. » Ils préfèrent la pituitrine à l’'adrénaline d'action plus intense, parce que, avec la première, l'augmentation de la pression est moindre.

Ebeler estime remarquable l’action de l'extrait pituilaire dans les cas d'inertie, à (toutes les phases de l'accouchement.

Fischer a eu recours à des injections d'extrait

hypophysaire dans 3 cas où, au cours des accouche-

ments antérieurs, on avait ohservé des hémorragies post-partum plus ou moins graves. Dans un de ces faits il s'agissait d’une femme accouchant pour la dixième fois; et qui avait présenté dans quatre délivrances précédentes des hémorragies d’une gravité extrême. Cette fois on lui fit quatre injections d'extrait hypophysaire, la première de o cmc. 5, Îles trois autres de 1 centimètre cube chacune; la dernière fut pratiquée aussitôt après l’expulsion de l'enfant. Les contractions utérines consécutives furent très régulières, se reproduisant à des intervalles de deux minutes. Le placenta était décollé vingt-deux minutes après, et un quart d'heure plus tard, extrait par le procédé de Crédé. La perte totale de sang fut de 500 grammes. Dans les deux autres cas, l’effet ne fut pas moins favorable. Fischer fait ainsi des injections d'extrait pituitaire à titre prophylactique ; mais, en cas d’hémorragie subite, quand la pituitrine n’a pas été employée avant la naissance, il emploie la sekakornine et l'adrénaline ; il estime cependant que la pituitrine en combinaison peut être efficace.

Klotz est très partisan de l'emploi de l'extrait hypophysaire dans les inerties post-partum. Dans deux. cas où l’ergotine ne lui avait donné aucun résultat,la pituitrine réussit parfaitement.

Ross estime que l'extrait pituitaire agit aussi de façon efficace sur la contraction de l'utérus postparlum, où mieux après l’expulsion de l'enfant. {I réussit particulièrement bien contre les hémorragies de la délivrance.

as 149 Le

H. Schmidt a employé avec avantage la pituitrine dans 118 cas d’hémorragie post-partum. Et il conclut: « La pituitrine s’affirma comme l'agent thérapeutique le plus sûr entre tous ceux employés jusqu'ici contre les hémorragies post-partum. Il est, non seulement sous le rapport de l'efficacité, supérieur à toutes les préparations de seigle ergoté, mais il possède cet avantage important de pouvoir être administré sans danger avant l'expulsion du placenta. »

Contrairement aux auteurs qui précèdent, R. Stern, dans les cas où il expérimenta la pituitrine, ayant constaté plusieurs fois, une demi-heure ou-une heure après l'expulsion de l’arrière-faix,un relâchement de la matrice s’accompagnant d’une hémorragie à vrai dire insignifiante, prit cependant l'habitude d’injecter à titre prophylactique, après l'expulsion du placenta,

1 centimètre cube de sekakornine.

Enfin Hofbauer, Bagger-Jorgensen, Fries, Herf et Hell, Hirsh, Jæger, Studeny, rejettent l'emploi de l’extrait pituitaire dans les hémorragies post-partum, et préconisent presque tous l’ergotine, quelques-uns l’adrénaline, que Neu préfère parce que moins chère, plus énergique et plus efficace. Pour Jæger même, . l'extrait d’hypophysefavoriseraitl’atonie post-partum, alors qu'au contraire Fries estime que l'extrait pituitaire injecté au cours de l'accouchement s'oppose à l’inertie utérine, et que Stern pense qu'il favorise le décollement du placenta.

Enfin Wagner aurait obtenu des résultats salisfai-

R. Vayssières 10

Ca

sants en associant la pituitrine à l’ergotine, mais ses essais trop peu nombreux ne lui permettent pas de

conclure.

IT. — Dans l'opération césarienne

Nous voyons donc que les opinions sont très partagées sur l'efficacité de l’extrait pituitaire dans les hémorragies post-partum. Les avis diffèrent également sur l'utilité de ce même extrait dans l'opération césarienne, soit qu'il s'agisse d'obtenir une délivrance rapide dans la césarienne vaginale de Dührssen, soit que l’on veuille provoquer la contraction utérine pour éviter l’hémorragie dans l'opération césarienne abdominale.

Bell, le premier, employa l'extrait pituitaire au cours de deux césariennes abdominales, et constata qu'après une seule injection l’utérus devenait comme un globe pâle et que cette contraction ne disparaissait que lentement. \

Foges et Hofsiætter rapportent 6 observations dans lesquelles, cinq minutes après l'injection, des contractions durables parurent ; la quantité de sang perdu fut minime. Et ils estiment, dans les cas de ce genre, la pituitrine nettement supérieure à l’ergotine.

Fischer, dans 2 cas où il fit de la pituitrine pour préparer à la césarienne, obtient dans le premier cas de fortes contractions qui durent trois heures, après la première injection, de 1 centimètre cube ; une deuxième injection faite quinze heures plus tard donne le même résultat. Deux heures après l’orifice

était perméable à deux doigts. Dans le deuxième cas l'effet fut moins heureux ; la première injection détermina une seule contraction ; la deuxième, faite cinq heures après, en provoqua trois ; mais la troisième, faite dix-huit heures plus tard, demeura sans effet,

Hirsh a également employé la pituitrine dans 3 cas avant la section césarienne.

Krœæmer en est de même satisfait.

Schmidi, dans 2 cas de césarienne classique, injecta 2 cmc.5 de pituitrine avant l'opération: l’utérus resta mou au cours de l'intervention, mais se rétracta aussitôt après une nouvelle injection de 1 centimètre cube. Dans 3 autres cas, le même fit directement l'injection dans l’utérus, et obtint un résultat surprenant de rapidité et de durée.

R. Stern, dans 6 cas de césarienne cervicale, essaya d’accélérer l’expulsion de j'arrière-faix par des injections de o gr. 1 à o gr. 2 de pituitrine, immédiatement avant l’incision du col. Dans 5 cas la’ méthode fut suivie de succès : deux fois le placenta fut expulsé immédiatement après la sortie de l'enfant; trois fois, de cinq à dix minutes après. Dans un seul cas la méthode fut en défaut, et l’arrière-faix dut être expulsé par la méthode de Crédé.

Situdeny eut un résultat favorable dans 2 cas de césarienne abdominale.

Par contre, Jæger, dans 1 cas, n’obtint aucun résultat : et Schæfer préfère l’ergotine, l'extrait pituitaire ne provoquant pas, d’après lui, de contractions

assez longues, comme il conviendrait.

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